12 mai, Jn 14, 1-6 : Ne soyez donc pas bouleversés!

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Évangile :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père beaucoup pourront trouver leur demeure, sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi; et là où je suis, vous y serez aussi. Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin. »

Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas; comment pourrions-nous savoir le chemin? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Commentaires :

L’heure était venue pour Jésus de passer de ce monde à son Père, une heure que son cœur attendait avec un grand désir, car ce moment ouvre la nouvelle création.

Jésus ira vers le Père préparer une place pour chacun de ceux qui auront foi en Dieu et en lui. Il dressera une table pour le festin de la vie éternelle, une demeure pour chacun, une demeure que rien ne pourra détruire, ni le vent, ni la tempête. Il en sera fini avec la mort, avec tout ce qui n’est pas amour, sur chaque visage se gravera à jamais le sourire. La tristesse perdra son nom, il n’y aura plus de vêtements de deuil ni de cortège funèbre. Les cris de joie se feront entendre dans chaque demeure, la fête sera dans le cœur de tous, l’adoration de Dieu dans tous les esprits, la louange dans toutes les bouches, l’action de grâce se fera entendre à chaque instant.

Jésus part pour se faire Chemin et il reviendra ouvrir la porte du tombeau pour répandre son Esprit afin que nous connaissions le chemin. « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » Le temps du bouleversement achève, ce temps où les morts n’avaient pour demeure que les ténèbres, ce temps qui trouble le cœur, bouleverse l’âme et arrache des larmes. Jésus a pleuré à la mort de son ami Lazare, il a été troublé par l’odeur infâme de la mort et de son étreinte étouffante.

« Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort! » Lorsqu’il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l’avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. Il dit : « Où l’avez-vous mis? » Ils lui dirent : « Seigneur, viens et vois. » Jésus pleura. Les Juifs dirent alors : « Voyez comme il l’aimait! » (…) Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. (Jn 11, 32-35.38) Jésus est troublé et bouleversé devant l’injustice de la mort, cette mort qui frappe l’innocent et préserve le coupable, cette mort qui n’a de souci que de dévorer et de tout changer en désert, cette mort qui remplit de poussière la bouche des enfants pour ne plus entendre leur rire. Cette mort qui réduit la vie à quelques instants et rend l’être humain avide de quelques plaisirs égoïstes avant d’y être précipité, loin de tous.

Ce temps du règne incontesté de la mort et de tout ce qui y mène est achevé, l’heure est venue pour Jésus de se faire le Chemin qui redonne à la Vie son sens, à la Vérité toute sa valeur.

« Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. » Ne soyez plus bouleversés, que votre cœur cesse de se troubler, croyez en Dieu qui vous aime, croyez aussi en moi qui viens de Dieu pour descendre dans la mort, votre mort, par amour afin de faire mourir la mort, la division. Je pars vous préparer une place et avant de partir je prends sur moi toutes vos fautes, celles qui ont été commises et celles qui ne le sont pas encore. Je prends toutes ces fautes et je m’offre en sacrifice d’expiation pour vous afin de vous réconcilier avec le Père et de vous rendre dignes de l’amour dont vous êtes aimés et capables d’aimer celui qui vous aime d’un tel amour en demeurant dans son amour.

Ne soyez pas bouleversés, je vous prépare une maison éternelle qui n’est pas faite de main d’homme et je viendrai vous prendre avec moi. « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui dirent alors : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèveras? » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Écriture et à la parole qu’il avait dite. » (Jn 2, 19-22) Jésus part nous préparer un corps glorieux, de cette gloire qu’il avait et qu’il a auprès du Père et qu’il est venu nous transmettre en s’incarnant dans un corps semblable au nôtre.

Quand il ressuscitera, ils comprendront le Chemin et ils diront : « Nous savons en effet que si cette tente — notre maison terrestre — vient à être détruite, nous avons un édifice qui est l’oeuvre de Dieu, une maison éternelle qui n’est pas faite de main d’homme, dans les cieux. » (2 Co 5:1)

Ne soyez pas bouleversés, soyez dans la joie, car c’est l’heure de la nouvelle création, c’est l’heure du jaillissement de la vie éternelle dans le monde où règne la mort, c’est l’heure de l’éclatement de la lumière de la vie dans les ténèbres de la mort, c’est l’heure où Dieu manifeste son amour de manière indiscutable. « C’est maintenant le jugement de ce monde; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors; et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » (Jn 12, 31-32)

« Je pars vous préparer une place! » Les disciples ne parviennent pas à comprendre. Jésus leur dit qu’il part vers un endroit où il leur prépare une place et ils ne savent pas comment s’y rendre. Les directives de Jésus pour leur tracer le chemin demeurent obscures. Thomas exprime pour les autres cette inquiétude : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas; comment pourrions-nous savoir le chemin? » Ils ne peuvent pas saisir pour le moment la plénitude du dessein d’amour de Dieu pour eux. Qui pourrait imaginer un bonheur où chaque instant est débordement de joie, où l’ennui ne trouve jamais de place, où la moindre plainte ne peut se tracer un chemin, ou le plus petit sentiment de lassitude ou d’insatisfaction ne peut y faire son nid? Comment imaginer un bonheur où la maladie n’a plus de place, la fatigue, la rupture, la colère enfin tout ce qui fait mourir ou nous divise? Quel architecte peut imaginer une construction faite avec la main de Dieu? Des mains clouées sur une croix peuvent-elles construire un monde nouveau? Thomas voudra toucher à ces mains pour croire à cette demeure que Jésus prépare, à cette demeure qui s’inaugure sur terre et s’élève avec lui sur la croix.

« Vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu, car vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondations les Apôtres et les prophètes; et la pierre angulaire, c’est le Christ Jésus lui-même. En lui, toute la construction s’élève harmonieusement pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes, vous aussi, des éléments de la construction pour devenir par l’Esprit Saint la demeure de Dieu. (Ep 2, 19-22)

Amour exténuant, amour déroutant, amour incompréhensible, amour indicible et pourtant nous sommes aimés de cet amour infini, nous n’avons qu’à y croire et Dieu ne ménage pas les œuvres pour nous donner la foi. Il nous reste à méditer cet amour de Dieu et à le laisser grandir en nous pour que ce soit lui qui vive en nous afin de nous transformer en pierres vivantes de la construction de son Église.

“Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; personne ne va vers le Père sans passer par moi.”

NDC