14 nov, Lc 17, 7-10, Le serviteur aimé

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Évangile :
Jésus disait aux Apôtres : « Lequel d’entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : < Viens vite à table? Ne lui dira-t-il pas plutôt : Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres?
« De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : »
Commentaires :
Jésus fait entendre aux disciples ce qu’ils diraient s’ils étaient à la place de Dieu. Pensez-vous qu’Hérode quand il entre chez lui, dit à ses serviteurs que c’est à son tour à les servir…Est-il reconnaissant parce qu’ils ont exécuté ses ordres? Il n’est aucunement reconnaissant au contraire il observera attentivement pour voir si tout a été fait selon ce qu’il a dit… Si le serviteur a bien fait son travail, le roi de ce monde en demandera plus pour être sûr que son serviteur ne prend pas de temps pour lui « sur son bras ». Et les serviteurs aiment cela les maîtres durs, exigeants ainsi ils n’ont pas idée de renverser le maître en autant qu’ils leur donnent du pain et un peu de temps de distraction, ils deviendront dociles. Ils vont même jusqu’à aimer le patron plus qu’eux-mêmes car sans lui comment pourraient-ils survivre. Si ils n’attendent pas de reconnaissance, eux le sont reconnaissant envers leur maître. Dieu serait en droit d’être comme ces maîtres qui ne voient pas leurs serviteurs autrement que comme des serviteurs. Ils n’échangent pas avec eux, ne se préoccupent pas de ce qu’ils vivent, de ce qu’ils ressentent, ils n’acceptent pas leur remarque, ils n’ont que des comptes à lui rendre et il en sera toujours ainsi. Le serviteur restera serviteur et le maître, le maître, ils ne sont pas du même monde. Pendant que l’un profitera de la vie, l’autre se nourrira de ses restes et vivra dans des palais qui ne seront jamais les siens. Si Dieu faisait ainsi, il n’y aurait pas de guerres, la terre serait toujours propre et chacun prendrait son trou sans dire un mot comme dans le monde des fourmis où tout est encore comme c’était au début de l’origine des fourmis.
Mais ce n’est pas ainsi, Dieu est amour et il ne s’est pas cloné une armée de serviteurs pour se faire servir, ce sont des enfants qu’il veut pour les faire roi comme lui. Mais qui peut croire un tel amour, nous qui cherchons toujours à dominer les autres et à se faire servir.
« Les ayant appelés près de lui, Jésus dit: « Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il n’en doit pas être ainsi parmi vous: au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous, sera votre esclave. » (Mt 20:25) Mais comment respecter un maître qui se fait notre esclave? Voilà bien le souci de celui qui ne reconnaît que celui qui lui impose par la force sa place, il ne cherche en rien à reconnaître les choses avec l’intelligence de son cœur mais l’intelligence de son ventre. Mais c’est ainsi que se distinguera ceux qui veulent être reconnu et devenir dieu sans Dieu et ceux qui veulent reconnaître les autres ainsi que le Tout-Autre et agir conformément à ce qui est et non à ce qu’ils voudraient que les choses soient. « Pilate lui dit: « Donc tu es roi? » Jésus répondit: « Tu le dis: je suis roi. Je ne suis né, et je ne suis venu dans le monde, que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » » (Jean 18:37) Pilate entend et obéit plus au grognement du loup qui se présente ici dans le tumulte de la foule, que d’écouter la voix de la justice, qu’il entend puisqu’il déclare Jésus innocent par trois fois mais il préfère obéir au grognement qu’à la voix de l’innocent. « Voyant alors qu’il n’aboutissait à rien, mais qu’il s’ensuivait plutôt du tumulte, Pilate prit de l’eau et se lava les mains en présence de la foule, en disant: « Je ne suis pas responsable de ce sang; à vous de voir! » » (Matthieu 27:24) Pourquoi le roi que Jésus disait être ne s’est pas entendre comme le roi qu’il était pour calmer le tumulte ? « S’étant donc approchés, ils le réveillèrent en disant « Maître, maître, nous périssons! » Et lui, s’étant réveillé, menaça le vent et le tumulte des flots. Ils s’apaisèrent et le calme se fit. » (Luc 8:24) Cette fois, il ne se lève pas, il se couche sur la croix parce qu’il n’est pas un roi, il est le Roi et ce qu’il fait entendre ce n’est pas son pouvoir mais ce qu’il est, amour et ceux qui cherchent l’amour l’entendront et sauront que c’est l’amour qui est victorieux et qui nous fait roi, enfant d’un roi, enfant au cœur noble qui défend la veuve et l’orphelin, le petit et le faible.
« Aussi bien, le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » » (Marc 10:45)
« Lui étant dans la forme de Dieu n’a pas usé de son droit d’être traité comme un dieu mais il s’est dépouillé prenant la forme d’esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme il s’est abaissé devenant obéissant jusqu’à la mort à la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a conféré le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux sur la terre et sous la terre» (Philippiens 2:6-10)
Qui peut entendre la voix de Dieu sinon celui qui a soif de justice, celui qui travaille pour bâtir la paix, celui qui pleure avec celui qui pleure au lieu de partir en guerre chercher vengeance. Il reconnaîtra la voix du serviteur souffrant qui meurt sur la croix pour rendre possible de vivre l’amour jusqu’au bout en faisant jaillir dans la souffrance, le mal et la mort des sources de vie éternelle car c’est ainsi qu’il dresse l’arbre de la vie et fait surgir le Premier-né d’entre les morts.
« »Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. » » (Matthieu 11:29-30)
C’est lui qui porte tout pour celui qui veut suivre la voie de l’amour, par sa mort et sa résurrection, il ouvre les sources qui jaillissent de la vie éternelle qui rendent possible à celui qui poursuit la voie de l’amour d’aimer jusqu’au bout sans craindre la mort. « Voici quel est mon commandement: vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jean 15:12) « Voyez quelle manifestation d’amour le Père nous a donnée pour que nous soyons appelés enfants de Dieu. Et nous le sommes! Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu. » (1 Jean 3:1) Alors quand nous décidons d’aimer, nous ne prenons pas pour d’autres car si cela est possible c’est que Dieu est amour et qu’il se fait notre serviteur pour le rendre possible afin que nous soyons un. N’est-ce pas ce que nous ne pouvons pas ne pas voir et le faire, notre devoir et celui qui aime fait tout ce qu’il doit. Celui qui aime peut faire ce qu’il veut et c’est là la volonté de Dieu : que nous soyons libres pour faire ce que nous voulons et c’est en demeurant dans l’amour que c’est possible.
NDC