12 fév, Mc 8, 11-13 Jésus soupire profondément!

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Évangile :
Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus : pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient un signe venant du ciel. Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération. »
Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l’autre rive.
Commentaires :
Après la multiplication des pains, Jésus monte dans la barque et part vers la région de Dalmanoutha. C’est une localité sur les rives du lac de Tibériade (Mc 8,10) et dont on ne sait pratiquement rien. Dès que Jésus met le pied sur la rive, des pharisiens arrivent de façon brusque et inattendue comme pour se jeter sur lui. Ils ouvrirent une discussion sans attendre. Ils attendaient impatiemment sa venue dans la région pour le mettre en question, convaincus que ce qu’ils entendaient dire de bien sur Jésus était contestable et peu valable. Pour que l’identité de Jésus comme Messie reçoive leur approbation, ils n’exigeaient rien de moins qu’un signe venant du ciel.
— Nous ne voulons pas d’une guérison d’aveugles, ou encore de la purification d’un lépreux, ou de la libération d’un homme tourmenté par un esprit mauvais. Nous voulons, un ciel ouvert, un buisson ardent, un visage lumineux comme celui de Moïse, une nuée qui nous conduit, des armées célestes, une voix venant du ciel.
Ils regardent fixement Jésus et attendent qu’il reconnaisse son échec à leur fournir un tel signe. « La langue est notre fort, nos lèvres sont pour nous, qui serait notre maître? » (Ps12, 5)
« Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : “Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe?” »
Quelle est la nature de l’émotion qui provoque cette profonde expiration de Jésus devant la mise à l’épreuve des pharisiens? Lui, le souffle de la vie, celui par qui tout existe et subsiste, expire sous le coup d’un intense sentiment. Son pouls s’accélère, son cœur bat, il les regarde avec chagrin. Jésus n’a-t-il pas pleuré sur Jérusalem en disant : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes… et vous n’avez pas voulu! Voici que votre maison va vous être laissée déserte. Je vous le dis, en effet, désormais vous ne me verrez plus, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! » (Mt 23, 37-39) Jésus a un immense sentiment de tendresse à leur égard et de tristesse à la fois de les voir ainsi ne rien entendre à ce qui est de l’esprit. Ils sont enlisés dans la Loi de Moïse dont ils ont fait des préceptes humains à leurs services et ils n’entendent plus ce qui est vrai, ils sont dans la lettre. N’est-ce pas « une génération de révolte et de bravade, génération qui n’a point le coeur sûr et dont l’esprit n’est point fidèle à Dieu? » (Ps 78, 8) « Guides aveugles, qui arrêtez au filtre le moustique et engloutissez le chameau. » (Mt 23, 24) « Cessez de juger sur l’apparence; jugez selon la justice. » (Jn 7, 24) En jugeant selon la justice et la miséricorde vous seriez dans l’esprit pour reconnaître celui qui vient de l’Esprit. Comment pourriez-vous reconnaître l’Esprit même s’il vous faisait un signe du ciel si vous demeurez dans vos lettres, dans vos intérêts immédiats, dans votre égoïsme : « car la lettre tue, l’Esprit vivifie. » (2 Co 3, 6) « C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. » (Jn 6, 63-64) Ils ne croient pas en celui qui vient de l’Esprit parce qu’ils sont dans les apparences, dans la lettre, dans la recherche de gloire humaine, dans la quête de plaisirs égoïstes. Comment entendre l’Esprit sans être dans l’esprit, tout préoccupés à rechercher les biens de la terre? « Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. » (Jn 4, 24) « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur coeur est loin de moi. Vain est le culte qu’ils me rendent : les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains. » (Mt 15, 8-9)
Jésus soupire profondément… « Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire » dit l’adage. Jésus désire rassembler la multitude sous ses ailes, sous ses bras élevés sur la croix afin de les baigner dans son sang qui les purifie et dans l’eau qui les fait renaître. Il désire allumer un feu qui brûle toutes nos divisions et nous rassemble dans l’unité avec le Père, le Fils et l’Esprit afin que la vie éternelle circule en chacun. « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé! Je dois être baptisé d’un baptême, et quelle n’est pas mon angoisse jusqu’à ce qu’il soit consommé! » (Lc 12, 49-50) Jésus soupire profondément. Aucun signe ne sera donné à cette génération! Aucun signe de plus, car tous les signes que Dieu qui est Esprit avait annoncés par les prophètes s’accomplissent en Jésus, tous les signes, de sa naissance à Bethléem jusqu’à sa mort sur la croix et sa résurrection. Tous les signes seront donnés à cette génération telle que l’Écriture le dit, mais il ne leur sera pas donné de signe qui n’est pas de l’Esprit à l’esprit.
Jésus dit à un pharisien venu le rencontrer de nuit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître? » Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous fait naître d’en haut. » (Jn 3, 3-7)
Jésus les regarda avec tristesse, remonta dans la barque et il partit vers l’autre rive.
NDC