11 oct, Lc 11, 1- 4 : Isaac, Jésus et la prière

Home / Méditer les écritures / 11 oct, Lc 11, 1- 4 : Isaac, Jésus et la prière

Évangile :
Un jour, quelque part, Jésus était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean Baptiste l’a appris à ses disciples. »
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites :

»
Commentaires :
Un jour Jésus était en prière. Nous sommes en droit de nous demander comment celui qui venait d’auprès de Dieu, qui était au commencement avec Dieu, comment pouvait être sa prière. « Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. » (Jn 1 3-5) Comment Dieu peut-il prier Dieu? Pourquoi Dieu se réduit-il à se faire créature pour se prier de venir au secours de ses créatures?
Les disciples ne saisissent pas vraiment ce qu’ils demandent à Jésus puisqu’ils voudraient recevoir un enseignement sur la prière comme Jean le fait pour ses disciples. Jean n’est pas la lumière de la vie, il n’était pas avant que le monde existe. « Jean vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. » (Jn 1, 7-8)
Il y a un abîme entre Celui qui est la lumière de la vie et celui qui rend témoignage à la lumière. « Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière. Mais j’ai plus grand que le témoignage de Jean : les oeuvres que le Père m’a donné à mener à bonne fin, ces oeuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m’envoie. Et le Père qui m’a envoyé, lui, me rend témoignage. » (Jn 5, 35-37)
Quel enseignement sur la prière au Père peut nous donner celui que le Père envoie et à qui il rend témoignage par les œuvres qu’il fait?
« Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit. » Jésus lui dit : « Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe? Qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père!”? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même : mais le Père demeurant en moi fait ses oeuvres. Croyez-m’en! Je suis dans le Père et le Père est en moi. Croyez du moins à cause des oeuvres mêmes. » (Jn 14, 9-11)
Jésus est toujours en prière puisqu’il est dans le Père et le Père est en lui. La lumière de la vie brille toujours en ses yeux, en ses moindres mouvements, en son vêtement, en ses mains, en ses pieds, ses cheveux, son souffle, sa bouche, ses lèvres et que dire de sa parole qui vient des profondeurs de sa parole. Un glaive plus tranchant que tous les glaives, un glaive qui détruit la mort, qui chasse les esprits mauvais.
Comment demander à celui qui est notre prière de nous enseigner à prier sinon en se faisant prière avec lui pour la multitude?
Qui mieux que la relation de Dieu avec Abraham pour nous donner une idée de la prière de Dieu à lui-même en Jésus pour nous? Abraham comme Jean rend témoignage de son dessein d’amour à l’égard de la multitude.
Écoutez Dieu appeler Abraham. Il prépare le sacrifice de son propre Fils qui est avec lui dans l’Esprit. Son Fils, au contraire d’Isaac, n’ignore pas ce qui se trame dans son cœur pour courir nous relever de la mort et du mal et nous élever à la vie. « Abraham, votre père, exulta à la pensée qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu et fut dans la joie. » Les Juifs lui dirent alors : « Tu n’as pas cinquante ans et tu as vu Abraham! » Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham existât, Je Suis. » Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter; mais Jésus se déroba et sortit du Temple. » (Jn 8, 56-59) Ne jetez pas de pierres à celui qui descend du ciel pour prendre notre humanité et se faire notre prière. Ne lancez pas d’injures à celui qui se fait notre pain pour nous garder en vie en cette terre d’exil. Il faut dire avec Marie : « Le Tout-Puissant a fait pour moi des merveilles. Saint est son nom, et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. » (Lc 1, 49-50) Ne riez pas devant les inimaginables merveilles d’amour que Dieu peut accomplir à notre endroit… Il faut au contraire exalter en Lui en notre âme, exulter de joie dans notre esprit que son amour descende jusqu’à nous. Non, ne riez pas comme Sara qui apprend qu’elle sera enceinte d’un fils dans sa vieillesse : « Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant : “Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille?” Y a-t-il rien de trop merveilleux pour Dieu? » (Gn 18, 13-14)
Non, ne riez pas quand vous apprenez que la Vierge va concevoir tout en conservant sa virginité. Dieu récapitule le monde en venant parmi nous se faire notre prière afin qu’en lui nous trouvions le pardon et la délivrance du mal.
« Abraham! Abraham! » Il répondit : « Me voici! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, que tu chéris, Isaac, et va-t’en au pays de Moriyya, et là tu l’offriras en holocauste sur une montagne que je t’indiquerai. (Gn 22, 1-2)
Oui Abraham, prends ton fils unique comme je prendrai mon fils pour l’offrir sur le calvaire, pour en faire votre prière et par lui recevoir toute grâce et toute vérité par son don.
“Abraham prit le bois de l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac, lui-même prit en mains le feu et le couteau et ils s’en allèrent tous deux ensemble.” (Gn 22,6. 9)
Dieu prendra son Fils et le chargera de la croix, notre croix et il marchera avec lui sur le chemin de la passion pour se faire notre prière. Vraiment y a-t-il plus grand amour sur cette terre, que cet amoureux qui marche en prenant sur lui tout le poids de nos fautes afin de nous ramener à la vie, de nous soigner, de nous guérir à jamais? Seigneur, apprends-nous à prier!
“Quand ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, ‘Abraham y éleva l’autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. (Gn 22, 9-10) Jésus, arrivé à l’endroit du Golgotha, s’étendit sur le bois de la croix. Il regarda le ciel bleu un instant et tourna son regard vers le soldat qui levait le marteau en tenant le clou sur sa main. Aucune révolte ne sortait de sa bouche, aucune résistance. Le Père immolait son Fils et son Fils s’immolait pour nous afin de nous libérer de ce qui nous retient dans les liens du mal et de la mort.
‘L’Ange dit : ‘N’étends pas la main contre l’enfant! Ne lui fais aucun mal! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique.’ (Gn 22, 12)
Dieu le Père n’arrêtera pas la main du soldat, ne bâillonnera pas la bouche de ceux qui insultent son Fils unique sur la croix. Il n’arrêtera pas la lance du soldat qui le transpercera pour que de son côté coule le sang qui nous purifie et l’eau qui nous baptisera dans sa mort afin de nous faire renaître.
‘L’Ange de Yahvé appela une seconde fois Abraham du ciel et dit : ‘Je jure par moi-même, parole de Yahvé : parce que tu as fait cela, que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable qui est sur le bord de la mer, et ta postérité conquerra la porte de ses ennemis. Par ta postérité se béniront toutes les nations de la terre, parce que tu m’as obéi.’ (Gn 22, 16-18)
Dieu sortira son Fils de la mort pour en faire le premier-né d’entre les morts afin que, par lui, tous ceux qui croient en lui reprennent vie et entrent dans l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit.
Qui peut parler de tant d’amour à la mesure de cet amour sinon celui qui pend sur la croix par amour pour nous, dans l’amour du Père et l’unité de l’Esprit?
Alors, quand vous priez dites : ’
Notre Père, vraiment tu es notre Père, car c’est par toi que nous subsistons et c’est en toi que nous retrouvons la vie et entrons dans l’unité de ton amour par l’Esprit qui nous unifie. Tu es vraiment Saint, tu n’es qu’Amour et un Amour dont nous ne pouvons mesurer la splendeur que sur la croix. Il y a là plus qu’Isaac dans ce sacrifice, plus que toutes les histoires d’amour… Comment ne pas crier que ton règne vienne pour établir cette justice qui prend sur elle tous les jugements et condamnations afin de nous rendre la conscience libre et en paix? Comment ne pas pardonner devant le don que Notre Père fait de son Fils et que son Fils fait pour nous alors que nous n’avons aucun mérite pour recevoir un si grand don? Pardon Seigneur de ne pas te prier lorsque je ne parviens pas à pardonner! Toi tu nous donnes avant même que nous ayons le moindre amour à ton égard alors, comment refuser de pardonner à celui qui nous offense?
Nous pourrions avec Pierre nous écrier devant les filets pleins d’amour : ‘Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur! ’ (…) ‘Sois sans crainte; désormais ce sont des hommes que tu prendras.’ (Lc 5, 8.10) Sois sans crainte, désormais aime comme je t’aime pour attirer à moi la multitude que j’aime.
NDC