13 fév, Mc 8, 14-21 : Prenez garde au levain des pharisiens…

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Évangile :
Les disciples avaient oublié de prendre du pain, et ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque. Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode! »
Ils discutaient entre eux sur ce manque de pain. Il s’en aperçoit et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain? Vous ne voyez pas? Vous ne comprenez pas encore? Vous avez le cœur aveuglé? Vous avez des yeux, et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles, et vous n’écoutez pas? Vous ne vous rappelez pas? Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux? » Ils lui répondirent : « Douze. ; Et quand j’en ai rompu sept pour quatre milles, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux? » Ils lui répondirent : « Sept. » Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore? »
Commentaires :
Jésus quitte les pharisiens qui lui demandaient un signe venant du ciel pour valider son identité messianique. Y a-t-il un signe plus éclatant venant du ciel que celui du « Verbe fait chair », de l’incarnation de Jésus? Jean Baptiste préparait les esprits à reconnaître ce signe venant du ciel à ceux qui l’écoutaient : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et son témoignage, nul ne l’accueille. Qui accueille son témoignage certifie que Dieu est véridique; en effet, celui que Dieu a envoyé prononce les paroles de Dieu, car il donne l’Esprit sans mesure. » (Jn 3, 31-34) Y a-t-il plus grand signe venant du ciel que le Fils de Dieu s’incarnant dans la chair pour nous revêtir de sa divinité? Il ouvre les cieux pour s’engendrer dans le sein de sa propre créature afin de racheter la nature humaine en prenant sa condition. Quelle merveille qui nous dépasse! Elle nous dépasse parce que nous ne connaissons pas de puissant ici-bas qui s’abaisserait au rang de ses sujets afin de les racheter avec son bien pour en faire des fils de roi comme lui. Une merveille d’humilité, de douceur, de miséricorde qui déborde tout ce que notre cœur pourrait faire par amour même pour quelqu’un qu’il aime. Dieu agit avec autant d’amour pour celui qui se fait son ennemi que pour celui qui le cherche. « Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés. Car si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. » (Jn 8, 23-24) Que demande le Seigneur de miséricorde, celui qui vient prendre sur lui nos dettes et les paie avec le sang de son Fils qui accepte librement cette volonté du Père? Il nous demande la foi et cette foi qu’il nous demande, il nous la donne par les œuvres qu’il fait pour nous donner de croire en lui. La moindre de ses paroles, entendue par un cœur bien disposé, prendra vie et la semence de la foi grandira en lui. Comment reconnaître l’amour, la justice, la miséricorde qui descendent du ciel pour vous, si vous n’agissez pas avec justice et miséricorde sur terre, entre vous? Si vous ne croyez pas quand je vous dis d’aimer vos ennemis, de pardonner à ceux qui vous offensent pour être pardonnés de Dieu, comment croirez-vous à son amour qui s’ouvre le cœur sur la croix pour vous donner sa vie : « Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? Nul n’est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 13-16) Comment croire à autant d’amour en s’inquiétant de ce que nous mangerons, de ce dont nous serons vêtus? Comment croire à cet amour qui s’abandonne aux mains de ses bourreaux pour nous, si nous ne faisons de même pour rechercher sa justice et nous en remettre à son amour pour le reste? « Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, tandis qu’il patiente à leur sujet! Je vous dis qu’il leur fera prompte justice. » (Lc 18, 7) « Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. » (Mt 6, 33-34) « Heureux les simples d’esprit, car le Royaume des cieux est à eux. » (Mt 5, 3) Heureux ceux qui ne se prennent pas pour d’autres pour instaurer la justice dans l’injustice de ce monde et qui s’en remettent à l’Esprit pour faire œuvre d’amour envers les autres. « Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. » (Mt 5, 6) Heureux qui ceux qui ont soif de justice, qui gardent cette soif et prient sans cesse pour que le Règne de Dieu vienne et que sa volonté soit faite. Ils ont soif d’une vraie justice de cette justice qui ne juge pas et qui laisse le Seigneur prendre sur lui toutes nos injustices pour rendre à chacun sa dignité et l’élever à la sienne. « Car je vous le dis : si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. » (Mt 5, 20) « Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire remarquer d’eux; sinon, vous n’aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. » (Mt 6, 1) Vous n’aurez pas sa paix débordante dans vos cœurs qui vous rendra patient avec votre ennemi et priant pour son salut. Vous ne goûterez pas les délices de la miséricorde de Dieu à l’égard de votre pauvreté d’amour et vous demeurerez dans l’illusion d’être des justes sans la foi qui seul peut nous rendre justes par le Juste qui s’offre sur la croix pour nous. Écoutez le bon larron qui voit le signe venant du ciel : « Tu n’as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c’est justice, nous payons nos actes; mais lui n’a rien fait de mal. » (Lc 23, 40-41) Écoutez Pilate dire : « Quel mal a donc fait cet homme? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort; je le relâcherai donc, après l’avoir châtié. » Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu’il fût crucifié; et leurs clameurs gagnaient en violence. » (Jn 23, 21-23)
Le flux et le reflux des vagues sur le rivage chantent la gloire du Fils de Dieu pendant que Jésus met pied dans la barque à Dalmanoutha pour se rendre sur l’autre rivage du lac de Tibériade.
L’assaut si brusque des pharisiens qui demandaient un signe venant du ciel avait fait oublier aux disciples de prendre du pain. Pendant le voyage, ils eurent faim et ils constatent avec peine qu’ils n’ont qu’un seul pain pour eux tous. Jésus les regarde, le ciel bleu aussi se penche sur la barque, le vent se calme pour mieux entendre, la barque les berce comme au temps du sein maternel et Jésus de leur recommander : « Attention! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode! » Prenez garde à ces petites choses qui vous engluent dans l’ici-bas et vous ferment les yeux aux autres. Avec un pain, nous pouvons agir avec justice à l’égard de chacun et goûter le délice de partager ce pain, de le rompre, de le briser pour que chacun ne défaille pas en chemin vers l’autre rivage. N’est-ce pas une grande joie que de partager tout ce que nous avons plutôt que notre superflu? N’est-ce pas cette justice qui est celle qui vient de Dieu? Il prendra son corps pour en faire du pain, il le brisera, il le rompra à travers les siècles pour nourrir l’esprit, le cœur, l’âme et faire voir le signe qui vient du ciel. Attention, au levain des pharisiens, à cette hypocrisie qui ne recherche que le regard des autres et qui n’a rien à faire pour l’agir en secret dans la foi que Dieu voit : « Pour toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône soit secrète; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Mt 6, 3-4) La foi que Jésus nous demande et nous donne est un levain qui grandit dans le secret, dans la prière et la veille. Elle purifie le cœur et rend l’esprit attentif à l’Esprit de Dieu et l’âme y retrouve en son creux le dessein d’amour de Dieu sur elle.
« Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain? Vous ne voyez pas? Vous ne comprenez pas encore? Vous n’êtes pas dans l’esprit, vous êtes dans votre ventre. Vous avez le cœur aveuglé, sclérosé, anesthésié par cet appétit soudain au point de perdre mémoire du pain que vous avez vu se multiplier sous vos yeux en le distribuant. Il n’y a qu’un seul pain et tout le monde doit manger, toutes les nations se trouveront rassasiées. Il n’y a qu’un seul Dieu et tout le monde doit le connaître et venir à lui pour retrouver la vie par lui et c’est vous qui répandrez sa vie à toutes les nations. Comprenez-vous que Dieu est amour et qu’il entend le cri de la faim de justice de la multitude et qu’il vient dans la chair pour les nourrir tous et les élever au pouvoir de devenir enfant de Dieu moyennant la foi. Alors comprenez-vous l’importance de demeurer dans la foi et la confiance, qu’importe ce qui arrive, afin d’être des témoins de cette vie de Dieu parmi vous? “Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n’est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu.” (Jn 3, 17-21)
Méfiez-vous du levain des pharisiens, méfiez-vous de ce qui remplit votre ventre sans partager, méfiez-vous de ce que vous faites pour recevoir de la gloire, méfiez-vous des apparences pour juger de l’amour que vous devez à l’autre, méfiez-vous de regarder de haut ce qui est petit et humble, méfiez-vous de la richesse qui ne donne que de son superflu! Méfiez-vous de ne pas assez vous oublier pour ne pas oublier toutes les merveilles que Dieu fait pour vous!
“Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux?” Gardez en mémoire tout le bien que Dieu fait et méditez-le pour faire aux autres ce que le Dieu amour fait pour vous.
“Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son coeur.” (Lc 2, 19)
NDC