7 déc, Mt 9, 27-31: Les deux aveugles et la foi.

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Évangile :
Jésus était en route; deux aveugles le suivirent en criant : « Aie pitié de nous, fils de David. » Quand il fut dans la maison, les aveugles l’abordèrent, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela? » Ils répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux en disant : « Que tout se fasse pour vous selon votre foi! » Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit sévèrement : « Attention! Que personne ne le sache! »
Commentaires :
Jésus était en route, deux aveugles se mirent à sa suite en entendant dire dans la foule que c’était Jésus qui passait. Rien de plus laborieux pour un aveugle que de poursuivre quelqu’un pour s’en approcher et lui adresser la parole. Les deux aveugles n’ont pas le choix de crier pour espérer attirer l’attention de Jésus. Ils crient : « Aie pitié de nous, fils de David. » Ils ne peuvent voir si Jésus se retourne pour les regarder, s’il s’arrête et montre de l’attention à leurs cris ! Ils ignorent totalement ce qui se passe. Ils sont dans l’obscurité la plus complète, dans cette nuit interminable et sans lune où ils vivent depuis l’enfance.
Habituellement, ils sont dans leur routine quotidienne, ces automatismes soigneusement élaborés pour se déplacer, circuler au milieu des gens, se retrouver. Avec cette venue de Jésus, ils doivent se déplacer hors des sentiers habituels. Incapables de voir Jésus, ils crient et avancent en tâtonnant, déterminés à le rencontrer. Leur cécité était sans espoir. Ils avaient refoulé toute idée de guérison. Ils se considéraient condamnés à la mendicité et à l’exclusion. Voilà que se présente celui dont on dit qu’il peut les guérir et les sortir de ces ténèbres. Imaginez la volonté qu’ils ont de lui demander secours. « Aie pitié de nous, fils de David. », « Aie pitié de nous, fils de David. » Ils ne voient pas si Jésus les entend et ils ne renoncent pas pour autant à crier : « Aie pitié de nous, fils de David. »
Ils entendent les gens dire que Jésus est entré dans une maison. Cet arrêt de Jésus dans une demeure les aidera à se diriger vers lui. Ils se faufilent entre les gens stationnés devant la maison et parviennent à la porte. Ils s’interrogent sur l’endroit où il se trouve dans ce logis. Ils demeurent sur le seuil et ils avancent tout doucement. Ils sentent les odeurs qui émanent de la maison, ils touchent la porte, ils entendent un silence respectueux qui circule dans l’air. Ils savent qu’ils sont tout près que Jésus n’est pas loin, ils ressentent une grande paix.
Jésus s’adressera à eux pour leur signifier qu’ils sont bien en sa présence. Il les touchera sur l’épaule pour qu’ils se situent par rapport à lui. Il leur parlera le premier. À leur grand étonnement, Jésus leur pose une question sur la guérison qu’ils attendent de lui : « Croyez-vous que je peux faire cela? » Ils sont bouleversés à cette parole de Jésus. Ils se sentent reconnus comme personne en sa présence. Ils ne sont pas des aveugles, ils ont un nom, une identité, ils ne sont pas une maladie. Ils vivent l’inexprimable en cet instant. Cette attention de Jésus à leurs personnes fait lever en eux une lumière nouvelle. Ils ressentent qu’une guérison se produit en eux. Ils ont le coeur brûlant.
Assurément, se disent-ils ce Jésus est plus que le fils de David pour ainsi nous accueillir et savoir ce que nous voulons lui demander avant même de l’exprimer. Les deux répondront en chœur à la question de Jésus s’il pouvait les guérir: « Oui, Seigneur. » Oui, Seigneur Dieu, créateur du ciel et de la terre. Oui, tendresse infinie qui n’oublie aucun de ses enfants, qui connaît chacun par son nom véritable. Oui, oui, oui! S’exclament les deux hommes. Jamais ils n’ont vu avec autant de clarté et pourtant ils ne voient pas encore. Ils savent que devant eux se tient le Seigneur. « Oui, Seigneur, tu le peux.»
« Si nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, c’est que nous aimons nos frères. » (1Jn 3,14) Ils savent qu’ils sont en présence de celui qui est amour, de celui qui les fait sortir de l’ombre de la mort, de celui qui leur rend leur dignité. Ils n’oublieront jamais cette main sur leurs épaules, cette douceur dans ses propos, cette paix dans leur coeur, cette tendresse dans l’attention qu’il leur donne. Déjà, le plus grand des miracles est fait. Ils voient l’invisible, ils voient celui qui vient rendre la vue aux aveugles que nous sommes tous pour nous sauver de l’emprise des ténèbres et de la mort si obscure. Ils voient l’essentiel et ils sont toujours aveugles. Ils en oublient de lui demander de leur rendre la vue du monde visible au plus tôt.
Alors Jésus leur touche les yeux et leur dit : « Que tout se fasse pour vous selon votre foi! » Jésus vient tout juste de leur donner cette foi qui leur permettra de transporter la montagne de leur aveuglement. Il vient à l’instant de leur donner de voir les réalités qu’on ne peut voir et de reconnaître la lumière qui peut nous guider sur le chemin de la paix. Alors leurs yeux s’ouvrent et ils contemplent de leurs yeux le Seigneur. Les yeux grands ouverts, ils voient celui qu’ils poursuivaient dans l’espoir de voir. Ils voient les yeux de Jésus qui les regardent dans les yeux, ils sont muets. Le temps s’arrête devant l’Éternel. Ils voudraient demeurer dans la lumière du visage de Jésus et de son regard. Ils voient cette aube nouvelle qui se lève sur le monde des ténèbres. Comme Pierre sur la montagne lors de la transfiguration, ils voudraient demeurer là, le suivre partout où il ira.
Alors Jésus leur dit sévèrement : « Attention! Que personne ne le sache! » Que personne ne sache pour ce miracle qui vous donne de voir le visible, l’important est de témoigner que vous voyez maintenant la réalité non apparente avec la foi, que vous reconnaissez celui qui vient sauver la multitude de l’ombre de la mort et de l’emprise du mal. C’est ce regard du cœur retrouvé que vous devez annoncer et vivre dans cette lumière qui garde dans l’amour.
NDC