14 sept, Jn 3, 13-17 : De la mangeoire de la crèche à l’échelle de la croix!

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Évangile :

« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

 

Commentaires :

« Nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. » Nul être humain de ce monde ne peut prétendre être monté au ciel. Tout être humain qui est chair ne peut échapper à l’attrait de la terre et doit terminer sa vie sous terre à jamais. Nul n’est monté au ciel, non pas ce ciel où nos satellites tournent en rond, ni ce ciel au-dessus des nuages où nos avions circulent. Le ciel dont Jésus parle est le lieu de Dieu et Dieu est Esprit. « Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer. » (Jn 4, 24) Ce lieu de l’Esprit de Dieu est indépendant de l’univers. Il est la source de ce monde, en lui tout subsiste et par lui tout a été fait. Nul n’est monté en ce lieu de l’Esprit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous fait naître d’en haut. Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. » (Jn 3, 5-8)

Nul n’est monté au Royaume de Dieu sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. Descendre du ciel ne signifie en rien descendre d’une planète vers la terre. L’Esprit n’est pas un extra-terrestre, il est hors de l’univers et le contient en sa totalité, tout en étant présent à chacune de ses parties. Celui qui descend du ciel, c’est celui qui naît de l’Esprit, qui est engendré par l’Esprit et non créé par l’Esprit. Il vient de Dieu en ce monde pour apporter le salut au monde. « Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut… (…) Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, » (Jn 1, 1-3.14) Et le Verbe s’est fait Fils de l’homme afin que l’homme fait de chair puisse s’élever de terre tout en gardant sa chair par la puissance de l’Esprit d’amour du Père. Une merveille d’amour qui nous dépasse, une lumière qui vient dans nos ténèbres et que nous arrivons péniblement à voir, enlisés dans nos avions et dans notre consommation, dans nos ciels et nos terres. « Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. (…) Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 4-5. 10-11)

Il est venu dans une petite ville dans le sein d’une jeune fille, loin des palais et des temples. Il est né dans une crèche, sa maman l’a étendu dans une mangeoire. Déjà, le Père l’offrait en nourriture de vie éternelle. La lumière brillait dans les ténèbres, la lumière d’un amour insurpassable, incommensurable, sans pareil en ce monde de ténèbres. Il était dans une mangeoire et s’est élevé sur une croix comme le serpent qu’il dévoile de sa lumière.

Dieu a tant aimé le monde que « Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. »(2 Co 5, 21) Il a fait voir son Fils comme un serpent pour nous guérir de la morsure du mensonge du serpent qui a été la cause de la chute sur le bois de l’arbre de la connaissance. Ce serpent nous criait que Dieu ne nous aimait pas et que nous ne mourrions pas en nous séparant de lui. Le serpent que Dieu élève sur la croix nous crie son amour, heureux ceux qui entendent sa voix et qui par lui reçoivent l’Esprit de Dieu qui les fait enfants de Dieu. « Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 12-14)

Quelle merveille que cette croix où est élevé le Fils de l’homme, quelle merveille que cette croix qui devient la clé du Royaume des cieux pour rejoindre le Père et retrouver place dans l’unité de l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit!

À bon entendeur d’entendre l’amour de Dieu qui se crie en silence sur cette croix de bois qui vient nous guérir du mal et de la mort : « Père, je remets mon Esprit entre tes mains » (Lc 23,46). Le Verbe s’est fait chair et dans sa chair, il retourne à l’Esprit du Père, là où il était avant le commencement du monde. Le Chemin est ouvert, c’est l’amour qui l’ouvre, c’est l’amour qui s’ouvre. Son cœur est transpercé et la source jaillissante de vie éternelle à l’origine de tout est ouverte dans notre monde, heureux ceux qui s’y baignent pour se guérir de la morsure du serpent qui nous dit que nous ne sommes pas aimés, que nous sommes bons que pour le vide et le néant.

« Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés. Car si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. » (…) « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné, et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » (Jn 8, 23-24. 28-29)

Qui peut douter encore que Dieu nous aime, lui qui se fait péché pour prendre sur lui notre péché et nous justifier devant lui pour nous faire enfants de Dieu pour l’éternité? C’est en contemplant la croix que la lumière de la lumière brille dans nos esprits et dissipe les ténèbres qui nous cachent son amour.

« Je ne veux trouver ma gloire que dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ » (Ga 6,14). La gloire de Dieu c’est que nous soyons vivants et que nous portions beaucoup de fruit pour nourrir les autres de sa nourriture sur l’arbre de la croix qu’il nous demande de porter à sa suite.

« Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Et que Dieu Père et Amour soit révélé à ce monde.

Comme le dit le concile de Constantinople (381), il y a « un Dieu et Père de qui sont toutes choses, un Seigneur Jésus-Christ par qui sont toutes choses, un Saint-Esprit en qui sont toutes choses ». C’est bien un même amour divin que chantent les noms divers du Dieu unique.

Nous sommes aimés de Dieu, d’un amour infini, il est temps de contempler la croix en ce jour de sa célébration.

« Même les ténèbres pour toi ne sont pas ténèbres, et la nuit comme le jour est lumière. » (Ps 138,12)

 

NDC