13 janv. Mc 1, 29-39 : La Bonne Nouvelle incommensurable!

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Évangile :

En quittant la synagogue, Jésus accompagné de Jacques et de Jean, alla chez Simon et André. Or, la belle-mère de Simon était au lit avec de la fièvre. Sans plus attendre, on parle à Jésus de la malade. Jésus s’approcha d’elle, la prit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous les malades, et ceux qui étaient possédés par des esprits mauvais. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit toutes sortes de malades, il chassa beaucoup d’esprits mauvais, et il les empêchait de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ses compagnons se mirent à sa recherche. Quand ils l’ont trouvé, ils lui disent : « Tout le monde te cherche. » Mais Jésus leur répond : « Partons ailleurs, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Il parcourut donc toute la Galilée, proclamant la Bonne Nouvelle dans leurs synagogues, et chassant les esprits mauvais.

Commentaires :

Jésus ne s’attarde pas à la synagogue où il vient de libérer un homme d’un esprit mauvais qui le tourmentait (Mc 1, 21-28). Le cri étrange de l’homme jeté par terre avec violence résonne encore dans les oreilles des disciples. Ce n’était pas la première fois qu’ils voyaient cet homme tourmenté dans la synagogue. Personne ne pensait pouvoir faire quelque chose pour lui. À son approche, tous se demandaient comme s’en libérer pour retrouver leur petite routine religieuse. L’idée de s’interroger pour savoir comment le soustraire à son tourment ne venait au cœur de personne tellement c’était de l’ordre de l’impossible.  

En entendant le forcené crier après Jésus : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth? Es-tu venu pour nous perdre? » Les disciples sont désemparés. Jésus pourtant réagira prestement à ce cri et il fera l’impossible. Il rendra la paix à cet homme. Les disciples ne peuvent effacer de leur mémoire le visage rayonnant et apaisé de l’homme tourmenté ni cette bousculade incompréhensible avant le calme. Ce silence qui a suivi après la tempête demeurait dans le cœur de ceux qui avaient assisté à la scène. 

Que s’est-il passé dans ces quelques instants? Tous sont « saisis de frayeur » devant ce qui vient de se passer. Personne n’a vu cet interlocuteur à qui Jésus s’adressait et qui est sorti de cet homme. Ils n’ont pour seul refuge que la frayeur, l’épouvante. Le choc de la scène passé, ils se tournent vers Jésus en s’interrogeant sur son identité. Que s’est-il passé? Qu’est-ce que cela veut dire? Ils se demandent bien s’ils ont bien vu ce dont ils ont été témoins. Avons-nous rêvé? Est-ce possible qu’il commande aux esprits mauvais et qu’ils obéissent? Est-ce possible que ce Jésus voie des choses que nous ne voyons pas et qu’il puisse agir? Ne s’est-il pas approché de cet homme comme une mère qui se précipite sur la maladie qui accable son enfant malade? 

L’interrogation est à son comble dans le cœur de chacun au sujet de Jésus qui accomplit l’impossible. Les esprits sont encore troublés par ce qu’ils ont vu. Un mélange d’admiration et de frayeur se niche dans le cœur des disciples qui accompagnent Jésus. 

En quittant la synagogue, Jésus se rend chez Simon et André. La belle-mère de Simon était au lit avec la fièvre. Évidemment, Jacques et Jean qui étaient à la synagogue s’empressent d’en parler à Jésus. Ils sont convaincus qu’il aura autorité sur la fièvre comme sur l’esprit mauvais. Que va-t-il bien faire cette fois? Cette femme n’a pas crié son désarroi, elle n’a rien demandé à Jésus, ce sont les disciples qui ont intercédé pour elle. Avec la même ardeur, Jésus s’approche de la femme, il la regarde bien dans les yeux, tout comme on fait en s’approchant de quelqu’un. Jésus lui prend la main qu’elle ne peut tendre et la fait lever. Certains voudraient que l’on empêche la femme de se lever. Jacques et Jean les retiennent. Le visage de la femme retrouve son éclat, la fièvre la quitte. La stupeur se répand dans la maison. Il n’y a pas que les esprits mauvais qui lui obéissent, la maladie et ses maux en font autant. Ce Jésus est un trésor inestimable pour ainsi nous rendre la santé du cœur et du corps. Tous se bousculent pour le servir. La femme malade reprend son droit dans sa demeure et insiste pour le servir. « Comment rendrais-je au Seigneur tout le bien qu’il me fait? » L’atmosphère se fait légère dans la maison, une sécurité plane sur tous en présence d’un tel trésor. Les inquiétudes s’envolent. Une paix qui n’est pas de ce monde envahit la maison et tous se font un autour de Jésus et par lui. 

 « Qu’est-ce que cela veut dire? » Il a un enseignement nouveau, il guérit les malades, chasse les esprits mauvais, c’est vraiment le Messie, se rassurent les disciples. Les disciples s’étonnent que ce pouvoir qu’il exerce sur les esprits mauvais ou sur les maux, Jésus ne l’utilise en rien contre les autorités religieuses, pas plus qu’à l’encontre des autorités civiles. Au contraire, il se livrera pieds et mains liés à ceux qui voudront sa mort. Jésus n’est pas là pour combattre les êtres humains et changer les politiques de ce monde : « ce n’est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes. » (Éph 6, 12) Il nous fallait un Sauveur qui vient d’en haut pour nous fournir une armure pour combattre ce qui nous retient esclaves des tourments, de la maladie et de ses maux et de la mort qui s’en suit. « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 11-14)

La nouvelle est gigantesque, titanesque. Le premier engendré de Dieu est dans la chair pour transformer les êtres de chair et de sang en enfants de Dieu par lui qui va se livrer pour nous en Germe de vie éternelle. Les esprits des cieux sont dans l’adoration devant un Dieu aussi amour, devant un Dieu qui s’abaisse à ce point pour la plus faible de ses créatures afin de l’élever à sa dignité. L’éternité ne suffira pas pour le louer et l’adorer, lui qui n’a pas besoin de nos louanges pour être dans la plénitude, ni de nos chants ni de notre adoration. 

La bonne nouvelle est incommensurable et il faut la répandre, le temps presse et l’esprit de l’être de chair et de sang n’arrive pas à croire qu’il est aimé à ce point et que le dessein d’amour de Dieu sur lui dépasse tous les biens qu’il attend. L’homme ne souhaite qu’un Messie politique, qu’un sauveur provisoire, un économiste génial, un puissant qui fait sentir sa puissance et il n’est rien de tout cela. C’est un Dieu Père qui veut ne perdre aucun de ses enfants les plus faibles, aucun et pour cela, il se donne un cœur de chair et de sang qu’il veut ouvrir pour en faire une source de vie éternelle. 

« C’est le moment, l’heure est venue de sortir de votre sommeil. La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière (Rm 13,11b.13a). » Le combat de la lumière n’a rien à voir avec nos combats pour obtenir victoire. Il n’y a ni violence, ni haine, ni vengeance. Il n’y a que de la lumière comme cette lumière qui se lève chaque matin en silence en chassant l’obscurité de la nuit sans bruit. Tout est en douceur. La lumière inaccessible est venue jusqu’à nous et par sa lumière nous voyons la lumière, cette lumière qui nous éclaire pour nous montrer l’adversaire à combattre qui n’a rien à voir avec notre prochain, notre ennemi ou quelques êtres de chair et de sang. Nous pourrons dire avec Jésus dans nos tourments comme dans nos fièvres : « Silence! Sors de cet homme. » Sors de moi que je demeure dans l’amour de celui qui est venu par amour mourir d’amour pour nous. Sors et laisse-moi rayonner de cette lumière inaccessible qui déchire les cieux et fait voir l’Agneau immolé à la droite du Père. 

Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus se leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait. Jésus n’a pas besoin d’un appui en cherchant à se mettre à l’écart, il veut nous apprendre comment faire pour demeurer dans sa lumière, la prière dans le secret est bien le moyen qu’il nous demande de prendre et c’est lui qui, par sa présence dans ce retrait, nous la rend possible. Sans lui, nous ne pouvons rien faire. « Veillez et priez en tout temps » (Lc 21,36); « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26,41); et encore : « Priez sans cesse » (1Th 5,17). Sans la prière, notre foi s’aveugle et nous oublions bien vite que tout vient de celui qui est venu d’en haut pour nous élever à sa dignité. 

Voyez les disciples rechercher Jésus lorsqu’il s’éloigne. Sans lui, il n’y a pas d’espérance en ce monde qui fonce vers l’abîme à la vitesse de chaque instant qui bascule dans le passé. Les disciples comprendront avec le temps la vérité de la bonne nouvelle que Jésus brûle de répandre partout : à savoir qu’il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement et revêtir l’Homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité. » (Éph 4, 22-24) 

Quelle Bonne Nouvelle! Il faut l’annoncer de nuit et de jour en gardant bien allumé en soi cette lumière inaccessible qui s’est rendue accessible par le Fils de Dieu descendu du ciel pour nous transformer en être de chair et de sang nouveau, là où brille cette lumière qui nous fait voir la lumière de Dieu partout dans la création et dans chacun.
« C’est pour cela qu’il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en oeuvre, rester fermes. Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussures le Zèle à propager l’Évangile de la paix; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais;  enfin, recevez le casque du Salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Vivez dans la prière et les supplications; priez en tout temps, dans l’Esprit; apportez-y une vigilance inlassable et intercédez pour tous les saints. » (Éph 6, 13-18) 

NDC