1 déc, Mt 24, 37-44, L’Amour vient, il faut y veiller.

 In Méditer les écritures


Évangile :

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « L’avènement du Fils de l’homme ressemblera à ce qui s’est passé à l’époque de Noé. À cette époque, avant le déluge, on mangeait, on buvait, on se mariait, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche. Les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’au déluge qui les a tous engloutis : tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. Deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin : l’une sera prise, l’autre laissée.

« Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra. Vous le savez bien : si le maître de la maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de la maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas, que le Fils de l’homme viendra. 

Commentaires :

On ne se doute jamais de rien et pourtant nous doutons de tout et nous nous en remettons qu’à nous pour assurer nos petits bonheurs quotidiens. L’adolescent qui file à toute allure sur la route ne se doute pas qu’il peut déraper et trop souvent malheureusement la voiture n’obéit pas à son imprudence et le voilà avec ses amis (es) en train de faire des tonneaux, de s’enfoncer dans un arbre. Un instant et c’est l’entrée dans l’arche… Déluge de sang, déluge de la mémoire qui débobine ses souvenirs, déluge de mots de secours: maman, Seigneur, papa, mon Dieu. 

L’un est pris dans la voiture, l’autre laissé. Les passants arrivent tout autour de ce trou noir qui s’est ouvert où se dresse une passerelle vers nulle part. Qui la voit cette passerelle ? Les proches des victimes arrivent tout en pleurs sur ce lieu de rencontre où la mort et la vie se croisent, le dedans et le dehors, le mortel et l’immortel, le fini et l’infini. Ils espèrent bien retrouver un signe de vie sur l’enfant tant aimé. 

Qui était prêt dans tout ce petit monde… les jeunes en quittant la maison ce soir-là semblaient avoir toute la vie devant eux, tant pour les parents que pour eux. Ils avaient tellement de temps que personne ne fait plus attention à l’autre qu’en d’autres temps. Ils ne se doutent de rien, ils ne doutent pas que c’est la dernière fois qu’ils se voient, qu’ils entendent la voix de l’autre, son rire. Des banalités se disent et pourtant il y a tellement de choses que nous voudrions avoir discutés avec ceux qui sont partis, tellement de choses, car nous nous connaissons si mal vu que nous ne prenons pas le temps de nous connaître. Notre temps, il passe à manger, à boire, à faire nos projets de voyage, de sortie, à s’enivrer, à regarder les idoles du sport ou toutes autres idoles. 

Pour se douter de quelque chose comme Noé qui construisait son arche, il faut douter de nous, douter de notre sérieux à être responsable de la vie que nous possédons et que nous avons reçu sans nous douter de rien. Il faut douter de notre volonté d’aimer vraiment et prendre les moyens de construire son arche, cette identité qui déborde le moment qui marque notre fin inévitable. Et cette construction doit être toujours présente à notre esprit, que ce soit en lavant le linge, en semant aux champs, dans l’auto, au travail, qu’importe. Il faut veiller à s’émerveiller, à garder notre cœur prêt à aimer l’ami ou l’ennemi, l’étranger ou le voisin et ainsi le Jour du Seigneur ne pourra nous surprendre, car ce jour sera le retour de l’amour qui est mort pour nous sur la croix. Et ce jour, nous savons qu’il viendra et il est déjà là, dans le Pain partagé. 

NDC