13 juillet, Mt 11, 25-27: Dieu se fait tout-petit en ce monde pour accomplir de grandes choses!

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Évangile :

En ce temps-là, Jésus la parole : « Père du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. “Tout m’a été confié par mon Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.”

Commentaires :

Des milliers de civières, de chaises roulantes sont poussées dans la grotte de Lourdes par des membres de la famille ou encore des bénévoles! Plusieurs malades ne peuvent lever le bras pour toucher la pierre de la grotte, ils regardent, espèrent une guérison, une grâce pour vivre sereinement l’épreuve. Des milliers de souffrants, toutes les semaines de l’année circulent dans cette grotte sans lumière où la lumière du ciel a brillé quelques instants. Plusieurs certainement s’offrent avec Jésus pour le bonheur de tous. Dans cette multitude qui déambule dans les sanctuaires du monde, dans les lieux de pèlerinages, il y a autant de gens talentueux, géniaux, vertueux, gracieux que dans le monde. Chacun a ses rêves, ses projets, ses attentes, mais la maladie les a rendus petits. Ils sont enfermés dans une chaise, un lit. Ils ont besoin d’un autre pour les lever, les pousser, les conduire dans un lieu ou un autre. Ils n’ignorent pas leur dépendance aux autres. Ils savent bien que leurs chaises perturbent l’esprit du monde et qu’ils ne sont pas bienvenus n’importe où. Peuvent-ils se rendre dans les grands restaurants, les hôtels de luxe, les concerts rock, les cinémas, les festivals de musique ou autres? Ils sont si petits pourtant si dérangeants. C’est leur état qui parle trop fort de la misère de notre condition humaine. Il vaut mieux les garder parqués dans les maisons de vieux, les hôpitaux, les maisons psychiatriques, les orphelinats, dans leurs logements avec leur bière.

Dans les sanctuaires, ils se sentent à leur place, c’est le lieu de la fête pour eux, le lieu de l’espérance. Cloués à un lit depuis leur enfance pour certains, retirés soudainement du monde des loisirs à la suite d’un accident, mourants pour d’autres, handicapés mentaux, ils trouvent tous leurs places. Où trouver un espoir, un sens à ce qui n’en a pas et qui ne pourra jamais y en avoir en ce monde? La maman qui a perdu ses deux enfants aux mains de son mari chirurgien du cœur le sait bien que la seule justice qui la soulagerait, ce serait celle qui lui rend ses enfants. Un représentant de la justice de ce monde aurait beau tuer son mari, cela ne lui apporterait aucun réconfort réel. La seule justice serait de lui rendre ses enfants, bien en vie, souriants.

Ce jour-là autour de Jésus se rassemble une foule immense, il n’y a pas de chaises roulantes à cette époque, ni de civières avec solutés. Ce sont des grabats portés par des amis ou des membres de la famille, des exclus de la synagogue, des aveugles, des sourds, des tourmentés. Il y a aussi les gens qui viennent pour surveiller Jésus, le piéger, le combattre. Ce sont les grands de ce monde et ils veillent à ce que personne ne prenne leur place.

Jésus a quelque chose à leur dire pour donner du sens à ce qui n’en a pas dans notre monde. Il vient leur rendre leur dignité à tous ces exclus qui sont plus nombreux que nous ne l’imaginons. Combien aujourd’hui basculeront dans l’enfer à l’annonce d’une maladie grave ou perdront un être cher dans un accident?

«Père du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. » Dieu est toujours là où un être humain souffre, pour lui dire que sa vie a un sens, il est là avec ceux qui se font petits pour s’approcher des tout-petits :

«Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi!» Alors les justes lui répondront : «Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…? » (…)  “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” » (Mt 25, 34-37. 40)

« Tout m’a été confié par mon Père; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Qui mieux que celui qui est cloué à son lit de malade peut reconnaître le Fils de Dieu sur la croix qui vient le sauver, le racheter de cette vie qui ne va nulle part et l’ouvrir sur la vie éternelle? Dieu se fait voir aux petits et à ceux qui se font assez petits pour voir les plus petits… Il se fait voir comme il nous voit sans que nous le voyions pour ne pas nous enlever cette liberté de l’amour, une liberté qui ne craint en rien de mourir à ce monde pour se faire serviteur des autres.

Malheur à toi Corazine! Malheur à toi Bethsaïde! Comment reconnaîtras-tu le petit près de toi dans qui je suis? Comment reconnaître Jésus qui se fait petit dans sa mangeoire à sa naissance et encore plus petit sur sa croix pour te racheter de la mort et des ses fruits que tu ne veux pas quitter?

« Où est-il, le sage? Où est-il, l’homme cultivé? Où est-il, le raisonneur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde? » (1 Cor, 1:20) Le tout-petit ne reconnaît-il pas la voix de sa mère dans son sein? Il la reconnaît sans la voir, ainsi le tout-petit reconnaît la voix de l’amour qui conduit à la vie éternelle dans ce monde, il la reconnaît, et la suit.

Normand Décary-Charpentier