1 mars, Mc 10, 1-12, « Que tous soient un »

 In Méditer les écritures

Évangile :
Jésus arrive en Judée et en Transjordanie. De nouveau, la foule s’assemble près de lui, et de nouveau, il les instruisait comme d’habitude. Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme? » Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse? » Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi. Mais, au commencement du monde, quand Dieu créa l’humanité, il les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d’adultère. »
Commentaires :
Jésus n’a de cesse d’enseigner. Il ne cherche en rien la renommée, ni de confondre ses détracteurs, ni d’alimenter la révolte. Il veut mener chacun à la lumière, à la vie éternelle, loin de la division, des souffrances, de l’exclusion. « Ils étaient comme des brebis sans berger » (Mc 6, 34)
Voilà un propos que les pharisiens n’acceptaient pas d’entendre. Ils se prétendaient les bergers du peuple puisqu’ils s’efforçaient de garder les gens dans l’enclos de la loi de Moïse. De voir ainsi Jésus instruire la foule d’un enseignement nouveau, ils craignaient surtout pour leurs privilèges plutôt que pour les gens. Souvent, ils se regroupaient pour préparer des épreuves pour Jésus afin d’arriver à le discréditer devant la foule et mettre fin à l’attrait qu’il exerçait sur elle.

Ce jour-là, ils étaient bien convaincus d’avoir tramé le piège idéal pour le prendre et s’en débarrasser. Ils avaient décidé de prendre une question sur la loi de Moïse, une question qui avait déjà sa réponse. Connaissant Jésus et sa bonté à l’égard des pécheurs, ils s’attendaient bien à une réponse à l’encontre de cette loi et favorable aux pécheurs.

Ils arrivent comme des loups voraces déguisés en brebis, salivant déjà du festin qui mijotait. Qui peut s’échapper de ce piège? Ils ont la conviction que la question est sans issue.
« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme? » demande l’un d’entre eux. C’est le silence absolu dans la foule. Les pharisiens regardent Jésus avec satisfaction, attendant impatiemment que le piège tombe sur lui, comme le loup sur sa proie!
Jésus voit très bien leurs crocs et la salive qui déborde de leurs yeux… Malgré tout, il leur fait bon accueil, car il ne craint rien des hommes, pas plus que des possédés enchaînés dans les cimetières. Il veut le bien de tous et s’attaque à l’emprise de la mort sur leur cœur et de son ombre qui plane sur eux.
Jésus répond par une question : « Que vous a prescrit Moïse? »
Ils s’empressent de lui répondre voyant le piège tarder à s’abattre sur lui : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. » Ils bafouillent, se coupent la parole les uns, les autres. Leurs yeux s’ouvrent tout grand. Le moment du festin arrive.
Jésus répond, mais sans contredire Moïse comme ils s’y attendaient. Moïse a prescrit ceci à cause de votre cœur dur. Il ne pouvait faire autrement, tellement vous n’étiez pas disposés à traiter votre femme comme une personne égale. « C’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi. » Ils se sont tellement endurcis à défendre leurs avantages qu’ils n’arrivent qu’à s’emparer de la lettre et ne saisissent en rien l’esprit de la loi.
Jésus n’en reste pas là. Le trou qu’ils ont creusé, ce sont eux qui tomberont dedans. Jésus les amène à l’origine, avant Moïse même, là où la loi venait de Dieu directement.
La loi de l’origine est une loi d’amour, une loi d’unité où tout a comme point de départ Dieu qui est Un en trois personnes. En créant l’humanité, il les fit homme et femme et librement l’un et l’autre s’attachent pour ne faire plus qu’un. Qui peut séparer ce que Dieu a uni? Dieu est Un. Ainsi, nous sommes un, comme le Père est un avec le Fils dans l’Esprit et c’est pour nous ramener à cette unité que le Fils de Dieu se fait Fils de l’homme : « afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jean 17:21)
Que votre cœur de pierre devienne un cœur de chair, car c’est l’unité dans l’amour du Dieu Trinitaire que nous devons rechercher. Non seulement avec sa femme, mais avec tous : « Eh bien! Moi, je vous dis: aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Matthieu 5:44 -45) Dieu ne renvoie personne puisqu’il envoie son Fils pour briser le mur de la division et rétablir l’unité qui mène à la vérité de l’amour. Dieu est Amour et l’amour ne divise point, ne renvoie point. Il rassemble afin que la vie ne trouve aucun obstacle pour se donner sans fin.
Il n’y a de renvoi que pour celui qui se renvoie lui-même. Dieu n’est pas venu juger le monde, mais le sauver.
NDC