12 sept, Lc 6,43-49 : Le bon arbre et la bonne maison!

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Évangile:

Jésus disait à ses disciples : « Jamais un bon arbre ne donne de mauvais fruits; jamais non plus un arbre mauvais ne donne de bons fruits. Chaque arbre se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.

« L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur.

« Pourquoi m’appelez-vous en disant : < Seigneur! Seigneur!> et ne faites-vous pas ce que je dis? Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble.

« Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien bâtie.

« Mais celui qui a écouté sans mettre en pratique ressemble à l’homme qui a bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée; la destruction de cette maison a été complète. »

Commentaires :

Lorsque nous voyons un arbre, nous ne voyons pas ses racines.   Lorsque nous regardons un être humain dans les yeux, nous ne voyons pas son cœur. Chaque arbre se reconnaît à son fruit comme chaque personne à ses œuvres. Un fruit peut sembler bon en apparence, mais être mauvais en réalité. ‘Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis : au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d’ossements de morts et de toute pourriture; vous de même, au-dehors vous offrez aux yeux des hommes l’apparence de justes, mais au-dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. » (Mt 23, 27-28) On reconnaît un arbre à son fruit, mais pour savoir si le fruit est bon, il faut connaître l’arbre. Un fruit peut sembler mauvais en apparence et être bon, ou le contraire. Les connaisseurs de tous les arbres et arbustes et de leurs fruits ne sont pas un grand nombre. Ceux qui n’étaient pas dupes des apparences extérieures des pharisiens et voyaient ce qu’elles étaient vraiment au-dedans, devaient avoir la lumière qui éclaire de l’intérieur, l’intérieur de la réalité. Cette lumière ne peut venir que de celui qui est à l’origine du monde. ‘Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.’ (…) ‘Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. » (Jn 1, 3-5. 10-11) Une lumière qui est la lumière de la lumière et une lumière que nous ne pouvons voir sans la foi en celui qui vient au nom de Dieu et que nous pouvons reconnaître dans ses œuvres. Saint Paul ne dit-il pas dans Hébreux 11, 1 b que la foi permet de voir les réalités que nous ne pouvons voir. Il y a des réalités invisibles à l’œil, des réalités que seul l’esprit peut voir. L’œil est un appareil photographique sans l’esprit, la chair n’est qu’un ensemble de capteurs sensibles sans l’esprit : ‘C’est l’esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.’ (Jn 6:63)

L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon parce qu’il s’abreuve à la source du seul qui est bon pour en faire grandir en lui la bonté en contemplant la générosité de son Père. Comment porter un bon fruit sans être dans la bonne terre de celui qui est à l’origine de tout l’univers? ‘Si d’un principe unique il a fait tout le genre humain pour qu’il habite sur toute la face de la terre; s’il a fixé des temps déterminés et les limites de l’habitat des hommes, c’était afin qu’ils cherchent le divin pour l’atteindre, si possible, comme à tâtons et le trouver; aussi bien n’est-il pas loin de chacun de nous? C’est en lui en effet que nous avons la vie, le mouvement et l’être. » (Act 17, 26-28)

L’homme mauvais tire le mal de son cœur qui se détourne de la source de tout bien pour s’abreuver en lui comme s’il était la source de sa vie. Qui peut être la propre source de l’eau dont il a besoin pour vivre? Il a beau prétendre être sa propre source, celui à qui la réussite sourit, il ne pourra le crier que peu de temps. La vie est brève et l’heure de la lumière aura le dernier mot, comme l’aurore sur la nuit quand se dissipe en silence l’obscurité sous l’éclatement des premiers rayons de soleil.

‘Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu. » (Jn 3, 19-21)

Ceux qui soignent les apparences, disent Seigneur, Seigneur et ils ne font pas ce que Jésus dit pas plus qu’ils ne font ce qu’ils disent : ‘Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne faites pas ce qu’ils font : car ils disent et ne font pas. » (Mt 23 2-3)

‘Si je n’avais pas fait parmi eux les oeuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché; mais maintenant ils ont vu et ils nous haïssent, et moi et mon Père. Mais c’est pour que s’accomplisse la parole écrite dans leur Loi : Ils m’ont haï sans raison. » (Jn 15,24-25) Cette haine sans raison, cette haine fondée sur la peur de se reconstruire dans la lumière sans les apparences, dans la vérité sans le mensonge, dans l’amour sans la haine, cette attitude les enfonce déjà sous terre : ‘vous ressemblez à des sépulcres blanchis : au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d’ossements de morts et de toute pourriture.’ Ils craignent de perdre leurs sépulcres, de sortir de leurs tombeaux et de se construire une demeure de vie éternelle.

La maison que Jésus offre est sans attrait dans ce monde, elle est formée de deux poutres qui se croisent et que l’on doit porter à sa suite pour entrer avec lui dans la mort et en sortir vivant pour l’éternité. Mais cette maison est notre maison en ce monde. Qui peut éviter les croix en cette vie, qui peut bâtir sa vie en se faisant croire qu’il sera exempt des maladies, des injustices, des accidents? Il n’y pas de château où la mort s’interdise d’entrer. ‘Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. » (Mt 10, 38-39)

Celui prend sa croix à la suite de Jésus bâtit sa maison sur les réalités de l’amour… et cette réalité, il la voit en Jésus sur sa croix qui meurt par amour pour prendre sur lui tout ce qui pourrait nous faire retourner au monde des apparences, là où l’on vit dans un tombeau en se croyant dans un palais.

Celui qui refuse de prendre sa croix inévitable ne fera qu’accélérer sa propre destruction en voyant s’effondrer tout ce qu’il croyait immuable.

Voilà notre maison en ce monde. Elle n’a rien de triste ou de lugubre, la croix est inévitable, il faut savoir la prendre à la suite de Jésus qui la portera pour nous en nous gardant dans l’amour de la vie, des autres et en plus dans la paix et la joie. Y a-t-il une plus belle demeure en ce monde que de rayonner la vie de celui qui a vaincu la mort et le mal pour nous revêtir de sa nature divine? ‘Or, c’est à cela que vous avez été appelés, car le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de faute — et il ne s’est pas trouvé de fourberie dans sa bouche; lui qui insulté ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice; lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice; lui dont la meurtrissure vous a guéris. » (1 Pi 2, 21-24)

Mon fardeau est doux et léger, nous dit Jésus si léger que nous croyons ne pas en porter et que lorsqu’il nous en laisse le poids pour nous unir à lui, nous gémissons. Qui plus que Pierre ne voulait pas souffrir? Pendant que Jésus était jugé et qu’il le reniait, il se réchauffait auprès du feu dans la cour. Il a compris après bien des larmes que l’amour dont il était aimé valait plus que sa propre vie, car cet amour est la vie, la vie éternelle.

‘Quand vous aurez un peu souffert, le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle, dans le Christ, vous rétablira lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables.’ (1 Pi 5, 10)

NDC