13 janv, Mc 1, 14-20 : « Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. »

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Évangile :

Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu; il disait : « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. »

Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets : c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez derrière moi, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.

Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean qui étaient aussi dans leur barque et préparaient leurs filets. Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur père avec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.

Commentaires :

Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus part annoncer à grand fracas la Bonne Nouvelle de Dieu. Il veut que Jean Baptiste entende du fond de sa prison que le temps de l’injustice est terminé, le règne des Hérode de ce monde est révolu, le Règne de Dieu est tout proche. Jésus tapisse la cellule de Jean Baptiste de toutes les étoiles de la nouvelle création qu’il vient inaugurer. L’espérance inonde la prison de Jean Baptiste et du fond de la tanière où il a été enseveli, il fait encore monter son chant qui annonce la venue de celui qui le remplit de sa paix.

Jésus part pour la Galilée, telle l’étincelle de l’origine de l’univers dans le rien, il part, lui le Verbe fait chair, la Parole vivante et permanente pour semer cette semence incorruptible qu’est sa parole dans les cœurs afin de faire renaître le monde, toute la création. « Les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Convertissez-vous! Cessez d’enfermer le juste, cessez d’affamer le pauvre, de vendre les enfants, d’exclure les malades! Convertissez-vous pour accueillir la parole du Dieu vivant et laissez croître en vous l’être nouveau de la création nouvelle. Jésus part et son cœur demeure en prison avec Jean Baptiste. Il sera là, avec lui lorsque sa tête sera déposée dans un plat pour la remettre à Hérodiade, il sera là dans ses yeux pour y faire briller sa lumière de vie et attirer la conversion de cette femme.

Les temps sont accomplis. Nous ne pouvons voir la nouvelle création qui est en feu et qui fait trembler la terre entière, mais elle s’accomplit à chaque pas que Jésus fait, à chaque parole qu’il sème dans le cœur. Lui qui n’a pas été créé et qui était avant que le monde existe, lui, Jésus, le premier engendré par l’Esprit, par sa parole nous engendre à nouveau, que nous soyons vieux ou jeune, pauvre ou riche, fou ou savant, oui nous sommes « engendrés de nouveau d’une semence non point corruptible, mais incorruptible : la Parole de Dieu, vivante et permanente! Car toute chair est comme l’herbe et toute sa gloire comme fleur d’herbe; l’herbe se dessèche et sa fleur tombe; mais la Parole du Seigneur demeure pour l’éternité. C’est cette Parole dont la Bonne Nouvelle vous a été portée. » (1 Pi 1, 23-24)

Qui peut saisir la splendeur radieuse de cette Bonne Nouvelle? Tous les soleils de l’univers ne peuvent en rendre la lumière et pourtant, que d’éclat enfermé dans le secret de ce Jésus. En lui transperçant le cœur, les mains et les pieds, cette lumière jaillira avec son sang précieux pour renouveler la face de la terre, pour recréer le monde tout en silence. Lorsque vous voyez Jésus passer dans son costume de charpentier sur vos chemins, lorsque vous le voyez passer dans son vêtement de pain et qu’il descend en vous sans bruit, vous êtes dans le feu de l’action créatrice de Dieu : « Vous ne vous êtes pas approchés d’une réalité palpable : feu ardent, obscurité, ténèbres, ouragan, bruit de trompette, et clameur de paroles tel que ceux qui l’entendirent supplièrent qu’on ne leur parlât pas davantage. (…) Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, et de myriades d’anges, réunion de fête et de l’assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, d’un Dieu Juge universel, et des esprits des justes qui ont été rendus parfaits, de Jésus médiateur d’une alliance nouvelle, et d’un sang purificateur plus éloquent que celui d’Abel. » (Hé 12, 18-19. 22-24)

Le médiateur de l’alliance nouvelle qui vient verser son sang purificateur est là sur la route, et il nous appelle à la conversion : « Rejetez donc toute malice et toute fourberie, hypocrisies, jalousies et toutes sortes de médisances. Comme des enfants nouveau-nés désirez le lait non frelaté de la parole, afin que, par lui, vous croissiez pour le salut, si du moins vous avez goûté combien le Seigneur est excellent. » (1 Pi 2, 1-3) Voici l’incorruptible au milieu de ce monde corruptible, l’inébranlable au milieu de ce monde qui s’effondre, voici le Permanent au milieu du provisoire, l’Éternel dans le temporel, la Vie dans la mort, l’Amour dans la haine. Il faut bien écouter pour entendre sa parole de vie, il faut bien regarder sur la croix pour voir jaillir la lumière de son cœur. Nous pensions qu’en le clouant sur une croix, nous pourrions l’empêcher de nous étreindre. Il en descendra et plus bas encore il descendra. Il ne laissera pas le destin de Jean Baptiste dans le plat d’Hérodiade. Il ira le trouver au fond du ventre du monstre marin et il le conduira dans sa maison qu’il a préparée pour Jean Baptiste.

Jésus en passant au bord du lac de Galilée, lui le Filet de Dieu qui vient nous attraper dans ses bras ouverts pour faire de nous des créatures nouvelles, voit dans le jour clair sur le lac calme, Simon et André lancer leurs filets. « Venez derrière moi, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Sortez de vos barques du quotidien et venez dans la barque de l’Éternel, ramener sur les rivages de la vie, la multitude qui se noie dans les eaux de la mort. Un peu plus loin, ce sera Jacques et Jean qui eux préparaient leurs filets, bien assis dans le sable. Jésus les invite à venir à sa suite, dans cette traînée de lumière qui recrée tout sur son chemin. Ces humbles pêcheurs semblent voir la réalité qu’on ne peut voir, ils paraissent toucher la réalité non palpable du salut qui se déroule sous leurs yeux. Le lac est en fête et encore il brille de cet appel des disciples.

« Même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant ce n’est plus ainsi que nous le connaissons. Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. Et le tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec Lui par le Christ et nous a confié le ministère de la réconciliation. Car c’était Dieu qui dans le Christ se réconciliait le monde, ne tenant plus compte des fautes des hommes, et mettant en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc en ambassade pour le Christ; c’est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’avait pas connu le péché, Il l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu. » (2 Cor 5, 16-21)