14 mai, Jn 15, 9-17 : « Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus.»

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Évangile :
À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.
“Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
‘Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.’
Commentaires :
Jésus est entré à Jérusalem, la fête de la Pâque est proche, le sang des brebis coulera, les feux de braises se feront plus ardents, les agneaux seront mis au feu, les mémoires se nourriront du passé pour célébrer la libération du peuple de l’esclavage par la main de Dieu. Chacun est occupé à se garder loin de tout ce qui peut les rendre impurs pour la fête.
Les pharisiens et les scribes veillent à la stricte observance des préceptes exigés pour cette fête. Apprenant que Jésus est dans la ville, ils décident en conseil de profiter de l’occasion de la fête pour s’en débarrasser. Les étrangers sont venus en grand nombre comme à chaque année pour la Pâque et les notables comptent bien les utiliser pour contrôler ceux qui croient en Jésus. Ils veilleront à observer les lois pour ne pas se rendre impurs dans ce projet. Les étrangers le jugeront et il sera mis à mort hors de Jérusalem.
‘Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes… et vous n’avez pas voulu! Voici que votre maison va vous être laissée déserte. Je vous le dis, en effet, désormais vous ne me verrez plus, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! ’ (Jn 23, 37-39)
Il y a une atmosphère de mort qui flotte dans l’air de Jérusalem. Les disciples entendent bien ce vent lugubre souffler et leur cœur est lourd et inquiet. Jésus au contraire est paisible comme le jour de la tempête où il dormait dans la barque. Ils voudraient lui crier comme dans la barque : ‘Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons?’ (Mc 4, 38) Tu ne te soucies pas que tu vas périr entre les mains des autorités de cette ville, tu ne te soucies pas qu’ils vont nous faire périr avec toi.
Ils ne comprennent pas la Pâque nouvelle qui se déroule sous leurs yeux et qui vient leur ouvrir le chemin pour traverser à pied sec l’océan de la mort. Ils ne saisissent pas l’amour dont ils sont aimés par Jésus qui se livre pour eux en rançon, par le Père qui donne son Fils, par l’Esprit qui viendra les faire Un avec le Père et le Fils.
‘Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera.’ Ils lui répondirent : ‘Nous sommes la descendance d’Abraham et jamais nous n’avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : ‘Vous deviendrez libres’?’ (Jn 8, 31-34) Êtes-vous libres de mourir? N’êtes-vous pas esclaves de la mort? Êtes-vous libres devant les forces romaines qui sont chez vous? Êtes-vous libres de ne pas faire le mal que vous ne voudriez pas faire? ‘Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre! ’ (Jn 8, 7) ‘En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave.’ (Jn 8, 34) Je vous rendrai libre en me faisant lier sur la croix librement pour vous délier de vos péchés et de la mort, où je descendrai pour en sortir vivant par la puissance de l’Esprit de Dieu.
‘Comme il était à Jérusalem durant la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il faisait. Mais Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et qu’il n’avait pas besoin d’un témoignage sur l’homme : car lui-même connaissait ce qu’il y avait dans l’homme.’ (Jn 3, 23-25) Jésus nous connaît et il sait à quel point nous sommes des esclaves aveugles de notre état. Il sait que nous sommes résignés à notre condition et que nous avons peur de perdre le peu que nous donne notre esclavage pour une liberté que nous voyons impossible. ‘Pourquoi avez-vous peur ainsi? N’avez-vous pas encore de foi?’ (Mc 4, 40) Nous n’avons pas la foi, nous n’arrivons pas à croire que Dieu, celui par qui tout a été créé, celui par qui tout subsiste, puisse se faire un Fils de l’homme et venir offrir son humanité divine pour nous libérer de notre humanité mortelle.
‘Dieu, qu’est donc l’homme, que tu le connaisses, l’être humain, que tu penses à lui? L’homme est semblable à un souffle, ses jours sont comme l’ombre qui passe.’ (Ps 144, 3-4) Qu’est-ce donc que l’être humain que tu en prennes souci, nous qui n’avons pour souci pendant le souffle de notre vie que pour la nourriture, le vêtement, la richesse, le pouvoir, le savoir, la gloire? Comment arriverions-nous à t’aimer, nous qui arrivons mal à aimer nos propres parents, à les soigner dans leur vieillesse? Nous arrivons même à nous séparer de ceux à qui nous avions promis de les aimer pour la vie !
Jésus nous connaît bien et il ne renonce pas à avancer vers l’offrande de lui-même, à obéir au dessein d’amour du Père, à nous promettre son Esprit pour nous faire renaître.
Demeurez dans ma parole vous serez libres, demeurez dans mon amour, vous parviendrez par cet amour à aimer comme je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour, pour aimer les autres comme vous-mêmes. Par la croix sur laquelle je serai élevé, la joie entre dans le monde, l’amour qui rend libre se plante dans le monde et s’enracine pour donner des fruits douze mois par année et ainsi nourrir la multitude à jamais.
Demeurez dans mon amour et vous serez amour, vous ne serez qu’amour et tous ceux qui vous approcheront n’oublieront jamais cette lumière en vous qui n’est pas vous. ‘S’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont.’ (Jn 15, 20)
‘Voyant qu’il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s’écria : ‘Vraiment cet homme était fils de Dieu! ’ (Mc 15, 39) Le centurion n’oubliera jamais ce visage méconnaissable et pourtant serein, ce sourire de compassion à son égard. Il n’oubliera jamais la mère de Jésus au pied de la croix, le don qu’il en fait au disciple qui est là, il n’oubliera pas ce pardon qu’il accorde à ceux qui l’insultent. À jamais, il est marqué dans son âme, aussi profondément que les marques sur le corps de Jésus. Centurion m’aimes-tu autant que je t’aime? Il ne pourra plus porter la main à son glaive, ni sur la lance. Il ne trouvera de repos qu’à genoux et dans l’adoration de celui en qui il a reconnu l’amour.
‘Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.’
‘Dieu incline tes cieux et descends, touche les montagnes et qu’elles fument; fais éclater l’éclair, et les disloque, décoche tes flèches, et les ébranle. D’en haut, tends la main, sauve-moi, tire-moi des grandes eaux, de la main des fils d’étrangers dont la bouche parle de riens, et la droite est une droite de parjure.’ (Ps 144, 5-8)
Il est descendu sans bruit dans le sein de la Vierge Marie, il a dormi dans la mangeoire, travaillé comme charpentier, il est monté sur la croix sans résister par amour.
‘Aussi je vous en conjure par tout ce qu’il peut y avoir d’appel pressant dans le Christ, de persuasion dans l’Amour, de communion dans l’Esprit, de tendresse compatissante, mettez le comble à ma joie par l’accord de vos sentiments : ayez le même amour, une seule âme, un seul sentiment; n’accordez rien à l’esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l’humilité estime les autres supérieurs à soi; ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres. Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus : Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix! ’ (Ph 2, 1-8)
NDC