14 avril, Lc 23, 1-49, La passion de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 In Méditer les écritures


Évangile :

Quand l’heure fut venue, Jésus se mit à table, et les Apôtres avec lui.
Il leur dit : « J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir !
Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement réalisée dans le royaume de Dieu. »
Il prit alors une coupe, il rendit grâce et dit : « Prenez, partagez entre vous.
Car je vous le déclare : jamais plus désormais je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que vienne le règne de Dieu. »
Puis il prit du pain ; après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Et pour la coupe, il fit de même à la fin du repas, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.
Cependant la main de celui qui me livre est là, à côté de moi sur la table.
En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux l’homme qui le livre ! »
Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres lequel d’entre eux allait faire cela.
Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ?
Mais il leur dit : « Les rois des nations païennes leur commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs.
Pour vous, rien de tel ! Au contraire, le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert.
Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves.
Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi.
Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le froment.
Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu sera revenu, affermis tes frères. »
Pierre lui dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. »
Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que, par trois fois, tu aies affirmé que tu ne me connais pas. »
Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans argent, ni sac, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose ? »
Ils lui répondirent : « Mais non. » Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a de l’argent, qu’il en prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une.
Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les pécheurs. De fait, ce qui me concerne va se réaliser. »
Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »
Jésus sortit pour se rendre, comme d’habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.
Arrivé là, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. Se mettant à genoux, il priait :
« Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. »
Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.
Dans l’angoisse, Jésus priait avec plus d’insistance ; et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient jusqu’à terre.
Après cette prière, Jésus se leva et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis à force de tristesse.
Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Il parlait encore quand parut une foule de gens. Le nommé Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour l’embrasser.
Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »
Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : « Seigneur, faut-il frapper avec l’épée ? »
L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite.
Jésus répondit : « Laissez donc faire ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit.
Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, chefs des prêtres, officiers de la garde du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?
Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous ne m’avez pas arrêté. Mais c’est maintenant votre heure, c’est la domination des ténèbres. »
Ils se saisirent de Jésus pour l’emmener et ils le firent entrer dans la maison du grand prêtre. Pierre suivait de loin.
Ils avaient allumé un feu au milieu de la cour et ils s’étaient tous assis là. Pierre était parmi eux.
Une servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. »
Mais il nia : « Femme, je ne le connais pas. »
Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu en fais partie. » Pierre répondit : « Non, je n’en suis pas. »
Environ une heure plus tard, un autre insistait : « C’est sûr : celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. »
Pierre répondit : « Je ne vois pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta.
Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre ; et Pierre se rappela la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et pleura amèrement.
Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le maltraitaient.
Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? »
Et ils lançaient contre lui beaucoup d’autres insultes.
Lorsqu’il fit jour, les anciens du peuple, chefs des prêtres et scribes, se réunirent, et ils l’emmenèrent devant leur grand conseil.
Ils lui dirent : « Si tu es le Messie, dis-le nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ;
et si j’interroge, vous ne répondrez pas.
Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite du Dieu Puissant. »
Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « C’est vous qui dites que je le suis. »
Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes nous l’avons entendu de sa bouche. »
Ils se levèrent tous ensemble et l’emmenèrent chez Pilate.
Ils se mirent alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le désordre dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et se dit le Roi Messie. »
Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi qui le dis. »
Pilate s’adressa aux chefs des prêtres et à la foule : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. »
Mais ils insistaient : « Il soulève le peuple en enseignant dans tout le pays des Juifs, à partir de la Galilée jusqu’ici. »
A ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.
Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya à ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.
A la vue de Jésus, Hérode éprouva une grande joie : depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle.
Il lui posa beaucoup de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.
Les chefs des prêtres et les scribes étaient là, et l’accusaient avec violence.
Hérode, ainsi que ses gardes, le traita avec mépris et se moqua de lui: il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate.
Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant ils étaient ennemis.
Alors Pilate convoqua les chefs des prêtres, les dirigeants et le peuple.
Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant de mettre le désordre dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous, et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.
D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.
Je vais donc le faire châtier et le relâcher. »

Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. »
Ce dernier avait été emprisonné pour un meurtre et pour une émeute survenue dans la ville.
Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole.
Mais ils criaient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »
Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le faire châtier, puis le relâcher. »
Mais eux insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient.
Alors Pilate décida de satisfaire leur demande.
Il relâcha le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, celui qu’ils réclamaient, et il livra Jésus à leur bon plaisir.
Pendant qu’ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.
Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus.
Il se retourna et leur dit : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants !
Voici venir des jours où l’on dira : ‘Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !’
Alors on dira aux montagnes : ‘Tombez sur nous’, et aux collines : ‘Cachez-nous’.
Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »
On emmenait encore avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.
Lorsqu’on fut arrivé au lieu dit : Le Crâne, ou Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche.
Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.
Le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui. S’approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée,
ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu n’as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne. »
Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
Il était déjà presque midi ; l’obscurité se fit dans tout le pays jusqu’à trois heures, car le soleil s’était caché.
Le rideau du Temple se déchira par le milieu.
Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.
A la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendait gloire à Dieu : « Sûrement, cet homme, c’était un juste. »
Et tous les gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, voyant ce qui était arrivé, s’en retournaient en se frappant la poitrine.
Tous ses amis se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, et qui regardaient.
Alors arriva un membre du conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste.
Il n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le royaume de Dieu.
Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus.
Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.
C’était le vendredi, et déjà brillaient les lumières du sabbat.
Les femmes qui accompagnaient Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé.
Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Commentaires :

Une machine à voyager dans le temps nous transporte à Jérusalem quelques jours avant la Pâque juive à l’époque de Jésus. Que faire en mettant le pied sur le sol de Jérusalem! Courir retenir Judas qui s’en va trouver les chefs des prêtres et lui offrir plus que trente pièces d’argent pour son silence. Aller se présenter au Grand Conseil pour tenter de leur expliquer l’identité de Jésus. Qui serait capable d’entendre ce que nous pourrions raconter sur Jésus? Nous pourrions citer les passages de l’Écriture que Jésus a déjà accomplis, leur parler du serviteur souffrant dans Isaïe, du bâton de Moïse qui fait un passage dans la mer comme Jésus l’ouvrira dans la mort, du pain de vie, de l’Agneau de Dieu comme le disait Jean le Baptiste, de la nouvelle Pâque, de sa résurrection des morts, de la Nouvelle Alliance, de sa divinité, de son humilité, de sa douceur, de sa parole! Ils n’entendraient rien à tout cela. Jésus leur a déjà dit lui-même et ils cherchent à le faire mourir. Ils ne voient pas, ils ne veulent pas voir que Jésus accomplit l’Écriture. Ils ne voient pas qu’ils jouent le rôle des verseurs du sang des prophètes tout en croyant défendre l’Écriture contre les imposteurs.    « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes, vous décorez les sépulcres des justes, et vous dites : “Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.” Ainsi vous témoignez contre vous-mêmes : vous êtes bien les fils qui ont assassiné les prophètes. Eh bien! vous, achevez donc ce que vos pères ont commencé! » (Mt 23, 29-32)

Nous aurions beau retourner à Jérusalem rien ne changerait. Jésus a vraiment tout fait pour les rassembler, lui qui vient d’avant la création du monde. L’Éternel s’est introduit dans le temps, il a pris notre nature humaine pour la sauver de l’emprise du mal et de la mort. Il a tout fait pour se faire comprendre, pour rassembler, pour unifier, pour éviter souffrances et malheurs : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes, toi qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu. Maintenant, Dieu abandonne votre Temple entre vos mains, et il restera désert. En effet, je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’au jour où vous direz : “Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.” » (Mt 23, 37-39)

Pourront-ils un jour reconnaitre celui qui vient au nom de Dieu? Pourquoi certains l’ont-ils reconnu?

Imaginez si nous parlions aux habitants de Jérusalem, de Ipod, Ipad, téléphone cellulaire, satellite, avions à réaction, télévision, énergie atomique, et quoi encore, que pourraient-ils comprendre? Les ondes, les champs magnétiques, les microbes, les virus, les galaxies, ce sont là toutes des choses présentes à ce moment de l’époque de Jésus, mais ces réalités étaient totalement ignorées. Nous sommes parvenus à les comprendre avec le temps. Aujourd’hui, il n’y a rien de mystérieux à regarder l’insurrection qui se déroule en Égypte tout en étant à des milliers de kilomètres.

Dieu connait bien la nature humaine et il a pris le temps de préparer les cœurs et les esprits afin d’être compris et accueilli. C’est pourquoi certains l’acceptent et d’autres le refusent. L’Écriture fournit ce qu’il faut à l’intelligence pour reconnaitre celui qui vient au nom de Dieu. Le mauvais riche voulait que le pauvre Lazare apparaisse à ses frères afin qu’ils changent : « Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! Non, père Abraham dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” » (Lc 16, 29-31)

Pendant deux mille ans, les prophètes ont annoncé le Messie et les signes pour le reconnaitre. Il est venu au temps fixé et il reviendra au temps prévu par le Père, tout en respectant la nature humaine que le Père veut sauver en entier. Ce n’est pas une affaire d’électronique, d’énergie quantique que la vie dans l’esprit, que la compassion, la vie éternelle, l’amour, la gratitude, la justice, la paix, la bonté. Nous ne pouvons mettre en éprouvette l’amour, pas plus que la justice, ce sont des réalités de tous les temps. Nous sommes passés de la loi du plus fort à la loi du Talion avec Moïse et Jésus, Lui, nous apporte la grâce du pardon. « À celui qui te frappe sur une joue, présente l’autre. » Celui qui vient d’en haut rend possible l’impossible, il redonne vie à l’amour vrai, brise la division pour refaire l’unité et pour cela, il prend tout sur lui. Il se fait pain et breuvage pour nous aider à traverser cette terre d’exil et nous conduire à la Terre promise.

Qui peut le comprendre, en ce temps de la pâque juive, ce Jésus? Il n’a rien d’un extra-terrestre. Il s’est fait homme pour sauver l’homme et l’élever à la dignité de sa nature divine. Qui peut le comprendre, lui qui vient d’au-delà du temps et de l’espace, d’avant le temps et qui s’enferme dans le temps et l’espace pour donner un sens à notre histoire afin qu’elle s’ouvre sur des espaces éternels?

« J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu; et ce qui va venir, il vous le fera connaitre. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaitre. Tout ce qui appartient au Père est à moi; voilà pourquoi je vous ai dit : il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaitre. D’ici peu, vous ne me verrez plus; et, encore un peu après, vous me reverrez. » (Jn 16, 12-16)

À Jérusalem, les esprits sont tournés vers la préparation de la Pâque. Les gens font mémoire du passage de l’ange de Dieu qui frappa les maisons des Égyptiens dont le linteau de la porte n’était pas marqué du sang de l’agneau. Ils font mémoire du passage de la mer Rouge à pied sec qui se referme sur ses poursuivants. Ils mangent le pain sans levain pour se souvenir qu’au départ de l’Égypte, le pain n’avait pu lever.

Jésus célèbre la Pâques nouvelle qui est libération de l’esclavage du mal et de la mort. Il ouvrira le passage en prenant sur lui tous nos péchés : par sa mort sur la croix, il scellera la nouvelle alliance en son sang. Par sa mort et sa résurrection, il ouvrira le passage dans la mort pour nous conduire à la vie éternelle.

Jésus est seul avec son Père et l’Esprit pour célébrer cette grande libération de toute l’humanité. Encore aujourd’hui, qui prend le temps d’écouter sa parole qui veut nous unir à son Père et nous donner l’Esprit comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes? Nous courons comme Judas le vendre pour quelques avantages, nous courons le vendre pour quelques doutes que nous ne prenons pas le temps d’approfondir vraiment. Nous participons à sa Pâques, inquiets de toutes les souffrances de la vie, de la mort et comme les disciples nous fuyons au temps de l’épreuve.

Il faut prendre le temps d’accueillir cette merveilleuse nouvelle que nous sommes aimés à ce point. Il faut prendre le temps de s’abandonner dans les bras de Dieu et de le laisser nous conduire et nous nourrir afin de demeurer dans son amour et l’amour des autres. Oui : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jn 3-16)

NDC