12 nov, Lc 18,1-8, Dieu sans tarder fera justice

 In Méditer les écritures

Évangile :

Jésus disait une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : < Rends-moi justice contre mon adversaire.> Longtemps il refusa : puis, il se dit : < Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme vient me tourmenter : je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.> »

Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit? Est-ce qu’il les fait attendre? Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? »

Commentaires :

Qui peut obtenir justice en ce monde? La maman qui a perdu son fils aux mains d’un criminel peut-elle avoir justice en obtenant la vie du criminel. Personne ne peut lui rendre son fils, sa fille, son bébé, sa sœur, sa mère, son père, son ami, son époux. Alors quelle justice peut-on attendre des juges de ce monde? Ils ne peuvent que donner des sanctions selon les crimes et les fautes, des réparations mais ils ne peuvent en rien restaurer des histoires dans l’histoire de l’humanité. Cet enfant tué et toute sa possible descendance dans les générations à venir s’éteint et ne brillera jamais dans l’histoire pour apporter sa contribution à l’humanité.

Rien à attendre des juges de ce monde qui de plus sont loin de pouvoir répondre moralement de la tâche qu’ils exercent. Les juges sont des personnes tout aussi sujettes à l’erreur, à la passion, à la folie que ceux qu’ils jugent.

Jésus pour bien montrer l’abîme qui sépare les juges de ce monde et le Juge qui peut rendre la vie à l’enfant assassiné présente une veuve qui n’a de cesse de demander justice à un juge qui n’a rien à faire de la justice sinon de son aise. Une veuve, qui de plus vulnérable qu’une veuve dans la société de cette époque. Suite à la mort de son époux elle devient l’objet d’un trafic dans la famille qui peut la mener à un autre mariage ou à la rue.

Pourtant cette veuve ne se laisse pas écraser par sa situation de procès et tous les marchandages sur elle et autour d’elle. Elle demande justice et elle l’obtiendra de ce juge sans justice par son insistance devenue insupportable pour le juge.

Alors dit Jésus vous croyez qu’il y a de la justice et qu’il y a justice dans votre cas à obtenir. Vous courez vers les tribunaux pour la recevoir en craignant le résultat non que vous doutez de la demande justifiée de votre cas mais des juges et de la manière dont ils font justice. La justice réclamée est indiscutable… votre enfant dort au cimetière et son criminel est bien debout dans le box des accusés. Vous voudriez une vie pour la vie de votre amour.

Si vous croyez en la justice malgré que vous doutiez de l’exécution de la justice c’est que la justice existe indépendamment de la manière dont elle est pratiquée.

Dieu en son Fils a été jugé digne de mourir sur la croix par la justice de ce monde et le Fils n’a pas craint de se laisser juger car il savait que son Père avait le dernier mot, même dans la mort. C’est dans la résurrection que justice sera rendue à Jésus et après sa résurrection il ne vient pas confondre ses juges, il laisse au temps de chacun le choix de retrouver le chemin de la véritable justice.

Écoute bien à chaque injustice Dieu rendra justice dans sa grande miséricorde et c’est bien le sens de la résurrection de Jésus. Il vient le temps où les morts comme les vivants recevront selon leurs actes et non selon ce que leurs stratagèmes leur a obtenu en ce monde.

Alors quand le condamné injustement reviendra, y aura-t-il encore la foi en la justice véritable pour reconnaître que nous l’avons condamné injustement et s’en remettre à sa justice miséricordieuse au lieu de se retirer avec Judas sous un arbre pour étouffer son regret.

Mon ami, dit Jésus à Judas ne crains pas de me regarder dans les yeux pour y voir que ma justice c’est l’amour et que l’amour est vérité.

NDC