10 août, Jn 12, 24-26 : Mourir d’amour pour demeurer en vie !

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Évangile :

Quelques jours avant la Pâque, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruits.

Celui qui aime sa vie la perd; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »

Commentaires :

Jésus a vécu de nombreuses fêtes de Pâque avec Marie et Joseph où ils faisaient mémoire ensemble de la libération du peuple de l’esclavage du pharaon par la puissance de Dieu afin de le conduire vers la terre promise par l’entremise de Moïse. Cette fois, Jésus monte à Jérusalem pour vivre la Pâque de la nouvelle Alliance en son sang. Son cœur amoureux bat si fort dans la joie qu’il a de savoir qu’il libèrera enfin la multitude du véritable esclavage, celui qui mène à la mort, mort non seulement du corps, mais aussi de la communion avec la Vie et tous les vivants. Ce sera lui l’Agneau de Dieu qui s’offrira pour nous afin que par lui nous soyons sanctifiés et puissions traverser tout ce qui mène à la mort en demeurant dans l’unité de l’amour.

Jésus est rempli de joie de remplir le dessein d’amour du Père et en même temps son humanité, telle la femme sur le point d’accoucher s’attriste que son heure soit venue (Jn 16, 21-22), Jésus s’afflige à devoir traverser une telle passion pour descendre dans la mort pour la vaincre : « Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi. » (Mt 26, 38) dira-t-il au jardin des oliviers.

Jésus est rempli de cette joie de faire renaître la multitude à la vie, ceux qui sont morts, comme tous les vivants présents et ceux qui viendront. Sa joie est grande et malgré la douleur qui vient, il avance sans regarder en arrière. Il n’est pas seul, le Père est avec lui. Son désir est si grand d’allumer ce feu de joie et de vie sur la terre!

« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli! » (Lc 12,49-50)

Il en coûte à Jésus d’attendre de s’offrir pour sanctifier toutes choses avec la puissance de l’Esprit pour nous rassembler dans l’unité avec le Père. Il lui presse de prendre le pain de cette Pâque en rendant grâce au Père, pour le bénir, le rompre et le donner à ses disciples en disant : « Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous. » Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : « Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés. » (Mt 26,26-28) Il lui tarde de se livrer en rançon pour voir les prisons s’ouvrir, voir le pauvre manger à sa faim, les assoiffés de justice étancher leur soif. Son cœur bat de s’ouvrir dans la mort pour laisser couler la source de vie et que l’enfant dans son tombeau se lève pour retrouver les siens, qu’Abraham retrouve sa chair, que son papa Joseph reprenne souffle, que sa maman ne goûte par la corruption de la mort. Sa joie est à la mesure de tous ceux qu’il porte en son sein sur la croix.

Quelques jours avant sa Pâque, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruits. » Jésus meurt pour faire mourir la mort qui tue les hommes chaque jour par milliers. Il meurt et pour faire mourir cette mort en nous, il faut mourir avec lui, en s’offrant avec lui à sa suite pour être vivants parmi les morts et porter du fruit de la vie en cette terre stérile.

Jésus nous demande de nous laisser blesser par ce glaive de sa parole pour que nous puissions brûler de ce feu d’amour et ne pas hésiter à courir avec lui vers les autres, pour devenir pain de vie dans le four de la croix.

Celui qui aime cette vie qui se perd se fait tromper par la mort, car cette vie mène indiscutablement à la mort. Il faut mourir d’amour avec celui qui meurt par amour pour nous afin de faire mourir la mort. Il faut nous faire serviteurs avec lui et danser de joie sur la terre des boiteux. Il faut faire briller nos yeux de cette lumière de vie qu’il vient déposer dans la mort afin d’être un signe de son amour dans cette vallée de larmes.

Il faut se laisser blesser par cet amour de Dieu qui vient se livrer pour nous afin de nous rendre libres et débordants de joie d’être au monde dans ses bras.

« Celui qui aime sa vie la perd; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle. » Laissons-nous blesser par l’amour de Dieu pour mourir d’amour avec lui pour les autres et nous multiplier comme le pain à travers le monde et les temps.

« La gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruits et deveniez mes disciples. » (Jn 15, 8-9) La gloire de Dieu, c’est que nous soyons vivants et pour vivre, il faut vivre de sa vie et pour vivre de sa vie, il faut mourir avec lui dès cette vie et goûter la joie dans l’Esprit Saint.

« Le Royaume de Dieu n’est pas affaire de nourriture et de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. » (Rm 14, 17)

Il faut descendre dans la mort pour voir que sa lumière de vie est là et revenir à la vie annoncer cette bonne nouvelle que nous pouvons avec lui nous consacrer totalement à l’amour et mourir à cette vie.

« Où t’es-tu caché, Ami,

me laissant gémissante?

Comme le cerf tu as fui,

après m’avoir blessée.

Criant je t’ai suivi, tu étais parti!

Par une nuit obscure,

Par l’échelle secrète, déguisée,

dans l’obscur en cachette,

je sortis sans être vue…

Dans cette nuit heureuse

en secret, car nul ne me voyait

ni moi ne voyais rien,

sans autre lueur ni guide

sinon celle qui en mon cœur brûlait. »

(Saint Jean de la Croix, La Quête de l’amour impatient, 1re strophe)

NDC