9 avril, Mt 26,14-75. 27,1-66 : Le voyageur dans le temps!

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Évangile :

Dernier repas et arrestation

L’un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre? » Ils lui proposèrent trente pièces d’argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : «  Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel et dites-lui : < Le Maître te fait dire : Mon temps est proche; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.> Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l’un après l’autre : « Serait-ce moi, Seigneur? » Il leur répondit : « Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet; mais malheureux l’homme par qui le Fils de l’homme est livré! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né! » Judas celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi? » Jésus lui dit : « C’est toi qui l’as dit! »

Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : « Prenez et mangez : ceci est mon corps. » Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, en disant : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés. Je vous le dis : désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où je boirai un vin nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. »

Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. Alors Jésus leur dit : « Cette nuit, je serai pour vous tous une occasion de chute; car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » Pierre lui dit : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais. » Jésus reprit : « Amen, je te le dis : cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Pierre lui dit : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples en dirent autant.

À Gethsémani : prière et arrestation

Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani ( pressoir à huile) et leur dit : «  Restez ici, pendant que je m’en vais là-bas pour prier. » Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit : « Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi. » Il s’écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. » Puis il revient vers ses disciples et les trouve endormis; il dit à Pierre : « Ainsi, vous n’avez pas eu la force de veiller une heure avec moi? Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation; l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » Il retourna prier une deuxième fois : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite! » Revenu près de ses disciples, il les trouva endormis, car leurs yeux étaient lourds de sommeil. Il les laissa et retourna prier pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles. Alors il revient vers les disciples et leur dit : « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer! La voici toute proche, l’heure où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous! Allons! Le voici tout proche, celui qui me livre. »

Jésus parlait encore, lorsque Judas l’un des Douze, arriva, avec une grande foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les chefs des prêtres et les anciens du peuple. Le traître leur avait donné un signe : « Celui que j’embrasserai, c’est lui : arrêtez-le. » Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit : « Salut, Rabbi! », et il l’embrassa. Jésus lui dit : « Mon ami, fais ta besogne. » Alors ils s’avancèrent, mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent. Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre

Et voilà qu’un des compagnons de Jésus, portant la main à son glaive, le dégaina, frappa le serviteur du Grand Prêtre et lui enleva l’oreille. Alors Jésus lui dit: « Rengaine ton glaive; car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. Penses-tu donc que je ne puisse faire appel à mon Père, qui me fournirait sur-le-champ plus de douze légions d’anges? Comment alors s’accompliraient les Écritures d’après lesquelles il doit en être ainsi? » A ce moment-là Jésus dit aux foules: « Suis-je un brigand, que vous vous soyez mis en campagne avec des glaives et des bâtons pour me saisir? Chaque jour j’étais assis dans le Temple, à enseigner, et vous ne m’avez pas arrêté. » Or tout ceci advint pour que s’accomplissent les Écritures des prophètes. Alors les disciples l’abandonnèrent tous et prirent la fuite.

Procès devant le Sanhédrin

Ceux qui avaient arrêté Jésus l’emmenèrent chez Caïphe le Grand Prêtre, où se réunirent les scribes et les anciens. Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu’au palais du Grand Prêtre; il pénétra à l’intérieur et s’assit avec les valets, pour voir le dénouement. Or, les grands prêtres et le Sanhédrin tout entier cherchaient un faux témoignage contre Jésus, en vue de le faire mourir; et ils n’en trouvèrent pas, bien que des faux témoins se fussent présentés en grand nombre. Finalement il s’en présenta deux, qui déclarèrent: « Cet homme a dit: Je puis détruire le Sanctuaire de Dieu et le rebâtir en trois jours. » Se levant alors, le Grand Prêtre lui dit: « Tu ne réponds rien? Qu’est-ce que ces gens attestent contre toi? » Mais Jésus se taisait. Le Grand Prêtre lui dit: « Je t’adjure par le Dieu Vivant de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. » -« Tu l’as dit, lui dit Jésus. D’ailleurs je vous le déclare dorénavant, vous verrez le Fils de l’homme siégeant à droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. » Alors le Grand Prêtre déchira ses vêtements en disant: « Il a blasphémé! qu’avons-nous encore besoin de témoins? Là, vous venez d’entendre le blasphème! Qu’en pensez-vous? » Ils répondirent: « Il est passible de mort. » Alors ils lui crachèrent au visage et le giflèrent; d’autres lui donnèrent des coups en disant: « Fais le prophète, Christ, dis-nous qui t’a frappé. » Cependant Pierre était assis dehors, dans la cour. Une servante s’approcha de lui en disant: « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. » Mais lui nia devant tout le monde en disant: « Je ne sais pas ce que tu dis. » Comme il s’était retiré vers le porche, une autre le vit et dit à ceux qui étaient là: « Celui-là était avec Jésus le Nazôréen. » Et de nouveau il nia avec serment: « Je ne connais pas cet homme. » Peu après, ceux qui se tenaient là s’approchèrent et dirent à Pierre: « Sûrement, toi aussi, tu en es: et d’ailleurs ton langage te trahit. » Alors il se mit à jurer avec force imprécations: « Je ne connais pas cet homme. » Et aussitôt un coq chanta. Et Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite: « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Et, sortant dehors, il pleura amèrement.

Procès chez Pilate

Le matin étant arrivé, tous les grands prêtres et les anciens du peuple tinrent un conseil contre Jésus, en sorte de le faire mourir. Et, après l’avoir ligoté, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate le gouverneur. Alors Judas, qui l’avait livré, voyant qu’il avait été condamné, fut pris de remords et rapporta les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens: « J’ai péché, dit-il, en livrant un sang innocent. » Mais ils dirent: « Que nous importe? A toi de voir. » Jetant alors les pièces dans le sanctuaire, il se retira et s’en alla se pendre. Ayant ramassé l’argent, les grands prêtres dirent: « Il n’est pas permis de le verser au trésor, puisque c’est le prix du sang. » Après délibération, ils achetèrent avec cet argent le « champ du potier » comme lieu de sépulture pour les étrangers. Voilà pourquoi ce champ-là s’est appelé jusqu’à ce jour le « Champ du Sang ». Alors s’accomplit l’oracle de Jérémie le prophète: Et ils prirent les trente pièces d’argent, le prix du Précieux qu’ont apprécié des fils d’Israël, et ils les donnèrent pour le champ du potier, ainsi que me l’a ordonné le Seigneur. Jésus fut amené en présence du gouverneur et le gouverneur l’interrogea en disant: « Tu es le Roi des Juifs? » Jésus répliqua: « Tu le dis. » Puis, tandis qu’il était accusé par les grands prêtres et les anciens, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit: « N’entends-tu pas tout ce qu’ils attestent contre toi? » Et il ne lui répondit sur aucun point, si bien que le gouverneur était fort étonné. A chaque Fête, le gouverneur avait coutume de relâcher à la foule un prisonnier, celui qu’elle voulait. On avait alors un prisonnier fameux, nommé Barabbas. Pilate dit donc aux gens qui se trouvaient rassemblés: « Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus que l’on appelle Christ? » Il savait bien que c’était par jalousie qu’on l’avait livré. Or, tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire: « Ne te mêle point de l’affaire de ce juste; car aujourd’hui j’ai été très affectée dans un songe à cause de lui. » Cependant, les grands prêtres et les anciens persuadèrent aux foules de réclamer Barabbas et de perdre Jésus. Prenant la parole, le gouverneur leur dit: « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche? » Ils dirent: « Barabbas. » Pilate leur dit: « Que ferai-je donc de Jésus que l’on appelle Christ? » Ils disent tous: « Qu’il soit crucifié! » Il reprit: « Quel mal a-t-il donc fait? » Mais ils criaient plus fort: « Qu’il soit crucifié! » Voyant alors qu’il n’aboutissait à rien, mais qu’il s’ensuivait plutôt du tumulte, Pilate prit de l’eau et se lava les mains en présence de la foule, en disant: « Je ne suis pas responsable de ce sang; à vous de voir! »

Et tout le peuple répondit: « Que son sang soit sur nous et sur nos enfants! » Alors il leur relâcha Barabbas; quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le livra pour être crucifié. d’épines.

Portement de la croix et mort

Alors les soldats du gouverneur prirent avec eux Jésus dans le Prétoire et ameutèrent sur lui toute la cohorte. L’ayant dévêtu, ils lui mirent une chlamyde écarlate, puis, ayant tressé une couronne avec des épines, ils la placèrent sur sa tête, avec un roseau dans sa main droite. Et, s’agenouillant devant lui, ils se moquèrent de lui en disant: « Salut, roi des Juifs! » et, crachant sur lui, ils prenaient le roseau et en frappaient sa tête. Puis, quand ils se furent moqués de lui, ils lui ôtèrent la chlamyde, lui remirent ses vêtements et l’emmenèrent pour le crucifier. En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, et le requirent pour porter sa croix. Arrivés à un lieu dit Golgotha, c’est-à-dire lieu dit du Crâne, ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel; il en goûta et n’en voulut point boire. Quand ils l’eurent crucifié, ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort. Puis, s’étant assis, ils restaient là à le garder. Ils placèrent aussi au-dessus de sa tête le motif de sa condamnation ainsi libellé: « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » Alors sont crucifiés avec lui deux brigands, l’un à droite et l’autre à gauche. Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant: « Toi qui détruis le Sanctuaire et en trois jours le rebâtis, sauve-toi toi-même, si tu es fils de Dieu, et descends de la croix! » Pareillement les grands prêtres se gaussaient et disaient avec les scribes et les anciens: « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même! Il est roi d’Israël: qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui! Il a compté sur Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s’il s’intéresse à lui! Il a bien dit: Je suis fils de Dieu! » Même les brigands crucifiés avec lui l’outrageaient de la sorte. A partir de la sixième heure, l’obscurité se fit sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure. Et vers la neuvième heure, Jésus clama en un grand cri: « Éli, Éli, lema sabachtani? », c’est-à-dire: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » Certains de ceux qui se tenaient là disaient en l’entendant: « Il appelle Élie, celui-ci! » Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il imbiba de vinaigre et, l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui donnait à boire. Mais les autres lui dirent: « Laisse! que nous voyions si Élie va venir le sauver! » Or Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit. Et voilà que le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas; la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent et de nombreux corps de saints trépassés ressuscitèrent: ils sortirent des tombeaux après sa résurrection, entrèrent dans la Ville sainte et se firent voir à bien des gens. Quant au centurion et aux hommes qui avec lui gardaient Jésus, à la vue du séisme et de ce qui se passait, ils furent saisis d’une grande frayeur et dirent: « Vraiment celui-ci était fils de Dieu! »

Ensevelissement

Il y avait là de nombreuses femmes qui regardaient à distance, celles-là même qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et le servaient, entre autres Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. Le soir venu, il vint un homme riche d’Arimathie, du nom de Joseph, qui s’était fait, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate et réclama le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remît. Joseph prit donc le corps, le roula dans un linceul propre et le mit dans le tombeau neuf qu’il s’était fait tailler dans le roc; puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. Or il y avait là Marie de Magdala et l’autre Marie, assises en face du sépulcre. Le lendemain, c’est-à-dire après la Préparation, les grands prêtres et les Pharisiens se rendirent en corps chez Pilate et lui dirent: « Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit, de son vivant: « Après trois jours je ressusciterai! » Commande donc que le sépulcre soit tenu en sûreté jusqu’au troisième jour, pour éviter que ses disciples ne viennent le dérober et ne disent au peuple: « Il est ressuscité des morts! » Cette dernière imposture serait pire que la première. » Pilate leur répondit: « Vous avez une garde; allez et prenez vos sûretés comme vous l’entendez. » Ils allèrent donc et s’assurèrent du sépulcre, en scellant la pierre et en postant une garde.

Commentaires :

Une machine à voyager dans le temps nous transporte à Jérusalem quelques jours avant la Pâque juive à l’époque de Jésus. Que faire en mettant le pied sur le sol de Jérusalem! Courir retenir Judas qui s’en va trouver les chefs des prêtres et lui offrir plus que trente pièces d’argent pour son silence. Aller se présenter au Grand Conseil pour tenter de leur expliquer l’identité de Jésus. Qui serait capable d’entendre ce que nous pourrions raconter sur Jésus? Nous pourrions citer les passages de l’Écriture que Jésus a déjà accomplie, leur parler du serviteur souffrant dans Isaïe, du bâton de Moïse qui fait un passage dans la mer comme Jésus l’ouvrira dans la mort, du pain de vie, de l’Agneau de Dieu comme le disait Jean le Baptiste, de la nouvelle Pâque, de sa résurrection des morts, de la Nouvelle Alliance, de sa divinité, de son humilité, de sa douceur, de sa parole? Ils n’entendraient rien à tout cela. Jésus leur a déjà dit lui-même et ils cherchent à le faire mourir. Ils ne voient pas, ils ne veulent pas voir que Jésus accomplit l’Écriture. Ils ne voient pas qu’ils jouent le rôle des verseurs du sang des prophètes tout en croyant défendre l’Écriture contre les imposteurs.    « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, vous décorez les sépulcres des justes, et vous dites : “Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.” Ainsi vous témoignez contre vous-mêmes : vous êtes bien les fils qui ont assassiné les prophètes. Eh bien! vous, achevez donc ce que vos pères ont commencé! » (Mt 23, 29-32)

Nous aurions beau retourner à Jérusalem rien ne changerait. Jésus a vraiment tout fait pour les rassembler, lui qui vient d’avant la création du monde. L’Éternel s’est introduit dans le temps, il a pris notre nature humaine pour la sauver de l’emprise du mal et de la mort. Il a tout fait pour se faire comprendre, pour rassembler, pour unifier, pour éviter souffrances et malheurs : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes, toi qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu. Maintenant, Dieu abandonne votre Temple entre vos mains, et il restera désert. En effet, je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’au jour où vous direz : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.” » (Mt 23, 37-39)

Pourront-ils un jour reconnaître celui qui vient au nom de Dieu? Pourquoi certains l’ont-ils reconnu?

Imaginez si nous parlions aux habitants de Jérusalem, de Ipod, Ipad, téléphone cellulaire, satellite, avions à réaction, télévision, énergie atomique, et quoi encore, que pourraient-ils comprendre? Les ondes, les champs magnétiques, les microbes, les virus, les galaxies, ce sont là toutes des choses présentes à ce moment de l’époque de Jésus, mais ces réalités étaient totalement ignorées. Nous sommes parvenus à les comprendre avec le temps. Aujourd’hui, il n’y a rien de mystérieux à regarder l’insurrection qui se déroule en Égypte tout en étant à des milliers de kilomètres.

Dieu connaît bien la nature humaine et il a pris le temps de préparer les cœurs et les esprits afin d’être compris et accueilli. C’est pourquoi certains l’acceptent et d’autres le refusent. L’Écriture fournit ce qu’il faut à l’intelligence pour reconnaître celui qui vient au nom de Dieu. Le mauvais riche voulait que le pauvre Lazare apparaisse à ses frères afin qu’ils changent : « Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! Non, père Abraham dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” » (Lc 16, 29-31)

Pendant deux mille ans, les prophètes ont annoncé le Messie et les signes pour le reconnaître. Il est venu au temps fixé et il reviendra au temps prévu par le Père, tout en respectant la nature humaine que le Père veut sauver en entier. Ce n’est pas une affaire d’électronique, d’énergie quantique que la vie dans l’esprit, que la compassion, la vie éternelle, l’amour, la gratitude, la justice, la paix, la bonté. Nous ne pouvons mettre en éprouvette l’amour, pas plus que la justice, ce sont des réalités de tous les temps. Nous sommes passés de la loi du plus fort à la loi du Talion avec Moïse et Jésus, Lui, nous apporte la grâce du pardon. « À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre. » Celui qui vient d’en haut rend possible l’impossible, il redonne vie à l’amour vrai, brise la division pour refaire l’unité et pour cela, il prend tout sur lui. Il se fait pain et breuvage pour nous aider à traverser cette terre d’exil et nous conduire à la Terre promise.

Qui peut le comprendre, en ce temps de la pâque juive, ce Jésus? Il n’a rien d’un extra-terrestre. Il s’est fait homme pour sauver l’homme et l’élever à la dignité de sa nature divine. Qui peut le comprendre, lui qui vient d’au-delà du temps et de l’espace, d’avant le temps et qui s’enferme dans le temps et l’espace pour donner un sens à notre histoire afin qu’elle s’ouvre sur des espaces éternels?

« J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi; voilà pourquoi je vous ai dit : il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. D’ici peu, vous ne me verrez plus; et, encore un peu après, vous me reverrez. » (Jn 16, 12-16)

À Jérusalem, les esprits sont tournés vers la préparation de la Pâque. Les gens font mémoire du passage de l’ange de Dieu qui frappa les maisons des Égyptiens dont le linteau de la porte n’était pas marqué du sang de l’agneau. Ils font mémoire du passage de la mer Rouge à pied sec qui se referme sur ses poursuivants. Ils mangent le pain sans levain pour se souvenir qu’au départ de l’Égypte, le pain n’avait pu lever.

Jésus célèbre la Pâques nouvelle qui est libération de l’esclavage du mal et de la mort. Il ouvrira le passage en prenant sur lui tous nos péchés : par sa mort sur la croix, il scellera la nouvelle alliance en son sang. Par sa mort et sa résurrection, il ouvrira le passage dans la mort pour nous conduire à la vie éternelle.

Jésus est seul avec son Père et l’Esprit pour célébrer cette grande libération de toute l’humanité. Encore aujourd’hui qui prend le temps d’écouter sa parole qui veut nous unir à son Père et nous donner l’Esprit comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes? Nous courons comme Judas le vendre pour quelques avantages, nous courons le vendre pour quelques doutes que nous ne prenons pas le temps d’approfondir vraiment. Nous participons à sa Pâques, inquiets de toutes les souffrances de la vie, de la mort et comme les disciples nous fuyons au temps de l’épreuve.

Il faut prendre le temps d’accueillir cette merveilleuse nouvelle que nous sommes aimés à ce point. Il faut prendre le temps de s’abandonner dans les bras de Dieu et de le laisser nous conduire et nous nourrir afin de demeurer dans son amour et l’amour des autres. Oui : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jn 3-16)

NDC