14 juillet, Mt 10, 16-23 : La fleur et le char d’assaut!

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Évangile :

Jésus disait aux douze Apôtres : « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. » Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues; vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d’eux et des païens. Mais, lorsqu’on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. « Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. “Si l’on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l’on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième; en vérité je vous le dis, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme.”
Commentaires :

Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups, voilà un rapport de force disproportionné, aussi bien dire, je vous envoie avec une chandelle dans un vent de tempête, avec une fleur devant un char d’assaut. Mais celui qui parle est qualifié d’Agneau de Dieu par Jean le Baptiste, il ne demande pas ce que lui-même ne fait pas. Il vient au milieu de nous pour être dévoré, là est tout le mystère de la folie de la croix qui est sagesse de Dieu. Ce n’est pas la force du cheval qui fait la victoire, dit le psaume, ce n’est pas la force de Goliath qui lui a donné la victoire. Nous sommes brebis de l’extérieur, mais au-dedans nous nous devons d’être torrents infranchissables de vie.

Oui, frère loup que ta morsure fasse jaillir le sang de mon amour pour l’amour de Dieu et fasses que tu t’y noies dans une extase d’amour pour t’élever vers la communion, dans l’Église et devenir un frère parmi les frères, car sans toi, il me manque une partie de moi, frère loup. Viens, montre ta force et je te montrerai mon affection. Ma douleur sera grande, mais ma paix n’en sera que grandie, car mon cœur gardera pour toi le désir de faire fléchir tes pattes devant le Dieu crucifié qui te pardonne. Oui frère loup, mords, tu soulageras ta faim, mais ton cœur sera souffrant et pour plus de temps que ma plaie ne se cicatrise. Ma bouche sera pleine de rires et mes lèvres de chansons à la musique de l’Esprit en mon sein. Ne me mords pas frère loup, soulage ton âme et oublie ta faim, tu trouveras bien à te soulager si tu vis en frère.

Rusé comme le serpent et doux comme la colombe, il ne faut pas être rusé pour éviter d’annoncer la Bonne Nouvelle à notre frère loup, mais pour le soulager de sa souffrance de se nourrir de l’autre pour assurer sa vie. Non, il faut que tu tendes l’autre joue, la souffrance est brève pour celui qui la reçoit par amour pour l’autre, non par lâcheté, car pour aucun prix il vendrait le bouclier à l’effigie du visage du Christ, pour aucun prix il cèderait la paix du Christ pour quelques sécurités ou conforts, ou pouvoirs, ou gloires, ou honneurs, ou prestige.

Rien n’est plus fort que l’amour! Même la mort se fait notre sœur, son obscurité est maintenant inondée de la lumière de Pâques et sa morsure devient douce, car elle se fait passage vers la vie pour celui qui garde la Vie du Christ en lui.

Oh! Comme elle est douce la parole du Seigneur, sois brebis et ne craint plus le loup, devant ton courage de l’aimer, il perdra l’appétit et te demandera de danser, il n’entendra pas la musique encore, mais il la sentira dans tes yeux, il verra ce printemps éternel, cette aube et sa douce brise, ce vent de mer qui dort sur les vagues. Il se redressera pour te protéger, craignant de perdre l’instant qui l’a fait rêver que, pour être loup, il n’est pas nécessaire de dévorer l’autre. Et dans sa tanière, il fuira pour pleurer et il y retrouvera Pierre qui n’arrive pas à se pardonner et qui pleure d’être tant aimé. La mort n’a plus de prise, elle s’évanouit comme la brume au soleil levant. Et depuis ce jour, les loups hurlent le salut dans la nuit de pleine lune qui ramène à leur souvenir l’histoire de ce loup mort d’amour dans sa tanière. Je vous envoie comme des brebis, mais ne craignez rien de ce que vous aurez à dire, craignez de ne pas aimer et de vous laisser emporter loin de moi et de mon amour, craignez de ne plus croire que la vie est plus forte que la mort et que les dents du loup ne sont rien en comparaison avec les dents de la haine qui ronge les entrailles.

Oui, soignez des brebis et ne craignez aucun pré, ils sont tous à vous. Mais pourquoi toute cette haine devant l’amour, ce déchainement qui cause de si profondes ruptures entre les êtres les plus chers? Pourquoi? Plus la peur est grande, plus grande est la souffrance pour assouvir sa peur de manquer de quelque chose pour survivre et celui qui n’a pas peur blesse la peur de l’autre qui ne comprend pas que sa force ne suscite pas l’effroi attendu et il ne peut comprendre cette force qui illumine la faiblesse. Comment renoncer à ce dont il est sûr pour quelque chose qui ne se manifeste qu’intérieurement? N’est-ce pas une maladie que cette folie de la croix? Oui, ses forces se déchaineront pour faire disparaitre de la terre ce chant qu’il n’arrive pas à entendre, mais dont il voit les fruits. Et ils frapperont, frapperont et le sang coulera, coulera et la vie de plus en plus fera entendre son chant quand je serai élevé sur la croix et que de mon côté coulera un fleuve d’eau vive pour vous purifier de toutes vos ruptures, pour vous sanctifier de tous vos désirs de morts et vous faire renaitre à la vie éternelle, transfigurés par la lumière de l’obscurité de la troisième heure où tout sera accompli. Dites-leur que vous les aimez et s’ils s’obstinent à vous dévorer, fuyez, fuyez en dansant vers une autre ville pour encore une fois, chanter la vie et son Créateur et surtout ne vous inquiétez pas de ce que vous direz, tout vous sera donné en son temps. Brebis, brebis, brebis, de ta laine, fais des tuques et des mitaines pour tous ces cœurs gelés qui ne demandent pas mieux que de se réchauffer, pour retrouver le goût de parler d’amour. Il y a encore si peu de temps pour aimer et le temps est si long à haïr. Lève les yeux dans ta fuite dansante, vois à l’horizon, le Seigneur viens, il vient et avec toi il veut prendre tous ceux qui te poursuivent. Ils savent au fond d’eux-mêmes qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, mais ils ne peuvent cesser de te poursuivre parce que tu sens la vie, sœur brebis, tu sens ce pain d’Eucharistie. Ils l’ignorent, mais leurs âmes le savent. Dors, dors petite brebis et ne craint plus la nuit, je viens et les loups enfin voudront être brebis et ensemble nous retrouverons le lieu de la fête autour de la table où nous serons comblés de la lumière de l’Amour.

NDC