12 avril, Mt 26, 14-25 : Judas vend celui qui le rachète!

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Évangile :

L’un des douze Apôtres de Jésus, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre? » Ils lui proposèrent trente pièces d’argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel et dites-lui : < Le Maître te fait dire : Mon temps est proche; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.> Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara : “Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer.” Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l’un après l’autre : “Serait-ce moi, Seigneur?” Il leur répondit : “Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet; mais malheureux l’homme par qui le Fils de l’homme est livré! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né!” Judas celui qui le livrait, prit la parole : “Rabbi, serait-ce moi?” Jésus lui dit : “C’est toi qui l’as dit!” »

Commentaires :

Einstein n’a rien créé, il a découvert des lois qui étaient déjà là. La relativité était là bien avant qu’il vienne en ce monde, tout comme la loi de la gravité de Newton, cette loi qui nous dit que tout objet est attiré vers le centre de la Terre. Il s’agit de lancer une roche dans les airs pour se rendre compte qu’elle revient bien vite sur nous. Savez-vous que Newton a eu l’idée de cette loi de la gravité après avoir reçu une pomme sur la tête en se reposant sous un pommier? À croire que Dieu voulait lui enseigner que l’attrait de l’homme vers tout ce qui est sur terre et l’oubli de son origine divine provient d’un fruit qui lui a fait tourner la tête.

Nous signons rapidement notre nom sur tout ce que nous trouvons surtout s’il n’est pas signé. Dieu ne pouvait tout de même signer chaque atome, chaque goutte de pluie. Ce n’est pas que l’ouvrage aurait été impossible, mais il créait ce monde avec toutes ses merveilles pour les donner à la nature humaine. Qui peut croire une telle générosité? Ce n’est pas signé, cela appartient au vide et au premier qui le trouve, nous empressons-nous de proclamer sur papier.

Tout le monde sait qu’un chercheur d’or ne crée pas l’or qu’il trouve, pas plus que le chercheur d’étoiles. Il peut bien la nommer du nom qu’il veut, mais elle a déjà son nom, tout comme chacun de nous avons un nom et ce n’est pas un étranger qui nous voit pour la première fois qui se prendra pour notre maître. Cela semble ridicule, mais à regarder de près c’est bien ce que nous faisons. Les alchimistes à une certaine période de notre histoire ont bien essayé de trouver la formule pour changer le plomb en or et plus encore pour changer l’être mortel en être immortel. Ils nommaient cela la transmutation. Aujourd’hui, nous tentons de nous muter en immortel avec toutes sortes d’implants, de lifting. Notre manie de tout nous approprier ne s’arrête pas avec l’évolution. La jalousie de Caïn est toujours aussi présente aujourd’hui qu’au premier temps. La loi du plus fort ne cède pas assez la place à la loi de l’amour.

Nous avons la manie de nous approprier ce que nous découvrons, de signer par dessus la signature originelle sous prétexte qu’elle est inapparente. Christophe Colomb en découvrant l’Amérique ne l’a pas fait surgir du vide, vous le savez et les Indiens d’Amérique le savent aussi et contestent l’appropriation de leurs terres par des découvreurs qui prétendent  les avoir colonisées.

Il en est ainsi à Jérusalem. Les dirigeants d’un peuple à qui Dieu s’est révélé par amour de toute l’humanité, un amour si débordant qu’il promet de leur envoyer son propre Fils pour les conduire à la vie éternelle, s’approprient son message pour y signer leur nom. D’un seul homme, Abraham, il fera surgir ce peuple pour toute l’humanité, un vieil homme avec sa vieille femme. Incroyable situation qui montre que tout vient de Dieu. Devenu un peuple, il le libérera de l’esclavage des Égyptiens avec force et prodiges, sans armée, avec seulement un bâton dans la main de son chef Moïse. Qui pouvait s’enorgueillir de cette libération, de ce peuple devenu nation, de cette nation avec son temple? En vérité, personne ne pouvait s’attribuer aucun mérite que ce soit Abraham ou Moïse ou les prophètes. Tout venait de Dieu et l’humilité devait être de mise dans le cœur de chacun. N’est-ce pas pour cela que l’on disait : « Or Moïse était un homme très humble, l’homme le plus humble que la terre ait porté. »  (Nb 12:3 -4) Quelle gloire pouvait-il s’attribuer lui qui disait : « Excuse-moi, mon Seigneur dit encore Moïse, envoie quelqu’un d’autre, moi je ne sais pas bien parler, je bégaie. » Dieu dit : « Yahvé lui dit : “Qui a doté l’homme d’une bouche? Qui rend muet ou sourd, clairvoyant ou aveugle? N’est-ce pas moi, Yahvé? Va maintenant, je serai avec ta bouche et je t’indiquerai ce que tu devras dire. ” Moïse dit encore : “Excuse-moi, mon Seigneur, envoie, je te prie, qui tu voudras. » (Ex 4, 10-13) Qui peut s’approprier le dessein d’amour de Dieu sur l’humanité, qui a le cœur aux dimensions de l’univers, un cœur éternel? Jésus l’affirmera aux autorités religieuses : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu’ils me rendent; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. » (Mt 15, 8-9) Ils ont effacé le nom de Dieu et inscrit leurs noms. « Il est inutile, le culte qu’ils me rendent; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » (Mc 7, 7-8)

 

Qui d’autre que Dieu peut rendre droit à Dieu et parler de Dieu! « Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. » (Jn 6, 46) « Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. » (Jn 8, 23-24)

Vous mourrez dans votre péché de tout vous approprier, de tout diviser, d’exclure. Vous mourrez!

Ils n’entendent rien à ce langage, ils veulent le faire mourir. Les animaux sacrifiés offerts à Dieu ne paient-ils pas pour nos fautes?

Ils n’entendent rien à l’amour de Dieu, Judas n’y entend rien.

« En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés. Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection. » (1 Jn 4, 10-12)

Qui peut croire que le créateur des lois qu’Einstein découvre est là au milieu de la foule? Qui peut croire que celui qui a créé la planète terre et tous ses continents, est là? Il ne vient pas réclamer son droit, effacer les noms, traiter d’imposteurs ceux qui se font une gloire de sa création, il vient s’offrir en sacrifice afin que sa nature divine transforme notre nature humaine et l’élève en dignité de fils de Dieu.

Qui peut comprendre une si grande merveille, autant d’amour, nous qui avons la manie de tout nous approprier et y mettre notre nom comme si nos statues pourraient se figer pour l’éternité?

« Voici que le Fils de l’homme est livré pour être crucifié » (Mt 26,2) Comprends-tu cela Judas!

Judas veut vendre celui qui vient le racheter. Il va rencontrer les chefs des prêtres pour leur demander un prix sur le Fils de Dieu. Ils offriront trente pièces d’argent pour acheter celui qui les rachète! Ils achètent celui qui les sauve, ils feront couler le sang de la nouvelle Alliance.

Judas ne sait vraiment pas ce qu’il fait en vendant celui qui le rachète. N’est-ce pas creuser sa propre fosse que de livrer celui qui le délivre, de lier celui qui le délie, de trahir celui qui le met au monde pour la vie éternelle. Pourquoi venir en ce monde Judas si ta vie se réduit à cette existence si brève avec toutes ses misères? N’as-tu pas lu le livre de la Sagesse, Judas? « Et j’ai dit en mon coeur : J’aurai le même sort que l’insensé; pourquoi donc ai-je été plus sage? Et j’ai dit en mon coeur que c’est encore là une vanité. Car la mémoire du sage n’est pas plus éternelle que celle de l’insensé, puisque déjà les jours qui suivent, tout est oublié. Eh quoi! Le sage meurt aussi bien que l’insensé! Et j’ai haï la vie, car ce qui se fait sous le soleil m’a déplu, car tout est vanité et poursuite du vent. » (Eccl 2, 15-17) Comment peux-tu vendre celui qui te rachète de cette vie absurde? Il eut mieux valu pour toi de ne jamais naître si tu refuses la joie de renaître à la vie éternelle par l’eau et l’Esprit.

Judas cherche le moment favorable pour le livrer et retirer son gain. Ses yeux sont ailleurs lorsqu’il est avec les disciples. Il est déjà loin et se meurt sans le savoir. Il sent bien que la paix et la joie de Jésus ne l’atteignent plus. Il demeure fermé, il ne pense qu’au moment favorable pour le livrer. Il est seul comme un grain de blé qui ne tombe pas en terre. Il veut mettre son nom sur Jésus, se l’approprier et le vendre.

« Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. »

« Rabbi, serait-ce moi? » Jésus lui dit : « C’est toi qui l’as dit! »

Tout se passe entre lui et Jésus. Le silence est lourd entre eux et Jésus voudrait bien le prendre sur lui ce fardeau. Mais Judas préfère le poids de l’argent que le poids de la croix.

 

 

NDC