13 janv, Mc 2, 13-17, Jésus mange avec tous sans exception

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Évangile :
Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac; toute la foule venait à lui, et il les instruisait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau du publicain (collecteur d’impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car il y avait beaucoup de monde. Même les scribes du parti des pharisiens le suivaient aussi, et voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, ils disaient à ses disciples : « Il mange avec les publicains et les pécheurs! »
Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Commentaires :
Jésus sortit de nouveau sur le rivage du lac, ce lac dont il est l’origine et qu’il tient dans sa main : « Oui, le grand Dieu, c’est le Seigneur, le grand roi au-dessus de tous les dieux : il tient en main les profondeurs de la terre,
et les sommets des montagnes sont à lui; à lui la mer, c’est lui qui l’a faite,
et les terres, car ses mains les ont pétries. » (PS 94, 3-5) Jésus connaît bien ce lac, comme il connaît chaque étoile par son nom, rien n’échappe à son intelligence et son amour n’a de cesse de lever le linceul sur l’univers : « Bâtisseur de Jérusalem, le Seigneur! il rassemble les déportés d’Israël, lui qui guérit les coeurs brisés et qui bande leurs blessures; qui compte le nombre des étoiles, et il appelle chacune par son nom. » (Ps 147, 1-4) S’il connaît ainsi les étoiles, les montagnes, les oiseaux, les arbres, les lacs, serait-il ignorant du nom des créatures à son image : « À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles, que tu fixas, qu’est donc le mortel, que tu t’en souviennes, le fils d’Adam, que tu le veuilles visiter? À peine le fis-tu moindre qu’un dieu; tu le couronnes de gloire et de beauté, pour qu’il domine sur l’oeuvre de tes mains; tout fut mis par toi sous ses pieds, brebis et boeufs, tous ensemble, et même les bêtes des champs, l’oiseau du ciel et les poissons de la mer, quand il va par les sentiers des mers. » (PS 8, 4-9) À peine le fis-tu moindre qu’un dieu! Qui peut aujourd’hui nier le fait que nous dominions la nature? Le réchauffement climatique est le résultat de nos activités sur cette planète. Nous avons suffisamment d’armes destructives pour détruire la planète 70 fois et plus, pourtant une seule fois suffit.
Oui, le Seigneur connaît bien chacun des êtres humains à qui il a confié l’ouvrage de ses doigts. Chacun lui est connu, il entend le moindre soupir de l’enfant, le désir inaudible. Son intelligence, qui peut s’en faire une idée? Nous avons l’émerveillement facile pour nos découvertes qui nous permettent de nouvelles technologies, mais tous ces électrons, ces particules élémentaires étaient déjà là. Celui qui a découvert l’Amérique n’est pas à l’origine de ce continent. L’univers et tout ce qu’il contient n’a qu’un seul Père et à lui appartiennent toute gloire, toute intelligence. Sa grandeur de Père créateur est heureusement liée à sa Sainteté, une perfection dans l’amour qui n’est qu’amour du dedans au-dehors, d’une pureté que rien ne peut égaler sur terre. Qui peut trouver grâce à ses yeux, lui qui n’est qu’amour pour tous?
« Il est grand, notre Seigneur, tout-puissant, à son intelligence point de mesure. Le Seigneur soutient les humbles, jusqu’à terre il abaisse les impies. Entonnez pour Yahvé l’action de grâces, jouez pour notre Dieu sur la harpe lui qui drape les cieux de nuées, qui prépare la pluie à la terre, qui fait germer l’herbe sur les monts et les plantes au service de l’homme, qui dispense au bétail sa pâture, aux petits du corbeau qui crient. Ni la vigueur du cheval ne lui agrée, ni le jarret de l’homme ne lui plaît; Yahvé se plaît en ceux qui le craignent, en ceux qui espèrent son amour. » (PS 147, 5-11)
Jésus est sorti sur le rivage du lac, en passant, il aperçut Lévi au bureau de publicains. Il lui dit : « Suis-moi »
N’est-ce pas de ce publicain dont Jésus parlait dans la parabole adressée à « ceux qui se flattaient d’être des justes et n’avaient que mépris pour les autres » (…) « Deux hommes montèrent au Temple pour prier; l’un était Pharisien et l’autre publicain. Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; (…) Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! ’ (Lc 18, 9-11.13)
‘Le Seigneur soutient les humbles, jusqu’à terre il abaisse les impies.’ Disait le psaume 147. ‘Ni la vigueur du cheval ne lui agrée, ni le jarret de l’homme ne lui plaît; le Seigneur se plaît en ceux qui le craignent, en ceux qui espèrent son amour.’ Le Seigneur se plaît en ceux qui reconnaissent le Créateur sous leurs découvertes, en ceux qui avant de mépriser les autres voit les limites de leur amour et ne regarde de haut personne et encore moins le Père. Le Seigneur se plaît en ceux qui ont soif et faim de justice, qui sont artisans de paix, qui pleurent devant les limites de leur sagesse à aimer, qui chérissent la simplicité plutôt que de chercher à monter sur les autres.
Matthieu, malgré sa tâche indigne, espère l’amour du Seigneur, il l’attend dans la misère de sa tâche : ‘Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! ’
Jésus entend bien la voix de Matthieu et Matthieu entendra celle de Jésus :
‘Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.’ (Jn 18, 37) La vérité est amour et celui qui espère l’amour entend la voix de celui qui est amour :
‘Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent; je leur donne la vie éternelle; elles ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main.’ (Jn 10, 27-28)
‘Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs.’
NDC