10 sept, Mt 18, 15-20 : Jésus le pédagogue de la vie et de la joie!

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Évangile :

Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné un frère. S’il ne t’écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l’Église; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.

“Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.”

“Encore une fois, je vous le dis : si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.”

Commentaires :

Jésus est un merveilleux pédagogue, soucieux de servir avec amour ceux à qui il enseigne plutôt que de les dominer pour les forcer à faire sa volonté. Il sait, comme le dit saint Grégoire, qu’un “cœur est une citadelle inexpugnable”, il sait que notre cœur est de pierre et que pour lui donner vie, le transformer en cœur de chair, il devra ouvrir son cœur afin que nous puissions nous y greffer pour retrouver le souffle de la vie éternelle. Jésus sait que pour approcher ce cœur, “seules l’affection et la douceur le peuvent forcer : fermeté à vouloir le bien et empêcher le mal, mais douceur et prudence pour atteindre cette double fin.” (Jean Bosco)

Jésus a pris soin avant de parler de correction fraternelle de leur demander leur avis sur l’état du cœur d’un berger lorsque l’une de ses brebis s’égare. Il s’empresse de répondre à sa question pour leur dévoiler l’amour qu’il a pour chacun d’eux : “Ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes pour s’en aller à la recherche de l’égarée?” (Mt 18, 12) Qui peut affirmer le contraire devant tant de bon sens? Ce que les disciples ignorent, c’est que Jésus dispose le cœur des disciples à l’amour qu’ils doivent avoir envers celui qui s’égare, à son importance et à l’effort à mettre pour le ramener. “Et s’il parvient à la retrouver, en vérité je vous le dis, il tire plus de joie d’elle que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits se perde.” (Mt 18, 13-14) Le Père qui est aux cieux vous aime tellement qu’il ne veut perdre aucun de ces petits. Lorsque l’un des petits du Père s’égare, se perd, il ne s’agit pas de le juger en disant : “C’est bien fait pour lui, il n’avait qu’à demeurer avec nous. Il aura sa leçon, cette fois.” Jésus sait que devant le petit du Père qui s’égare, il faut tout faire pour le ramener. Il faut aller au-devant, ne pas l’abandonner à une chute mortelle, à la gueule du loup. Le but du berger, c’est de garder sa brebis en vie, ne pas la livrer à la mort et prendre le risque de mourir pour elle.

Jésus n’a parlé en rien de punir la brebis, mais de la retrouver et de la ramener et au retour, ce sera la joie. “Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé!”(Lc 15, 32)

Jésus enseigne que le but de toute correction fraternelle est de ramener à la vie et de festoyer. La correction fraternelle se fait par la tendresse, par la main tendue, par la fidélité, par la compassion, par l’intérêt montré à l’autre. Le fils perdu qui revient vers son père goûte à cette correction : “Il partit donc et s’en alla vers son père. Tandis qu’il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié; il courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement. Le fils alors lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez la plus belle robe et l’en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé! ’ Et ils se mirent à festoyer.” (Lc 15, 20-24) Il est revenu à la vie, à la vie de l’esprit, à la vie de l’âme, à la vie du cœur, à la vie qui fait rayonner le visage, à la vie qui remplit “la bouche de rires et les lèvres de chansons”, à la vie qui ramène dans l’unité avec le père et tous les enfants. “Ne punissez jamais un enfant à l’instant de sa faute. Oublier et faire oublier l’heure de la faute est l’art suprême du bon éducateur.” (Jean Bosco) Celui qui emploie la force punit la faute, mais ne guérit pas le coupable. Jésus vient nous appeler et il attend que notre volonté se décide à lui ouvrir la porte du cœur. “Me voici à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend mon appel et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je dînerai chez lui et lui avec moi.” (Ap 3,20)

Il n’y pas d’irritation, ni de menace, il n’y a que patience et douceur. Il est plus facile de s’offusquer contre l’autre, de le juger sévèrement, de le menacer que d’implorer Dieu de nous donner la patience qu’il a à notre endroit pour l’avoir envers les autres. Le calme devant l’égarement de l’autre vient avec cette humilité que Jésus associe à la douceur pour être un bon maître : “Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. » (Mt 11, 29-30)

‘Les maîtres qui ne pardonnent rien aux enfants sont ceux qui se pardonnent tout à eux-mêmes. Pour apprendre à commander, commençons par apprendre à obéir, et cherchons à nous faire aimer avant de nous faire craindre.’ (Jean Bosco)

 

Éduquer est une affaire de cœur, Jésus nous l’enseigne bien en nous démontrant qu’il est le seul qui peut nous donner les moyens de conquérir la citadelle imprenable des cœurs en se livrant lui-même pour ouvrir son cœur et nous permettre de nous y greffer.

Si ton frère a commis une faute, laisse tout pour aller vers lui afin de le ramener à la vie avec tous les autres dans la demeure du Père. Le péché isole, il rend vulnérable, il sépare : ‘En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle..» (Jn 12, 24-25)

Il ne faut laisser personne seul dans les montagnes de ce monde. Il faut apprendre à l’école de Jésus à aller vers les autres pour les ramener à la vie par le don qu’il nous fait de sa vie. Apprendre à les ramener à la vie par l’affection et la douceur, ce même amour que nous recevons sans cesse de Dieu qui se donne à chaque instant pour nous.

Jésus enseignera comme suite à la correction fraternelle, le nombre de fois à pardonner : ‘Je ne te dis pas sept fois, mais soixante-dix-sept fois sept fois’ (Mt 18, 21-22.) La sagesse de Dieu est folie aux yeux des hommes, pourtant Dieu ne veut que la vie et la joie pour tous.

‘Nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dominent ce monde ne l’a connue, car, s’ils l’avaient connue, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture, ce que personne n’avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le cœur de l’homme n’avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu. Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, a révélé cette sagesse. (1 Co 2, 7-10a)

‘Avant tout, conservez entre vous une grande charité, car la charité couvre une multitude de péchés.’ (1 Pi 4:8)

NDC