13 fév, Mc 7, 14-23 : C’est la foi qui purifie le cœur!

 In Méditer les écritures

Évangile :
Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur »
Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parole énigmatique. Alors il leur dit : « Ainsi, vous aussi, vous êtes incapables de comprendre? Ne voyez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.
Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »
Commentaires :
Jésus appela la foule et lui dit : « Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. » Ces paroles furent très choquantes pour ceux qui se prétendent justes par l’observance de règles sur les aliments purs et impurs. Ces pratiques alimentaires permettent d’anesthésier le cœur, d’endormir son lien avec la conscience bonne, bien vivante en chacun. L’expérience spirituelle de l’être humain avec Dieu se réduit à une pratique tout extérieure qui, lorsqu’elle est observée, permet tous les mépris à l’égard de l’autre. Écoutez ce pharisien au temple qui s’appuie sur sa pratique extérieure pour se considérer juste et mépriser le publicain qu’il voit se frapper la poitrine : « Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j’acquiers. » (Lc 18, 11-12) Je jeûne, je mange les aliments purs, je ne mange pas avec les pécheurs, je paie la dîme, je n’aide pas le prochain le jour du sabbat… Mon cœur est bien en règle, il ne peut rien me reprocher, se targue le pharisien. Il a le cœur bien sclérosé ce pharisien, bien anesthésié, bien endurci, son cœur bon que Dieu lui a donné en le créant à son image, il l’a noyé dans ses préceptes, dans ses règles.
« Est-il permis de guérir le jour du sabbat? » lance un pharisien à Jésus : « Mais il leur dit : “Quel sera d’entre vous l’homme qui aura une seule brebis, et, si elle tombe dans un trou le jour du sabbat, n’ira la prendre et la relever? Or, combien un homme vaut plus qu’une brebis! Par conséquent il est permis de faire une bonne action le jour du sabbat.” (Mt 12, 11-12) Ils savent faire des compromis avec leurs préceptes lorsque leurs intérêts extérieurs sont menacés, car ils se croient justes. “Alors Jésus dit à l’homme : ‘Étends ta main.’ Il l’étendit et elle fut remise en état, saine comme l’autre. Étant sortis, les Pharisiens tinrent conseil contre lui, en vue de le perdre.” (Mt 12, 13-14) Ils veulent sauver leur brebis lorsqu’elle tombe dans un trou, mais l’Agneau de Dieu, lui, ils veulent le perdre, le tuer lorsqu’il leur dit tout l’amour de Dieu pour chacune de ses créatures. Voilà ce qui sort de leur bouche devant l’amour de Dieu. Est-ce que Jésus leur a fait du mal en rendant la santé à cet homme? A-t-il fait du mal à cet homme, aux membres de sa famille, à ceux qui assistaient à la scène? A-t-il dit quelque chose de mal? “Pilate leur dit : ‘Que ferai-je donc de Jésus que l’on appelle Christ? ’ Ils disent tous : ‘Qu’il soit crucifié! ’ Il reprit : ‘Quel mal a-t-il donc fait? ’ Mais ils criaient plus fort : «Qu’il soit crucifié! » (Mt 27, 22-23) Quel mal a-t-il donc fait, demande Pilate qui voit très bien le motif intérieur de leur haine : «Il savait bien que c’était par jalousie qu’on l’avait livré. » (Mt 27, 18) Pilate, l’homme qui n’a pas de prétention à être juste, voit l’impureté jaillir de leurs cris : ‘Qu’il soit crucifié! ’
À vouloir gérer le dedans du dehors, nous parvenons à anesthésier notre dedans, cette source de la bonté de Dieu en nous qui nous pousse à l’unité avec tous en demeurant dans l’amour. Nous laissons Dieu seul dans la profondeur où il a sa demeure pour nous garder en vie dans ce qui est beau, bien, vrai et qui nous unit à lui et tous les autres. Nous le laissons seul avec son commandement nouveau : «Aimez-vous les uns les autres, comme je vous aimés. » Aimez-vous de l’amour que je viens vous donner. «Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu? » (Jn 11, 25-26)
Nous crucifions le Fils de Dieu en nous, nous ne voulons plus l’entendre, préférant nous en remettre à un agir moral à notre mesure, à des préceptes qui rendent juste notre manière de vivre. Le cœur s’enlise dans sa solitude et il produit les fruits de celui qui refuse de mourir d’amour avec celui qui vient mourir d’amour pour nous afin de nous libérer de ce qui nous retient à l’extérieur, dans la poussière de nos tombeaux. «Non, la nouveauté authentique du commandement nouveau ne peut pas se trouver dans l’élévation de l’agir moral. L’essentiel justement, n’est pas l’appel à un agir plus grand, mais le nouveau fondement de l’être qui nous est donné. La nouveauté ne peut provenir que du don de l’être avec le Christ, du vivre avec Lui. (…) Ce qui compte, c’est l’insertion de notre moi dans le sien. »
(Jésus, tome 2, Benoït XVI)
«Ce qui sort du cœur de l’homme, c’est ce qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses. » Qui peut purifier son cœur de publicain sans avoir foi en celui qui vient nous donner une vie nouvelle, un cœur nouveau par son cœur transpercé.
«Être chrétien est donc avant tout un don qui se demande et se reçoit, et n’a rien à voir avec une performance. (Jésus, tome 2, Benoît XVI, p 84-85)

 «La foi purifie le coeur. Elle vient de Dieu qui se tourne vers l’homme. Ce n’est pas une simple décision autonome des hommes. La foi naît parce que les personnes sont touchées intérieurement par l’Esprit de Dieu, qui ouvre leur coeur et le purifie. » La pureté du coeur est une action et un don de Dieu… »
‘Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés. Car si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés.’ (Jn 8, 23-24)
Il n’y a rien d’extérieur à l’homme et qui pénètre en lui qui le rend impur… C’est au dedans du cœur de l’homme que se déroule tout le drame de sa quête incessante de faire le bien, de trouver le bien, de l’accomplir et il ne peut y parvenir sans le Christ Jésus qui vient lui donner un cœur nouveau et un esprit nouveau.
«Car je sais que nul bien n’habite en moi, je veux dire dans ma chair; en effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l’accomplir : puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas. Or, si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui accomplis l’action, mais le péché qui habite en moi. Je trouve donc une loi s’imposant à moi, quand je veux faire le bien : le mal seul se présente à moi. Car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l’homme intérieur; mais j’aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m’enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres. Malheureux homme que je suis! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort? Grâces soient à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur! » (Ro 7, 18-25)
C’est du dedans que vient l’impureté, c’est du dedans que nous manquons de la lumière nécessaire pour faire le bien à chaque instant, c’est du dedans que nous brisons la relation avec Dieu qui est la vie en chacun de nous et ce n’est que par Dieu en son Fils que nous pouvons retrouver la pureté intérieure pour demeurer unis à la source de tout amour, celui qui fait entrer dans l’unité de Dieu, Père, Fils et Esprit et avec tous les autres.
‘Grâces soient à Dieu par Jésus Christ notre Seigneur! » de nous avoir ainsi libéré de l’emprise du mal et de la mort et supplions-le de faire grandir en nous la foi qui nous purifiera de ce qui nous sépare du Père et de tous les enfants de Dieu.
NDC