14 juin, Mt 5,20-26 : La tristesse de ne pas être des saints!

Home / Méditer les écritures / 14 juin, Mt 5,20-26 : La tristesse de ne pas être des saints!

Évangile :
Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu’un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu’un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.
Commentaires :
« La seule tristesse, dit Léon Bloy, c’est de ne pas être des saints. » La seule tristesse, la seule cause de la tristesse, c’est de ne pas être des saints. Prendre conscience de ce que nous devrions être pour atteindre la plénitude de ce que nous sommes est déjà un pas pour chercher à l’atteindre.
Les scribes et les pharisiens veulent être des justes et pour cela, ils se flattent de l’être et ils n’ont que mépris pour les autres. Ils ne partagent pas cette tristesse de Léon Bloy de ne pas être saint, ils le sont déjà et ils se vautrent dans la suffisance. Leurs cœurs laissent monter des fumées de mépris, d’arrogance, de condescendance, de dédain envers les autres qui ne sont pas des saints comme eux. Ils ont le cœur tout occupé à se contempler l’ego, à s’empiffrer de compliments : « Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j’acquiers. » (Lc 18, 11-12) Le cœur du pharisien s’enfonce si profondément dans cet amour-propre, cette fatuité, cette gloriole que son cœur n’entend plus rien pour le remettre en question. Parfait, il est, parfait il restera et tous ceux qui ne sont pas comme lui sont méprisables. La tristesse n’existe plus dans ce cœur, le mépris des autres prend toute la place. Le moindre propos critique à son endroit soulève sa colère, il s’emporte à vouloir tuer. La plus petite mise en doute de sa justice, le soulève de son siège : « Alors le Grand Prêtre déchira ses vêtements en disant : “Il a blasphémé! qu’avons-nous encore besoin de témoins? Là, vous venez d’entendre le blasphème! Qu’en pensez-vous?” (Mt 26, 65-66)
Cette attitude du cœur chez le pharisien n’a rien à voir avec la tristesse du publicain : “Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! ’ (Lc 18, 13)
Si votre justice se tient pour juste en méprisant les autres, vous êtes loin du Royaume de Dieu. ‘Il leur dit : ‘Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos coeurs; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu.’ (Lc 16, 5)
‘En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu.’ (Mt 21, 31) Ils arrivent avant parce qu’ils sont disposés à recevoir justice du seul qui peut leur rendre. ‘Au-dehors vous offrez aux yeux des hommes l’apparence de justes, mais au-dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité.’ (Mt 23, 28) Au-dehors le publicain est considéré comme un pécheur et au-dedans, il reconnaît sa faute et s’en repent tout en demandant à Dieu de le secourir. Devant le Saint de Dieu mourant sur la croix, le bon larron reconnaîtra que Jésus ne peut pas avoir le même sort que lui et il reprendra son compagnon larron qui se moque : ‘Tu n’as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c’est justice, nous payons nos actes; mais lui n’a rien fait de mal.’ Et il disait : ‘Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume.’ Et il lui dit : ‘En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis.’ (Lc 23, 40-43)
La seule tristesse, c’est de ne pas être des saints, mais quelle joie pour celui-là de savoir que c’est maintenant possible par le Saint de Dieu qui vient se livrer pour nous afin que nous recevions l’Esprit qui peut nous rendre saints, car il est saint! ‘Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.’ (Mt 5, 48)
L’impossible que les scribes et pharisiens veulent rendre possible par leurs propres forces devient possible par celui qui vient de Dieu pour nous donner un cœur nouveau et un esprit nouveau.
C’est bien de la tristesse de ne pas être des saints dont Jésus veut nous libérer en disant : ‘Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux.’ Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans la joie de Dieu, cette joie qui éloigne la tristesse à jamais : ‘Vous aussi, maintenant vous voilà tristes; mais je vous verrai de nouveau et votre coeur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera. » (Jn 16, 22) ‘En effet, le Royaume de Dieu n’est pas une affaire de nourriture et de boisson; il consiste en la justice, la paix et la joie que donne le Saint–Esprit. » (Jn 14,17)
Comment pourrions-nous devenir ce que nous ignorons si le Saint de Dieu ne vient parmi nous rendre possible cette joie donnée par l’Esprit qui nous établit en lui, ‘immobile et paisible comme si déjà notre âme était dans l’Éternité.’?
‘L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu.’ (Lc 1, 35) Marie a bien donné naissance à cet enfant engendré de Dieu pour nous rendre saints, pour que notre justice surpasse celle des pharisiens, et des scribes. ‘Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 47-48) ‘Car voici que le Royaume de Dieu est au milieu de vous.’ (Luc 17.20-21) Ce royaume n’est pas le royaume du compromis avec le mensonge, la haine, la jalousie, la violence, la colère. Tout en Dieu est amour, rien qu’amour, une santé parfaitement amour qui est vie éternelle. La mort n’a pas de prise, le moindre microbe ne peut s’introduire en cette vie pour relancer une contamination qui mène à la mort. Le plus petit virus de colère n’a pas sa place, le moindre regard d’envie ne peut trouver place dans cette pureté. Tout peut être à nu lorsque la sainteté du Christ nous revêt. Chacun peut devenir soi dans la plénitude de ce qu’il est dans le cœur de Dieu avant même la création. ‘Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu’un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu’un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. » Vous avez appris qu’il a été dit, et bien,
maintenant oubliez tout cela, venez et suivez-moi sur le chemin de la perfection :
‘Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux; puis viens, suis-moi.’ Entendant cette parole, le jeune homme s’en alla contristé, car il avait de grands biens. » (Mt 19, 21-22)
Il est impossible de surpasser la justice des scribes sans celui qui prend sur lui de nous justifier par le don de sa vie.
‘Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses de pénétrer dans le Royaume de Dieu! Oui, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu! ’ Ceux qui entendaient dirent : « Et qui peut être sauvé? » Il dit : ‘Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu.’ (Lc 18, 24-27)

NDC