10 nov, Lc 16, 1-8, L’argent

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Évangile :
Jésus disait encore à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu’il gaspillait ses biens. 
Il le convoqua et lui dit : ‘Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires. ‘
Le gérant pensa : ‘Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n’ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. 
Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m’accueillir. ‘
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : ‘Combien dois-tu à mon maître ? 
- Cent barils d’huile. ‘ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante. ‘
Puis il demanda à un autre : ‘Et toi, combien dois-tu ? – Cent sacs de blé. ‘ Le gérant lui dit : ‘Voici ton reçu, écris quatre-vingts. ‘
Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
Commentaires :
« Et moi, comme un agneau confiant qu’on mène à l’abattoir, j’ignorais qu’ils tramaient contre moi des machinations: « Détruisons l’arbre dans sa vigueur, arrachons-le de la terre des vivants, qu’on ne se souvienne plus de son nom! » » (Jérémie 11:19) Qu’on ne souvienne plus de son nom voulaient tous ceux qui avaient tramé sa mort, qu’il soit oublié au plus tôt afin que nous puissions retourner à nos commerces… Ils avaient mis une garde près de son tombeau, ils avaient scellé la pierre pour que plus jamais elle ne s’ouvre…Ils n’y avaient plus que ces femmes qui regardaient de loin pour voir ce qui arrivait à celui qu’elles aimaient…mais elles étaient inoffensives ces femmes selon eux comme toutes ces femmes voilées dans les monde aujourd’hui. Elles ne s’effondreront pas dans les larmes, elles ne craindront pas de témoigner qu’elles aimaient celui qui avait été jugé digne de mort, de blasphémateur, d’imposteur, elles affronteront les moqueries des soldats et les exclusions des autorités. L’amour a des ailes qui fait surmonter le mépris et la haine, la mort même… Avant même que le soleil se lève, elles se rendent en hâte au tombeau. Elles arriveront au tombeau et le soleil sera levé et tout comme celui qu’elles venaient embaumer… Elles s’inquiétaient pour savoir comment rouler la pierre, elles n’avaient déjà plus de force à pleurer celui qu’elles n’avaient pas oublié. Après tant de larmes, la nuit et le jour se confondaient, l’aube n’était plus que le moment où il était autorisé de se rendre au tombeau pour voir celui qu’elles aimaient, lui rendre un dernier hommage en réparation de toutes les offenses que Jésus avait subies. Mais cet amour qui les pousse ainsi n’est-ce pas l’amour qu’elles ont reçu de celui qu’elles ont vu mourir sur la croix ? Elles ignorent cette force en elle, elles ignorent encore plus cette force de la résurrection qui se manifeste déjà dans le grand matin et pourtant, elle est là… elle a ouvert la bouche de Jésus à nouveau, ses yeux, ses mains, ses pieds, elle a fait battre à nouveau son cœur, ce cœur transpercé qui bat maintenant pour toujours… Jamais plus, il ne cessera de battre ce cœur, jamais plus ses mains ne cesseront d’accueillir et de bénir et de répandre sa force, cette force que sentait bien la foule qui venait à lui : « et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. » (Luc 6:19) Une force qu’il voulait nous donner en mourant afin de devenir notre nourriture et qu’ainsi ce soit plus nous seul qui vivions en nous, ni l’esprit du monde mais que ce soit lui, l’Éternel, le Vivant qui vive en nous afin de nous communiquer sa force pour suppléer à notre manque de force : « Il vient et les trouve en train de dormir; et il dit à Pierre: « Simon, tu dors? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure? » (Marc 14:37) Une force qui a de la difficulté à demeurer fidèle à elle-même, une heure seulement. Pierre aurait bien voulu ne pas dormir, il aurait bien aimé aller à la mort avec lui mais devant le danger la peur le prenait et il tremblait pour sa vie… « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. » (Marc 13:12) Pierre de dire : « « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » » (Luc 22:33) Il ne pourra pas car si le Christ ne meurt pas pour lui, s’il ne lui lave pas les pieds, il ne peut participer à la vie de Dieu sans Dieu en lui par Jésus, le Fils de Dieu qui vient mourir pour nous afin de nous rendre participant de sa vie divine.
« Une servante s’approcha de Pierre en disant: « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. » Mais lui nia devant tout le monde en disant: « Je ne sais pas ce que tu dis. » »(Matthieu 26:69-70)
En voyant la pierre roulée, cette pierre qui leur posait problème, elles ne comprennent pas qui a bien pu les devancer…car selon la loi, elles sont les premières au jardin du tombeau…Elles seraient bien venus d’avance mais elles avaient attendu par respect pour la Loi… « Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller oindre le corps. » Elles avaient attendu la fin du sabbat et voilà que quelqu’un est là, la pierre est roulée : Qui est cet inconnu qui les a devancées, ce jeune homme en robe blanche…Ce ne peut pas être un pillard puisqu’il ne serait plus là à attendre dans un lieu vide. Voilà cet inconnu qui leur parle de celui qu’elles aiment… Comment celui-ci qui n’a jamais été avec elle et les disciples sur les routes peut-il connaître Jésus ? Elles savent tout sur lui, elles connaissent sa mère, ses frères, ses disciples, son lieu de naissance…. Qui est-il celui-là qui nous dit qu’il n’est pas là où nous le cherchons… C’est difficile de rencontrer quelqu’un que nous dit mieux connaître que nous celui que nous croyons être la famille… Il était là, lui aussi ce jeune homme à regarder sans intervenir, il était au jardin des oliviers : « Puis il s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant: « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse! » Alors lui apparut, venant du ciel, un ange qui le réconfortait. » (Luc 22:41-43) Ils étaient là, les purs esprits, ils étaient là comme ils ont toujours été là pour servir Dieu et son serviteur souffrant, ils étaient là tout près de celui dont la gloire les transporte dans une joie infinie, ils sont toujours là pour guider ceux qui cherchent celui qu’ils aiment et dont son amour les nourrit. Ils sont là pour dire qu’ils ne les quittent pas, qu’il est vivant, qu’il a vaincu la mort pour eux et qu’il se manifestera à elle pour leur donner cette force qui les rendra capable de demeurer dans l’amour pour le reste de leur vie : « Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » » (Actes 1:8)
NDC