11 juin, Mt 10, 7-13 : Sur votre route!

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Évangile :
Jésus disait aux douze Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement donnez gratuitement.
“Ne vous procurez ni or ni petite monnaie pour en garder sur vous; ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. Car le travailleur mérite sa nourriture.
‘Dans chaque ville où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez chez lui jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous.
Commentaires :
Jésus disait aux douze Apôtres : ‘Sur votre route… ’ Sur notre route, cette route de lettres d’un clavier ou cette route d’asphalte de notre va-et-vient entre la maison et le travail, entre la maison et l’école, entre la maison et nulle part.
Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Proclamez par votre sourire qui répond de la joie qui est en vous, que le temps du va-et-vient achève, il vient le temps où les cieux s’ouvriront pour manifester la justice.
Les enfants-soldats laisseront tomber leurs armes pour retrouver des bras pour les étreindre, les enfants creusant au fond des mines verront la lumière sourdre de la pierre. Ils se frotteront les yeux comme pour en enlever l’obscurité. Les pupilles grandes ouvertes, ils verront face à face la beauté de leur dignité dans la lumière de Celui qui vient. Ils sauront que leurs petites mains poussiéreuses se dévoilant à leurs yeux sont faites pour battre comme des ailes et s’élever d’allégresse dans l’amour dont ils sont aimés.
Sur votre route, au rythme de votre cœur et de votre amour pour Celui qui vient établir la justice de l’amour, criez que le Royaume des cieux est proche. Criez-le avec tendresse qu’importent votre timidité, votre pauvreté, vos mots maladroits. Criez-le en silence dans votre cellule, criez-le à haute voix sur la place publique, mais criez-le afin que le désespéré lève la tête, que le prisonnier au fond de sa prison entende, que le malade sur son lit retrouve la joie de vivre.
Sur votre route, cette route de pierres ou cette route de montagne, cette route dans la ville, cette route perdue dans le désert, cette route de l’habitude ou de la routine, criez votre joie : le Royaume des cieux est tout proche. Criez plus fort que celui qui a la joie de gagner à la loterie et qui ne sait pas s’il aura assez de temps pour dépenser sa fortune. Criez votre joie, plus fort que celui qui s’envole vers une plage paradisiaque… pour que les pauvres des bidons-villes vous entendent et sortent à l’aube, les pieds nus dans les ordures avec de la lumière dans les yeux.
N’est-ce pas à cette joie et à cette paix dans l’Esprit Saint que se répandra sur notre route, tel un déluge de confettis, la proclamation du règne du Père… Que ton règne vienne, et il vient, et chacun sera pris dans les bras du Père, et chacun se verra consolé de ses larmes à jamais, les larmes versées comme les larmes inévitables que la vie en cette vallée de larmes nous réserve. C’est ainsi que vos semelles sur la route dans les milliers de confettis de joie laisseront une trace, proclamant que les noces de l’Agneau sont accomplies, et que la table du festin est dressée, et que tous sont invités, c’est ainsi que votre joie contaminera le cœur de tous ceux qui l’effleurent du regard. Les malades seront guéris du désespoir de ne pas retrouver un jour la santé, les morts, tous ces morts, tous les morts, toujours morts trop vite, trop injustement, trop bêtement, tous ces morts laissant dans les pleurs tant de vivants, verront s’ouvrir le tombeau sur un monde nouveau, une terre nouvelle, là où la vie est éternelle et la mort est morte à jamais, là où l’amour ne fait aucun compromis à la violence, à la vengeance, à la haine, où l’amour n’est qu’amour, sans épée, ni armée, sans défense autre que la douceur, la tendresse, la bonté, la générosité, la patience.
Surtout, ne corrompez pas ce qui est incorruptible en cherchant refuge dans l’argent ou la moindre petite monnaie, car : ‘vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but (la vie errante, la vie aux routes qui ne mènent nulle part) que vous meniez à la suite de vos pères, ce n’est pas l’or et l’argent, car ils seront détruits; c’est le sang précieux du Christ, l’Agneau sans défaut et sans tache.’ (1 Pi, 1, 18)
N’emportez rien pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton, revêtez-vous d’humilité, revêtez-vous de la beauté de l’amour de Dieu pour nous pour la rayonner, revêtez-vous du Christ en vous offrant avec lui pour les autres. À quoi sert un bâton à celui que le Christ soutient, à quoi servent des sandales à celui qui a l’Esprit Saint pour le conduire? Le travailleur, celui-là qui travaille à veiller et à prier sans cesse recevra plus qu’il ne donne de celui qui nous donne tout constamment et en qui nous subsistons, de qui nous recevons la vie, le mouvement, l’être.
Sur votre route, dépensez de votre richesse inépuisable qui s’accroit en la distribuant. Donnez à ceux qui la demandent comme celui de qui vous l’avez reçue vous l’a donnée gratuitement. Donnez sans jamais refuser et reprenez à celui qui vous refuse et qui ne voit de richesses que là où il y a de l’or et de l’argent. Reprenez votre joie et la paix qui l’accompagne à celui qui vous ferme sa porte et priez que les gens de cette maison découvrent que leur dignité vaut plus que toutes les richesses de l’univers afin qu’à votre retour sur cette route, ils accueillent l’incommensurable paix de la richesse de l’amour de Dieu.
NDC