12 juin, Mt 5,13-16. Le sel de la terre.

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Évangile :
« Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.
Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.
Commentaires :
Vous êtes le sel de la terre! Vous êtes la lumière du monde! Cela peut paraître prétentieux de se prendre pour les lumières du monde. Si nous étions des concurrentes aux autres lumières, prétendant notre supériorité sur les autres, ce serait à démontrer. Il n’y a ici aucune rivalité sinon celle de l’amour.
La lumière dont Jésus parle et le sel n’ont rien à voir avec les lumières du monde. Jésus ne rivalise en rien avec la sagesse de ce monde ou avec quelques sciences ou astres lumineux. Lorsque le Christ est élevé sur la croix, c’est l’obscurité qui se manifeste et non une lumière humaine : “À partir de midi, l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à trois heures. Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : ‘Éli, Éli, lama sabactani ?’, ce qui veut dire : ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? ’ (Mt 27, 45-46) Qui voit plus que le pain lors de son élévation? « Les autres dirent : ‘Attends! nous verrons bien si Élie va venir le sauver.’ (Mt 27, 49) Ils ne voient qu’un crucifié dans l’obscurité et se moquent de Jésus.
Où est-elle sa lumière et où est-il son sel? « Et voici que le rideau du Temple se déchira en deux, du haut en bas; la terre trembla et les rochers se fendirent. Les tombeaux s’ouvrirent; les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et se montrèrent à un grand nombre de gens. À la vue du tremblement de terre et de tous ces événements, le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus, furent saisis d’une grande crainte et dirent : « Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu! » (Mt 27, 51-54)
Voilà la lumière dont Jésus veut parler, une lumière éternelle qui n’a rien à voir avec la lumière de ce monde. C’est dans les ténèbres que la lumière resplendit, c’est là où tout a le goût de la cendre que se dépose le sel du Christ! En ce monde, tout demeure obscur. Ceux qui sont autour de sa croix disent: « Il a mis sa confiance en Dieu; que Dieu le délivre maintenant s’il l’aime! Car il a dit : ‘Je suis Fils de Dieu.’’ Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.’ (Mt 27, 43-44) Il n’y a que la foi pour donner à voir les réalités que nous ne voyons pas.
Lorsque le prêtre élève l’hostie et le sang de Jésus, que voyons-nous? Le rideau du temple qui se déchire pour nous faire entrer dans le Saint des saints, là où seulement le Grand Prêtre pouvait entrer une fois par année. Nous voyons le sacrifice ultime qui nous rachète de toutes nos fautes et nous ouvre le chemin vers la vie éternelle.
Lorsque nous crions avec Jésus la parole de Dieu, nous ouvrons la lumière éternelle qui sans bruit se répand en chassant l’obscurité pour nous libérer de nos idées de mort… Nous répandons le sel de la vie sur cette terre qui engouffre tout le monde.
Avec l’arbre de la croix, il y a comme une espérance nouvelle qui chante dans tous les arbres, ils dansent de joie comme dit le psaume. Le soleil ne s’est-il pas obscurci lors de la mort de Jésus, n’a-t-il pas perdu son éclat devant la lumière éternelle?
Vous êtes la lumière du monde, nous dit Jésus. Vous êtes des camelots de la Bonne Nouvelle, des donneurs de goût de vivre.
Ne tardez pas d’aller dans toutes les nations, car partout règne ce qui fait pleurer, ce qui divise. Cette lumière et ce sel n’apparaissent qu’aux yeux de la foi, mais il est bien réel le Corps et le Sang du Christ, elle est bien réelle la parole de vie éternelle.
« L’Église étant tout entière missionnaire, et l’oeuvre de l’évangélisation étant le devoir fondamental du Peuple de Dieu, le Saint Concile invite tous les chrétiens à une profonde rénovation intérieure, afin qu’ayant une conscience vive de leur propre responsabilité dans la diffusion de l’Évangile, ils assument leur part dans l’oeuvre missionnaire… Comme membres du Christ vivant, auquel ils ont été incorporés et configurés par le baptême ainsi que par la confirmation et l’eucharistie, tous les fidèles sont tenus de coopérer à l’expansion et au développement de son Corps, pour l’amener le plus vite possible à sa plénitude (Ep 4,13). » (Concile Vatican II, Décret sur l’activité missionnaire de l’Église [Ad Gentes], 35-36)
NDC