1 fév, Mc 4, 35-41 : Le vent tomba et il se fit un grand calme!

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Évangile :

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. » Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque, comme il était; et d’autres barques le suivaient.

Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d’eau. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Ses disciples le réveillent et lui crient : « Maître, nous sommes perdus : cela ne te fait rien? » Réveillé, il interpella le vent avec vivacité et dit à la mer : « Silence, tais-toi. » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.

Jésus leur dit : « Pourquoi avoir peur? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent? »

Commentaires :

Toute la journée, une maman comme bien des mamans a travaillé fort. Dès le matin, il faut éveiller les enfants, les préparer pour l’école, le repas, les lunchs, les reconduire à l’école, un autre à la garderie, courir au travail. Le soir venu, il faut aller chercher les enfants, le repas, les travaux scolaires, le coucher. Une ronde quotidienne à laquelle peuvent s’ajouter la maladie de l’un, le retard de l’autre, enfin, les parents connaissent bien ces journées épuisantes. Le soir, la maman s’endort d’épuisement. Elle demeure toutefois en éveil dans son cœur. Si l’un des enfants pendant la nuit réclame son soutien, elle accourt. Un vent de tempête pourrait souffler sur la maison, une pluie abondante se déverser, avec tonnerre et éclairs, elle ne bougerait pas d’un cil. Le moindre gémissement d’un enfant et la voilà prête à tous les combats pour le secourir.

Il n’y a pas deux mamans dans la même personne, l’une qui dort et l’autre qui demeure en éveil. Il n’y a qu’une seule maman toujours en éveil, du moins qui s’efforce de l’être.

« Quel est d’entre vous l’homme auquel son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre? Ou encore, s’il lui demande un poisson, lui remettra-t-il un serpent? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l’en prient! » (Mt 7, 9-11) Si donc vous, qui êtes mortels, pécheurs, vous savez demeurer en éveil au meilleur de vous-mêmes, combien plus celui qui vient librement se livrer en rançon pour vous racheter au mal qui divise et à la mort qui nous sépare demeurera-t-il en éveil! « Voici, il ne sommeille ni ne dort, Celui qui garde Israël. » (Ps 121.4) Jésus dort dans la barque, pourtant il veille. Il ne dort pas celui qui a tissé l’univers de rien pour donner un nid à la créature faite à son image. Il veille sur chacune de ses créatures, sur chacun des cheveux du moindre de ses enfants. « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. » (Jn 1, 1-4) La lumière brille dans la barque. La lumière véritable de la vie dort dans la barque et « elle éclaire tout homme » (Jn 1, 9) « et le monde ne l’a pas reconnu. » (Jn 1, 10)

Les disciples reconnaissaient en lui cette lumière de vie, ils avaient bien vu sa lumière se manifester auprès des malades. Ils avaient été témoins de son autorité sur les esprits mauvais, sur les esprits impurs qui fuyaient à sa parole.

Toutefois ce soir-là, en traversant la mer pour se rendre sur l’autre rive survint une violente tempête. Le Seigneur dort. Ils connaissent bien la mer, ce sont des pêcheurs expérimentés. Devant la violence des vents, ils sont convaincus que cette fois, ils sont perdus. Ils en ont vu des tempêtes, mais celle-là les désarme, ils ont perdu tout courage. Jésus dort. Ils ne comprennent pas comment Jésus peut être aussi insensible à la situation et à leur sort. « Ses disciples le réveillent et lui crient : “Maître, nous sommes perdus : cela ne te fait rien?” »  Une tempête et voilà qu’ils ne reconnaissent plus la lumière de la vie qui brille dans la tempête. Ils ne saisissent pas qu’il puisse dormir dans un tel tumulte. « Si ta mère t’abandonne moi, dis l’Éternel je ne t’abandonnerai pas. » (Ps 27,10)

« Réveillé, il interpella le vent avec vivacité et dit à la mer : “Silence, tais-toi.” Le vent tomba, et il se fit un grand calme. »

Ce grand calme qui s’étend sur toute la mer ne produit pas le calme en eux. Une grande crainte les saisit. Encore aujourd’hui lorsque ce récit de l’apôtre parvient à nos oreilles, nous avons de la difficulté à imaginer un tel événement. Qui peut parler au vent? Où sont les oreilles de la mer? Qui peut se faire entendre de la mer dans le vacarme de la tempête au milieu de ses flots? Personne ne peut se faire entendre du tsunami qui se précipite sur la rive!

« Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent? » Que les malades recouvrent la santé, qu’un enfant retrouve la vie, que les esprits impurs obéissent, il n’y avait rien de bouleversant en cela. Que les poissons lui obéissent, le vent, la tempête, cela dépasse l’entendement. Les disciples ont peur. Ils sont devant quelqu’un qui est plus grand que la tempête, plus grand que le vent et pourtant c’est un homme comme les autres à son aspect.

Hérode et tout Jérusalem avec lui avaient été bouleversés d’apprendre qu’une étoile avait conduit des mages venus d’Orient jusqu’à lui : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. » (Mt 2, 2)

Il est difficile à notre entendement de mesurer la démesure de celui qui se fait petit enfant dans une mangeoire. Nous oublions vite de qui il s’agit, « lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. » (Jn 1, 13) Nous oublions vite que celui en qui tout subsiste n’a pas à parler fort pour que ce dont il est à l’origine lui obéisse. « Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. » (Jn 1, 2-3) De la barque il dira à la mer et au vent : « Silence, tais-toi. » Et il en sera ainsi.

Comme l’astre conduit les mages au roi des Juifs, le vent et la tempête mènent les disciples à garder la foi dans la tempête de la passion de Jésus qui vient. Il est plus que celui à qui obéit le ciel et la terre, il est celui qui vient descendre dans les eaux profondes de notre mort pour nous ouvrir le chemin vers la vie éternelle. Il est plus qu’une puissance capable de faire fondre les montagnes, il vient se livrer en rançon au mal et à la mort afin de nous délivrer.

Qui est-il donc pour s’anéantir ainsi pour nous élever à la dignité d’enfants de Dieu? « Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix! » (Ph 2, 6-8)

Qui est-il donc pour prendre sur lui nos fautes et notre mort? Nous avons peur d’être aimés à ce point, de donner notre foi à tant d’amour, car cela implique de nous transformer pour voir cette lumière de vie qui luit dans les ténèbres et d’en vivre. Nous avons peur d’oublier notre vie, notre petite vie pour laisser sa vie nous faire vivre dans son Esprit d’amour. « Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5, 44-45)

« Pourquoi avoir peur? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi? Pourquoi avoir peur d’aimer comme vous êtes aimés? »

« C’était déjà environ la sixième heure quand, le soleil s’éclipsant, l’obscurité se fit sur la terre entière, jusqu’à la neuvième heure. Le voile du Sanctuaire se déchira par le milieu, et, jetant un grand cri, Jésus dit : “Père, en tes mains je remets mon esprit.” Ayant dit cela, il expira. » (Lc 23, 44-46) Jésus descend dans les eaux profondes de la mort, il y descend sans oxygène, sans habit de scaphandre. Tout devient calme dans la mort et même le soldat dans cette obscurité où le soleil s’éclipse pour témoigner de la vraie lumière glorifiait la lumière de la vie plongeant dans la tempête de la mort : « Voyant ce qui était arrivé, le centenier glorifiait Dieu, en disant : “Sûrement, cet homme était un juste! ” Et toutes les foules qui s’étaient rassemblées pour ce spectacle, voyant ce qui était arrivé, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Tous ses amis se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui l’accompagnaient depuis la Galilée, et qui regardaient cela. » (Lc 23, 47-49)

« Pourquoi avoir peur? Comment se fait-il que vous n’ayez pas la foi? » Lorsqu’il reviendra dans sa gloire, lorsque les astres du ciel témoigneront de son retour, la mer et les vents, pourquoi avoir peur : « Mais en ces jours-là, après cette tribulation, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles se mettront à tomber du ciel et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans des nuées avec grande puissance et gloire. Et alors il enverra les anges pour rassembler ses élus, des quatre vents, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel. » (Mc 13, 24-27)

Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent, le soleil et la lune, les étoiles et les puissances des cieux? Qui est-il donc?

« Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » (Jn 6, 51) Jésus ne dort pas dans le pain au tabernacle, il vient se donner en nourriture de vie éternelle.

NDC