10 oct, Lc 10, 38-42 : Marthe s’agite, Marie contemple Jésus.

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Évangile :
Alors qu’il était en route avec ses disciples, Jésus entra dans un village. Une femme appelée Marthe le reçut dans sa maison. Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Marthe était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. »
Commentaires :
Jésus est en route avec ses disciples, il entre dans le village de Béthanie. Il se rend chez les sœurs de Lazare, Marthe et Marie. Les disciples sont silencieux, vous savez ce silence que nous adoptons naturellement en présence d’une source d’eau, du crépitement d’un feu et de sa chaleur. Les bruits de la sensibilité, des souvenirs, des impressions, des jugements de valeur sont en sommeil dans les disciples, ils rayonnent la lumière intérieure de Jésus. L’Esprit les guide et les pousse là où ils doivent être pour demeurer dans l’amour. « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit » (Jn 3, 8)
Marthe en voyant tout ce monde s’empresse de faire les préparatifs pour bien les recevoir. Elle goûte bien cette paix de l’Esprit que Jésus apporte en entrant dans la maison, elle envahit tout l’espace comme si les eaux d’un fleuve s’étaient introduites dans la maison pour allumer un feu au cœur qui donne la connaissance de la profondeur de Dieu. Comment le feu et l’eau peuvent-ils faire bon ménage? Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint, dans l’eau et le feu. Il baptisera de l’eau jaillit de son cœur après avoir versé tout son sang pour nous racheter et le feu s’allumera sur toute la terre. « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé! » (Lc 12, 49)
Jésus brûle du désir d’allumer ce feu, de verser les fleuves d’eau vive pour faire pousser des fruits en toute saison jusqu’à la fin des temps. La paix de Jésus envahit la maison, la lumière irradie par toutes les fenêtres comme si un soleil prenait place à la table de cette demeure.
« En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Que la paix soit dans cette maison. » (Lc 10, 5) Marthe voudrait bien s’asseoir aux pieds de ce Soleil de Justice, cet Astre de Lumière, mais elle se lève pour servir. Marie, sa sœur, elle ne peut plus bouger, ses genoux ont fondu devant tant d’amour et elle est aux pieds de Jésus s’abreuvant de sa parole. Comment pourrait-elle bouger ? En l’écoutant, des espaces nouveaux et inconnus s’ouvraient devant elle, elle se sentait unifiée par sa sagesse, son visage devenait sans troubles, ni rides, son cœur s’enflammait, son esprit mettait en sommeil toutes les occupations de la maison. Marie se réfugiait sous les ailes de Jésus : « Moi, dans la justice, je contemplerai ta face, au réveil je me rassasierai de ton image. » (Ps 17, 15) Qui pouvait dégager Marie de ce feu? Quelle pensée pouvait la sortir de cet abri? « Garde-moi comme la prunelle de l’œil, à l’ombre de tes ailes cache-moi » (PS 17, 8) Marie goûte cet amour que toute créature cherche sans le savoir, elle goûte cet amour qui la cherche avant même sa venue en ce monde. C’est pour vivre dans cet amour et vivre de cet amour que Dieu a créé chacune de ses créatures.
« Seigneur, cela ne te fait rien? Ma sœur me laisse seule à faire le service. Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée. »
Pourquoi lui enlever la place pour laquelle elle a été faite? Pourquoi la sortir de cette adoration en esprit et en vérité, de cette unité avec la vie trinitaire? C’est la seule chose qui ne peut pas ne pas être. Sans cette adoration, cet échange d’amour avec le Dieu Trinitaire, tout meurt. « Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. » (Jn. 4.23-24)
En entendant les paroles de Jésus à Marthe, les disciples se souvinrent de la femme chez Simon le pharisien : « Tu vois cette femme? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers. Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds. À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour. » (Lc 7, 44-47)
Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses et vous savez bien que la moindre petite chose dépasse votre pouvoir. « Voilà pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Considérez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’ont ni cellier ni grenier, et Dieu les nourrit. Combien plus valez-vous que les oiseaux! Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une coudée à la longueur de sa vie? Si donc la plus petite chose même passe votre pouvoir, pourquoi vous inquiéter des autres? (…) Car ce sont là toutes choses dont les païens de ce monde sont en quête; mais votre Père sait que vous en avez besoin. Aussi bien, cherchez son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît. » (Lc 12, 22-26.30-31)
Saint François d’Assise dont c’est l’anniversaire a bien compris ce qui était le nécessaire en épousant Dame Pauvreté.
« Rassasie-nous de ton amour au matin, nous serons dans la joie et le chant tous les jours. » (Ps 90,4)
NDC