13 mai, Jn 17, 11b-19 : Jésus prie le Père

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Évangile :
À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, les yeux levés au ciel, il priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné en partage, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais dans la fidélité à ton nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
“Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, en ce monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Je leur ai fait don de ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde. Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les gardes du Mauvais. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
‘Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux, je me consacre moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés par la vérité.’
Commentaires :
Jésus prie, le Fils de Dieu fait homme prie, il prie Dieu le Père qui est en lui et en qui il est, il prie dans l’Esprit qui leur est commun et distinct, car celui qui le voit, ce Jésus fait homme, voit le Père. La terre est en émoi, les cieux s’ouvrent pour laisser passer la parole du Fils de l’homme comme une flèche dans le sein de Dieu, ce sein qu’il laissera s’ouvrir pour nous baigner de sa vie, dans sa mort.
Jésus prie, car l’heure est venue de passer de ce monde à son Père, d’élever notre humanité qu’il a revêtue jusqu’à la droite de Dieu. L’heure est venue de lever le voile sur son amour pour chaque petit enfant à son image sur cette terre, l’heure est venue de répandre l’eau pour les baigner, les laver, les purifier, les faire renaitre dans les eaux de sa mort jaillies de son cœur. L’heure est venue de faire taire les accusateurs de Dieu, ceux-là qui lèvent le poing vers lui pour lui crier qu’il n’est pas amour, ce Dieu qui laisse souffrir et mourir les enfants. Dieu se fait enfant et dès le sein de sa mère, on veut sa mort, dès qu’il est couché dans la mangeoire on veut sa mort, dès qu’il annonce qui il est dans son village, à la synagogue, on veut le précipiter en bas de la falaise, dès qu’il redonne vie au fils unique décédé pour le rendre à sa mère, on veut sa mort, dès qu’il rend la vie à son ami Lazare après quatre jours dans la poussière, on veut sa mort, dès qu’il se rend à Jérusalem, la ville où il a envoyé tant de prophètes pour annoncer sa venue, on veut sa mort comme on a tué tous les prophètes avant lui. L’heure est venue de mourir d’amour pour tuer la mort, de la lance qui le transperce dans sa mort. Jésus est seul avec son Père dans l’Esprit qui les unit à vivre cette grande offrande d’amour. Les anges, archanges et autres puissances se chauffent à ce feu d’amour dont ils ne pouvaient avoir idée.
Le père du mensonge voit son monde précipité dans la lumière de la vérité. Les chaines inapparentes s’étendent d’un bout à l’autre de ce monde, les armées d’esclaves en vêtements de luxe se découvrent n’arrivant pas à croire à la misère dans laquelle ils sont enlisés.
L’heure est venue où les enfants assassinés reprennent vie, où leurs souffrances se perdent dans les plaies de Jésus, où les pleurs se changent en rires de joie devant une éternité de délices dans les effluves provenant des profondeurs du sein de Dieu se répandant dans les cœurs. Il n’y aura plus de doute dans aucun cœur, plus de doute qu’ils sont aimés et que le temps de s’abandonner à aimer comme ils sont aimés est venu.
À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, à l’heure où le passage s’ouvrait pour que la multitude puisse atteindre le rivage où Dieu prépare à chacun sa demeure, Jésus priait. ‘Père saint… Père Sagesse éternelle, Justice et droit, Père en qui rien de faux ne peut tenir, tellement que tu n’es que feu d’amour, lumière de vérité. Père, toujours créateur, toi à qui chaque atome, chaque photon obéit, toi devant qui les montagnes fondent comme cire, toi qui contiens l’infini et l’éternité, toi dont les cieux proclament la gloire, toi qui est une personne, unie en ma personne, en la personne de l’Esprit pour ne faire qu’un. Père saint en qui rien qui entraine la mort n’a de prise, toi qui n’est qu’amour et qui ne laisse place à aucune haine, à la moindre particule de vengeance, toi qui n’est qu’amour et qui te donne sans cesse pour faire briller la joie que rien ne peut enlever.
Père saint, garde mes disciples, fidèles à cet amour dont ils sont aimés afin qu’ils m’aiment de l’amour dont je les aime pour que l’amour dont tu m’aimes soit en eux et que nous soyons en eux dans l’Esprit qui nous unit. Comme Fils de l’homme, Jésus est venu partager notre humanité pour l’élever à sa dignité et faire de nous des enfants de Dieu par le don de son humanité pour nous et ainsi répandre l’Esprit pour nous faire entrer dans l’unité de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit.
Père saint, Père tout amour et rien qu’amour qui mieux que Jésus, ton Fils bien-aimé en qui tu as mis tout ton amour, peut s’adresser à toi pour nous, pour accomplir ton dessein d’amour sur nous, lui qui s’offre par amour jusqu’à la mort afin de nous attirer dans l’étreinte éternelle de ton amour infini.
Père, c’est par un baiser sur la joue de celui qui me vendait que j’ai appelé Judas à se repentir, lui qui, après avoir accompli ce qui était écrit, a préféré se juger lui-même que de me remettre sa condamnation, moi que tu as envoyé comme Juge pour prendre sur moi toute condamnation. Qui plus que la Trinité sainte aimait Judas, elle l’aimait plus qu’il ne pouvait s’aimer lui-même et il restait sourd de cœur à cet amour, anesthésié par son refus de mourir à lui-même pour renaitre par celui qui meurt pour lui. Il préférait se donner la mort par lui-même, se faire son propre juge et recevoir à la mesure dont il avait mesuré pour les autres.
‘Marie, prenant une livre d’un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux; et la maison s’emplit de la senteur du parfum. Mais Judas l’Iscariote, l’un des disciples, celui qui allait le livrer, dit : ‘Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cents deniers qu’on aurait donnés à des pauvres?’ (Jn12, 3-4-5) Judas ne voit pas qu’il est ce pauvre qui a besoin que Jésus meure pour le faire revivre par le parfum de sa résurrection, il ne sent pas la bonne odeur de la vie qui se répandra dans tous les pauvres jusqu’à la fin des temps pour les conduire à la vie éternelle.
Le prix de ce parfum que Marie verse sur Jésus, même s’il valait le prix de toutes les richesses de ce monde, ne serait rien à comparer à la valeur inestimable du don que Jésus fait de sa vie pour la multitude. Judas calcule comme si ce monde était l’absolu et ce monde qui passe n’a rien d’un absolu, c’est le monde nouveau que Jésus instaure dans ce monde qui a de la valeur, parce qu’il lui donne sens. Il n’y aura plus de pauvres, d’esclaves, de malades, de pleurs, ce n’est qu’une question de temps, le temps que tous les enfants du premier Adam voient le jour et puissent renaitre dans le Nouvel Adam et de son côté ouvert.
Parfume-nous Christ Jésus, le Oint de Dieu, l’Élu de Dieu, que nous puissions avec toi nous élever de ce monde et vivre dans ce monde comme si nous n’étions pas de ce monde et répandre ton Esprit d’amour pour faire avancer la civilisation de l’amour.
‘Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent’ (Ps 85,11)
L’amour est venu à notre rencontre pour se donner pour nous afin de nous faire entrer dans la vie éternelle et c’est là, la Vérité. Il n’y a pas d’autres mots que son sang qui coule pour nous purifier, jusqu’à l’eau qui sortira de son cœur mort pour nous baptiser dans sa mort. Amour et Vérité se dévoilent sur la croix et c’est à notre tour de la prendre pour mourir avec lui par amour pour les autres.
NDC