1 juin, Jn 17, 20-26 : Jésus n’est pas un coach de l’unité

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Évangile :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui accueilleront leur parole et croiront en moi : Que tous, ils soient un, comme toi Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite; ainsi, le monde saura que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.

“Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant même la création du monde.

‘Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ils ont reconnu, eux aussi, que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaitre ton nom, et je le ferai connaitre encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi je sois en eux.’

Commentaires :

‘Que tous, ils soient un, comme toi Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.’ Jésus demande à son Père ce qui à nos yeux est impossible. Il n’y a qu’à regarder ce qui se passe actuellement dans le monde pour le constater. Y a-t-il une solution pour faire l’unité entre Israël et la Palestine? La Corée du Nord retrouvera-t-elle l’unité avec la Corée du Sud? Les nombreuses manifestations dans le monde apporteront-elles l’unité, où une simple substitution de pouvoir à d’autres puissants qui voudront imposer leurs règles?

Est-ce que Jésus aurait des attentes trop élevées pour les êtres que nous sommes? Jésus n’a pas d’attente à notre égard pour faire l’unité à la force de nos bras et de notre sagesse. Jésus n’est ni un coach de vie, pas plus qu’un motivateur, ni un sauveteur de plage. Il sait que l’être que nous sommes ne peut réparer ses erreurs, car les conséquences de ses actes se répercutent sur l’ensemble de l’histoire et demeurent source de division, même lorsque nous sommes sous terre. Le criminel qui enlève la vie à son semblable modifie toute l’histoire, jusqu’à la fin des temps. Toute une génération pouvait voir le jour par cette personne assassinée. Si quelqu’un avait tué Abraham, Isaac n’aurait jamais vu le jour, ni David, ni Salomon, ni la Vierge Marie. La grandeur de ce que nous sommes comme personnes nous dépasse. Nous sommes des êtres à l’image de Dieu. Non, nous ne sommes pas de simples roches gisant dans la nature comme certains aiment le croire. Il n’y a pas de pierre qui sait qu’elle est une pierre, il n’y a que l’être humain pour voir son image et s’y noyer comme Narcisse, il n’y a que l’être humain pour dire à son amour : ‘Je t’aime pour l’éternité.’, tout en sachant que son amour lui sera enlevé. Il n’y a que l’être humain pour lever la tête au ciel, couché dans un champ de fleurs et de rosée pour dire que le ciel est beau.

Il n’y a que Dieu pour sauver l’être que nous sommes et répondre à ses attentes de paix, d’amour, de justice, d’unité dont l’histoire nous apprend qu’il ne peut répondre par lui-même. Dieu, heureusement pour nous, est Saint, d’une sainteté dont l’éclat se manifeste par le don de son Fils unique venu pour nous sauver et non pour juger nos fautes. ‘Dieu a tant aimé le monde qu’il a livré son Fils unique pour nous.’ (Jn 3,) Pour prendre sur lui nos incapacités à faire l’unité, la paix, la justice, il se laissera condamner injustement afin de descendre dans notre injustice et y remettre la justice, car étant le juge que Dieu envoie, il prend sur lui notre condamnation pour nous libérer de nos fautes et rendre possible l’unité dans l’amour par son Esprit qu’il répandra sur nous, lorsque le Père le glorifiera sur la terre pour témoigner qu’il est Celui qui vient de Dieu.

‘Qui donc peut être sauvé? ’ disaient-ils. Fixant son regard, Jésus leur dit : ‘Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible.’ (Mt 19, 25-26)

Il est possible pour Dieu d’établir la paix entre les Palestiniens et les Israéliens, il est possible de rétablir la justice entre les pauvres et les riches, de faire l’unité entre tous. Pour rendre possible l’impossible, le Père demande de croire en son Fils qu’il nous envoie, et cette foi qu’il demande, il nous la donne, en donnant à son Fils de faire des œuvres qui témoignent qu’il vient de Dieu.

‘Les oeuvres que le Père m’a donné à mener à bonne fin, ces oeuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m’envoie. Et le Père qui m’a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face, et sa parole, vous ne l’avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu’il a envoyé. Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! ’ (Jn 5, 36-40) Dieu le Père nous donne la foi qu’il nous demande pour rendre possible l’impossible auquel nous aspirons sans pouvoir le rendre possible, en son Fils fait homme qui nous fait renaître à la vie éternelle.

‘Pourquoi nous autres, n’avons-nous pu l’expulser? ’ ‘Parce que vous avez peu de foi, leur dit-il. Car, je vous le dis en vérité, si vous avez de la foi comme un grain de sénevé, vous direz à cette montagne : Déplace-toi d’ici à là, et elle se déplacera, et rien ne vous sera impossible.’ (Mt 17, 19-20)

Pourquoi n’arrivons-nous pas à déplacer les montagnes qui nous séparent, à nous abandonner à l’amour sans jamais céder à la haine, à l’exclusion de l’autre? Pourquoi notre main demeure-t-elle fermée devant l’affamé? Pourquoi notre cœur reste-t-il froid devant le malade, le prisonnier? Parce que nous avons peu de foi envers celui qui peut nous transformer, nous avons peu de foi et nous demeurons seuls en face des autres, comme le grain de blé qui refuse de tomber en terre pour mourir et porter du fruit. ‘Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.’ (Jn 12, 24-25) ‘La gloire de mon Père, c’est que vous portiez du fruit.’ (Jn 15, 8) Mourir pour vivre de la vie éternelle et porter du fruit douze mois par année afin que les autres y trouvent nourriture pour aimer. ‘Que leur unité soit parfaite; ainsi, le monde saura que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.’

Jésus prie le Père comme Fils de l’homme, pourtant comme Fils de Dieu, il est tourné vers le sein du Père et le Père est tourné vers lui, par l’Esprit qu’ils ont en commun et qui les unit. Jésus est là pour nous, il prie pour nous, le Père l’envoie pour nous et non pour lui, et l’Esprit qui viendra, ce sera pour nous afin que nous entrions par la grande porte de la croix dans cette unité entre le Père, le Fils et l’Esprit, le Dieu Unique en trois personnes, le Dieu qui est un feu d’amour constant : ‘Que tous, ils soient un, comme toi Père, tu es en moi, et moi en toi.’ Le Père est en Jésus et Jésus est dans le Père comme Fils de l’homme et c’est bien cette unité avec le Père qu’il vient répandre par l’Esprit pour que nous soyons un et que nous puissions aimer de l’amour dont le Père aime le Fils et que le Fils aime le Père.

‘Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître.’ (Jn 1, 18) Jésus nous fait connaître cet amour de Dieu à notre égard, car il nous aime d’un amour dont nous pouvons avoir une idée en contemplant son Fils sur la croix qui ouvre son cœur pour nous donner sa vie.

Jésus, debout, s’écria : ‘Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi! ’ selon le mot de l’Écriture : De son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui; car il n’y avait pas encore d’Esprit, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié.” (Jn 7, 38-39) Il vient l’Esprit, il tarde de venir. Le ciel est en fête, la résurrection a fait briller la vie dans le tombeau, le premier-né d’entre les morts est né pour être le premier-né de tous les vivants pour la vie éternelle. Il doit retourner au Père, là où il était avant la création du monde afin que vienne l’Esprit qui rendra possible l’impossible unité qui sera témoignage de l’amour dont nous sommes aimés afin que la multitude reçoive la foi en son Fils qu’il veut leur donner par cet amour entre ceux qui croient en son Fils.

“Désormais vous pouvez dormir et vous reposer : voici toute proche l’heure où le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous! Allons!” (Mt 26, 45) Allons vers l’autel où l’Agneau de Dieu versera son sang pour le salut du monde. Allons, levez-vous!

“Je leur ai fait connaitre ton nom, et je le ferai connaitre encore, pour qu’ils aient en eux l’amour dont tu m’as aimé, et que moi aussi je sois en eux.”

NDC