14 fév, Mc 7, 24-30 : Le temps de la loi et le temps de la foi!

 In Méditer les écritures

Évangile :
Jésus se rendit dans la région de Tyr. Il était entré dans une maison, et il voulait que personne ne sache qu’il était là; mais il ne réussit pas à se cacher. En effet, la mère d’une petite fille possédée par un esprit mauvais avait appris sa présence, et aussitôt elle vint se jeter à ses pieds. Cette femme était païenne, de nationalité syro-phénicienne, et elle lui demandait d’expulser le démon hors de sa fille.
Il lui dit : « Laisse d’abord les enfants manger à leur faim, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » Mais elle lui répliqua : « C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants. » Alors il lui dit : « À cause de cette parole, va : le démon est sorti de ta fille. »
Elle rentra à la maison, et elle trouva l’enfant étendue sur le lit : le démon était sorti d’elle.
Commentaires :
Jésus se rend dans la région de Tyr, une région du sud Liban d’aujourd’hui, une terre étrangère, soumise à la paix romaine à cette époque. Il se rend dans une maison et il ne veut que personne ne le sache. « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » (Mt 8, 20) Jésus n’ignore pas qu’il n’a pas d’endroit où reposer la tête et ce n’est pas un endroit de repos qu’il cherche en voulant ainsi se retirer sans que personne ne le sache. « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son oeuvre à bonne fin. » (Jn 4, 34) Jésus est dans la trentaine, il brûle d’amour et il ne cherche en rien quelques endroits pour se reposer. Il se rend docile à l’Esprit, lui qui a été engendré par l’Esprit, il est rempli de l’Esprit et il va où l’Esprit souffle : « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. » (Jn 3, 8) Jésus est né de l’Esprit et il vient pour nous faire renaitre de l’Esprit afin que, comme lui, nous soyons guidés par l’Esprit pour mener à terme le dessein d’amour de Dieu le Père.
Jésus n’est pas là pour perdre du temps, chaque instant est précieux, chaque instant a des proportions dont nous n’avons pas idée. N’est-ce pas en un instant que la vie peut être changée du tout au tout? Chaque instant a des dimensions d’éternité et Jésus ne veut en perdre aucun : « Veillez et priez sans cesse pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » (Mt 26, 41) Le repos, il se trouve en Dieu seul : « En Dieu seul le repos pour mon âme, de lui mon salut; lui seul mon rocher, mon salut, ma citadelle, je ne bronche pas. (…) En Dieu seul repose-toi, mon âme, de lui vient mon espoir; lui seul mon rocher » (Ps 62, 2-3.6-7)
Jésus est là où le Père veut qu’il soit, tout comme il se rendra à Jérusalem au moment voulu et qu’il se livrera au moment où se sera le temps d’accomplissement des Écritures. Nous ne sommes pas dans l’improvisation avec Jésus, nous sommes dans l’Esprit. Dieu est un Dieu caché et heureux est-il lorsque nous le trouvons. Il se cache de l’orgueilleux et se révèle aux petits. « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. Tout m’a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » (Mt11, 25-27)
Oui, il y a cette petite fille qu’un esprit de mort garde sous son emprise, il y a cette mère, sa mère, cette petite femme qui n’a d’importance aux yeux de personne, surtout de ceux qui s’arrogent le titre d’être de la descendance d’Abraham et d’être les uniques héritiers de la promesse qui lui a été faite de la part de Dieu. Jésus est là pour cette mère étrangère, pour cette syro-phénicienne, cette païenne, il est là pour la multitude à venir sur tous les continents. Dieu n’est pas un trésor matériel que quelques privilégiés pourraient enfermer dans leur coffre. Il est tout à tous, plus que l’air que chacun respire, plus que l’espace dans lequel nous bougeons, il est le Mouvement, la Vie et l’Être.
Jésus vient ouvrir le temps de la foi, de la foi qui purifie le cœur, de la foi qui engendre des enfants à Dieu : « Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. » (Jn 1, 12-13) Jésus est à Tyr pour préparer le cœur de ses disciples à répandre la foi en son nom dans toutes les nations, pour décloisonner leurs esprits et les ouvrir à la fraternité universelle.
Écoutez ce que Jésus dit à ceux qui l’écoutent à propos du centurion qui croit en lui : « En vérité, je vous le dis, chez personne je n’ai trouvé une telle foi en Israël. Eh bien! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le Royaume des Cieux, tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres extérieures : là seront les pleurs et les grincements de dents. » Puis il dit au centurion : « Va! Qu’il t’advienne selon ta foi! » Et l’enfant fut guéri sur l’heure. » (Mt 8, 10-13)
Lorsque cette merveilleuse mère, dont il est le Créateur, se jette à ses pieds, qu’elle n’est pas la tendresse de Jésus pour cette femme syro-phénicienne! Il la dépouillera de ses préjugés et de ses craintes pour qu’elle trouve son salut dans sa foi en lui. En lui disant qu’il donne d’abord la nourriture aux enfants et non aux petits chiens, il lui dit qu’elle n’est pas un chien et que son salut est aussi pour elle et qu’elle peut s’asseoir à table et devenir enfant de Dieu par sa foi. Elle entendra bien la tendresse de l’Esprit du Père sous les propos de Jésus, elle verra bien la réalité de son amour qu’on ne peut voir que par la foi et elle répondra : « C’est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des petits enfants. » Devant une telle foi, la divinité de Jésus agit à l’instant et transforme la vie de cette femme et de sa fille. Elles retrouvent la vie, cette vie qui conduit à la vie éternelle.
« Avant que vienne le temps de la foi, nous étions des prisonniers, enfermés sous la domination de la loi de Moïse, en attendant l’heure où la foi serait révélée. » (Gal 3, 23) Le temps de la foi est ouvert en Jésus, le temps de la division entre les juifs et les païens est révolu. Le temps de l’unité est ouvert, le temps de la justice, de la paix.
« Et maintenant qu’est venu le temps de la foi, nous ne sommes plus sous la domination de ce surveillant. Car en Jésus Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ; il n’y a plus ni juif ni païen, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, c’est vous qui êtes la descendance d’Abraham; et l’héritage que Dieu lui a promis, c’est à vous qu’il revient. » (Gal 3, 25-29)
Il est fini le temps des chiens, le temps des païens, le temps de la division, le temps de la haine. Le temps de la foi est venu, ce temps qui purifie le cœur et fait voir Dieu dans son Fils qui donne sa vie pour donner à ceux qui croient le pouvoir de devenir enfants de Dieu.
« Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient — et c’est maintenant — où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. » La femme lui dit : « Je sais que le Messie doit venir, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, il nous expliquera tout. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. » (Jn 4, 21-26) « Ce n’est plus sur tes dires que nous croyons; dirent les samaritains à la femme, nous l’avons nous-mêmes entendu et nous savons que c’est vraiment lui le sauveur du monde. » (Jn 4, 42)
Jésus ne laissera sans vie aucun de ceux qui l’accueillent et croient en son nom : « Je ne vous laisserai pas orphelins. Je viendrai vers vous. Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus. Mais vous, vous verrez que je vis et vous aussi, vous vivrez. Ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père et vous en moi et moi en vous. » (Jn 14, 18-20)
En Jésus Christ, vous êtes tous enfants de Dieu par la foi!
NDC