11 avril, Jn 3, 16-21 : La grâce présidentielle visite la grâce de Dieu.

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Évangile :
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le jugement le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu.
Commentaires :
Qu’est-ce qu’une grâce présidentielle? La grâce est une mesure de clémence qui a pour effet de supprimer ou de réduire la peine qu’un condamné aurait dû subir. Son exercice appartient au Président de la République, qui est seul juge de l’opportunité de cette mesure. Nombreux dans le monde sont les condamnés qui attendent une grâce de l’autorité pour éviter une exécution ou retrouver une liberté surveillée. Aucune autorité ne fait grâce par amour pour le condamné, évidemment. Elle accordera souvent sa grâce pour des intérêts politiques.
Ne sommes-nous pas des condamnés à mort? Nous ne savons pas très bien le temps que nous avons à passer sur cette terre qui tourne en rond autour du soleil, mais nous savons qu’il est compté. Il vaut mieux ne pas en parler au risque de s’attrister et ne pas profiter de ce que nous pouvons tirer de la vie sur cette sphère qui parcourt au moins 315 millions km par an autour du soleil. Nous parvenons à oublier la mort et notre véritable destin en nous enlisant dans notre individualité, froid aux autres et toujours en quête d’une nouvelle distraction. Nous acceptons de nous résigner à la mort sans l’interroger.
D’où vient cette mort qui nous inonde de partout? Ne sommes-nous pas tous des innocents sur ce grand échafaud de la vie? Pourquoi ce destin si terrible? Est-ce que l’enfant qui contracte le sida de ses parents est coupable? Il n’en mourra pas moins malgré son innocence évidente. Le péché d’un seul a été la cause de la mort de tous, comme le virus d’un seul peut être la cause de la maladie pour tous jusqu’à la fin des temps.
« Par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché. Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde. Certes, on dit que le péché ne peut être sanctionné quand il n’y a pas de loi; mais pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a régné, même sur ceux qui n’avaient pas péché par désobéissance à la manière d’Adam. Or, Adam préfigurait celui qui devait venir. » (Rm 5, 12-14)
« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. »
La grâce de Dieu est disproportionnée comparée à une grâce présidentielle. Il n’accorde pas une simple remise en liberté, il ne fait pas que signer une feuille, donner un coup de téléphone pour arrêter l’exécution. Il envoie son Fils unique se livrer à la mort pour nous afin de nous libérer de la mort. Cette grâce est le « le don le meilleur, le don parfait » (Jc 1,17), « Avec lui, Dieu nous a tout donné » (Rm 8,32). Que demande Dieu pour que nous obtenions sa grâce? Il nous demande de croire en lui et que croire? Qu’il nous aime! N’est-ce pas la raison de notre distance avec Dieu qui nous a fait chuter dans la mort? « Dieu ne vous aime pas », disait le père du mensonge. Vous ne mourrez pas si vous lui désobéissez, si vous prenez vos distances. Nous ne pouvons être nos propres parents, nous ne pouvons nous mettre au monde par la puissance du vide. Si Dieu n’existe pas, nous n’existons pas. Devant cette exclusion de Dieu par nos pères sous l’influence du père du mensonge, Dieu pouvait rompre avec nous éternellement et nous oublier. Mais il ne voulait pas que nous mourions éternellement! Notre mort pouvait être renversé par aucun autre que lui. Il viendrait parmi nous et cette fois, il ouvrirait l’accès à l’arbre de vie éternelle, afin que tout soit définitivement éternel.
« Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile; peut-être donnerait-on sa vie pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. » (Rm 5, 6-8)
Qui pourrait refuser un tel amour?
« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. » Il ne vient pas nous juger, mais pour payer la rançon de notre faute, en s’incarnant dans notre nature humaine afin que notre nature soit contaminée par le vaccin de la vie de Dieu, le germe incorruptible qui nous assure la vie.
« Mais le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure. En effet, si la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu a-t-elle comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. » (Rm 5, 15)
À nous de croire ou de ne pas croire à cet amour comme nos parents à l’origine de l’humanité. Personne ne pourra plus accuser Adam d’être la cause de notre malheur. À chacun de contempler celui qui est mort sur la croix pour nous et de s’inonder de cet amour ou de s’y fermer en se moquant de celui qui meurt sur le gibet.
« Et le jugement le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. »
Que peut-il faire de plus pour nous prouver son amour et nous mendier le nôtre afin de nous libérer de l’emprise du mal et de la mort?
« Pierre, m’aimes-tu? » répétera-t-il trois fois à celui qui vient de le renier trois fois et pour qui il vient de mourir et ressusciter.
C’est bien la question que le Père nous pose à chacun : « …. m’aimes-tu »
Il faut bien regarder la croix avant de répondre et le tombeau ouvert.
NDC