14 juillet, Mt 11, 28-30: Le repos du dedans à l’école de Jésus

 In Méditer les écritures

Évangile :

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Commentaires :

Si quelqu’un disait dans notre petit monde où l’économie règne en maître : « Venez à moi, vous les investisseurs qui peinez pour trouver les bons placements, et moi, je vous procurerai la tranquillité économique. Prenez sur vous mes méthodes, devenez mes adeptes… Avec l’état actuel du marché boursier et les pertes que plusieurs investisseurs subissent, les spéculateurs sont devenus très méfiants.

Ils écoutaient les présidents d’entreprise, ils leur faisaient confiance et voilà qu’ils prennent conscience que ces gens qu’ils respectaient et admiraient les ont trahis et qu’ils leur mentaient pour les attirer et les dépouiller. Maintenant qu’ils sont sans moyen, ils sont abandonnés. La liberté économique qu’ils comptaient prendre le plus tôt possible s’est évaporée. Le fardeau qui s’allégeait sur leurs épaules est maintenant quadruplé. Ils se voient obligés de continuer à travailler plusieurs années pour espérer atteindre la situation qu’ils avaient avant. Alors, lorsqu’ils entendent quelqu’un se soucier d’eux, ils se sentent interpellés, car ils n’ont pas le choix tellement le poids est lourd à porter et en même temps, ils ne croient plus en personne.

Alors que peuvent bien comprendre ces gens quand ils entendent Jésus leur dire de venir à lui pour se délester du poids de leur quotidien et trouver le repos? Comment cet homme à l’allure modeste peut-il nous libérer du poids de notre fardeau financier qui nous fait tant peiner? De toute manière, ils n’entendent plus grand-chose avec le poids qu’ils portent. Ils ont le cœur plein d’inquiétude et de rage à la fois, ils n’osent plus regarder l’avenir tellement il se fait sombre. Ils ne pensent qu’au passé qu’ils voudraient changer… Quel repos pourrait nous apporter ce modeste charpentier?

La femme du puits de Jacob peut nous donner une idée de l’état d’esprit de ceux qui l’entendent : “Jésus, fatigué par la marche, se tenait donc assis tout contre le puits de la source de Jacob. C’était environ la sixième heure. Une femme de Samarie vient pour puiser de l’eau. Jésus lui dit : ‘Donne-moi à boire.’(…) La femme samaritaine lui dit : ‘Comment! toi qui es juif, tu me demandes à boire à moi qui suis une femme samaritaine?’ (Les Juifs en effet n’ont pas de relations avec les Samaritains.)  Jésus lui répondit : ‘Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive.’” (Jean 4:6 -7. 9-10) La femme voit un homme fatigué qui lui demande de l’eau et cet homme lui dit que c’est lui qui pourrait lui donner à boire et en le voyant, elle voit bien qu’il n’a pas d’eau. Comme ces hommes fatigués du poids qu’ils portent voient un homme leur proposer le repos quand ils savent bien que sa vie n’est pas de tout repos et que même les autorités cherchent à le faire condamner. “Elle lui dit : ‘Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où l’as-tu donc, l’eau vive? Serais-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits et y a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses bêtes?’ Jésus lui répondit : ‘Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau; mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif; l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle.’” (Jn 4, 11-14) La samaritaine tente de le remettre à sa place en lui demandant pour qui il se prend pour dire une telle chose sans avoir de quoi pour puiser l’eau. Elle deviendra ironique en lui disant : ‘Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif et ne vienne plus ici pour puiser.’” (Jn 4, 15)

C’est ici que Jésus va descendre dans le puits de son âme et lui rafraîchir les idées pour la soulager du poids qu’elle cache et qui la fait se sentir coupable devant la loi… “Il lui dit : ‘Va, appelle ton mari et reviens ici.’ La femme lui répondit : ‘Je n’ai pas de mari.’ Jésus lui dit : ‘Tu as bien fait de dire : ‘Je n’ai pas de mari’, car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari; en cela tu dis vrai.’ La femme lui dit : ‘Seigneur, je vois que tu es un prophète…” (Jn 4, 16-19) Il ne lui dit pas de retourner avec le premier mari, ni ne la condamne, il se révèle à elle pour lui dire que la joie de Dieu est pour elle aussi malgré son exclusion.

Le repos qu’il apporte est au-dedans et il donne sens au poids du dehors pour le transformer : “‘Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.” (Matthieu 16:24) Il est inévitable le fardeau en ce monde maintenant et la seule manière de le porter c’est en s’offrant avec lui par amour dans l’esprit par l’Esprit pour le monde. “ Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix; et le troisième jour, il ressuscitera.” » (Matthieu 20:18-19) Il ressuscitera, il fera jaillir dans la mort les sources de la vie, il fera jaillir la lumière dans les ténèbres, il fera sourdre dans le mal, la guérison par ses blessures. Prenez sur vous mon joug pour porter votre joug et il sera facile à porter, car il le portera pour nous en nous. « “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. » (Jean 14:23) Si quelqu’un croit en lui, crois qu’il est l’envoyé du Père qui vient d’en haut, il viendra en lui pour porter son fardeau et lui donner sa paix et sa joie malgré toutes les inévitables souffrances de ce monde. « Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre coeur ne se trouble ni ne s’effraie. » (Jean 14:27) Ce n’est pas le fardeau qu’il enlève, c’est l’état d’esprit avec lequel nous le portons qu’il donne par son Esprit pour en faire un moyen de donner la vie. « Mais l’heure vient — et c’est maintenant — où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père. » (Jn 4, 23) La véritable adoration c’est de s’offrir avec celui qui s’offre pour nous pour les autres. « Heureux les coeurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. » (Matthieu 5:8 -9) Un joug facile à porter, un fardeau léger pour celui qui sait se laisser porter par l’Esprit pour le conduire sur les chemins de la vie en ce monde où la mort et le mal règnent en maîtres. Ce n’est pas un enseignement secret, c’est une parole de vie pour tous, du plus petit au plus grand, du plus ignorant au plus savant, du plus faible au plus fort. Tout le monde peut vivre son enseignement. Ce n’est pas seulement une petite élite possédant un capital de vertus qui peut se mettre à l’école de Jésus pour s’enrichir de sa grâce.

Les investisseurs se mettront encore à l’école de quelques gourous de la finance, ils chercheront encore un maître pour leur assurer le repos économique, mais qui cherchera à investir dans l’amour des autres, de prendre le risque de tout perdre avec celui qui perd tout pour nous et cela jusqu’à la dernière goutte de son sang. Qui est le plus fiable? Celui qui nous promet le repos avec son sang ou celui qui nous promet la richesse avec notre argent?

Normand Décary-Charpentier