15 juillet, Mt 11,25-27 : « Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté »

 In Méditer les écritures

Évangile :
En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté.
Tout m’a été confié par mon Père; personne ne connait le Fils, sinon le Père, et personne ne connait le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
Commentaires :

Jésus loue le Père d’avoir dans sa bonté caché aux puissants, aux sages, aux savants, la lumière de vie qu’il apportait dans les ténèbres pour éclairer tous les hommes et les conduire au chemin de la paix. “Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.” (Jn 1, 9-11)

Imaginez un grand compositeur de la plus belle musique jamais entendue en ce monde exprimer sa louange au Père qui la lui a confiée pour la faire entendre : “Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange; tu as rendu sourd à cette musique les sages et les savants, les virtuoses et les spécialistes, tu l’as fait entendre aux tout-petits. Il y a là de quoi être bouleversé à cette louange. N’est-ce pas les riches et les puissants et leurs spécialistes qui détiennent le pouvoir pour répandre cette musique, la faire connaître, lui donner son statut et assurer sa pérennité? N’est-ce pas les sages et les savants qui donneraient à l’auteur de cette musique la notoriété et la richesse de son vivant?

Jésus loue le Père de l’avoir révélé aux tout-petits, à ceux qui seront impuissants par eux-mêmes en ce monde pour le faire reconnaître, afin que toute la gloire de la révélation de la lumière de vie revienne au Père qui du plus petit peut faire entendre ce qu’il y a de plus grand. ‘Car c’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu; il ne vient pas des oeuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier. Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes oeuvres que Dieu a préparées d’avance pour que nous les pratiquions.’ (Éph 2, 8-10)

Qui peut parler de Dieu en ce monde, sinon celui qui vient de Dieu pour le révéler? Il n’y a pas de sages et de savants qui puissent l’atteindre, pas plus que nos vaisseaux spatiaux pour se rendre en sa demeure. ‘Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître.’ (Jn 1, 18) ‘En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu.’ (Jn 3, 3)

Pour que celui qui vient d’auprès du Père avant la création du monde soit en ce monde, c’est qu’il accepte d’être très petit pour ainsi venir sauver les petits que nous sommes en cette planète si petite dans l’univers. Comment ceux qui ont la prétention d’être grands en ce monde si petit à l’échelle de l’univers, pourraient-ils voir celui qui tient l’univers dans sa main, en si petit, si petit qu’il passe inaperçu tout en maintenant l’univers entier en vie, car en lui tout subsiste ?

Jésus loue la bonté du Père, il loue son amour de le faire si petit pour refaire alliance avec sa créature qu’il veut élever à sa grandeur par l’offrande libre de lui-même pour nous : ‘Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.’ (Jn 1, 12-13)

Jésus sait ce qu’il dit en parlant de la bonté du Père, une bonté qui donne sens à tout ce qui est bon en ce monde, du bon pain au pain eucharistique, du bon samaritain au Christ crucifié pour nous baptiser dans sa mort et nous faire ressusciter avec lui. C’est tellement grand, immensément grand comme amour, infiniment grand que personne en ce monde ne pouvait y voir ou entendre quoi ce soit, sinon par la puissance de l’Esprit. Pour accueillir l’Esprit et sa toute-puissance de révélation, ne faut-il pas avoir le cœur à la mesure de ce que nous sommes, des petits, des tout-petits? Marie le chante bien dans son Magnificat : ‘Saint est son nom, et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au coeur superbe. Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.’ (Lc 1, 49-53)

Jésus loue la bonté du Père d’avoir caché à ceux qui s’approprient le monde pour eux, celui qui venait donner la richesse à tous dans la pauvreté, afin que tous puissent avoir accès au Royaume du Père.

‘Le sabbat venu, il se mit à enseigner dans la synagogue, et le grand nombre en l’entendant étaient frappés et disaient : ‘D’où cela lui vient-il? Et qu’est-ce que cette sagesse qui lui a été donnée et ces grands miracles qui se font par ses mains? Celui-là n’est-il pas le charpentier’ (Mc 6, 1-3) ‘Les Juifs, étonnés, disaient : ‘Comment connaît-il les lettres sans avoir étudié?’ Jésus leur répondit : ‘Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé.’ (Jn 7, 14-16)

Les autorités savantes et sages le traiteront de blasphémateur pour ces paroles et elles parviendront à le faire mourir. Pourtant, elles ne voyaient pas qu’en agissant ainsi, elles validaient les propos de Jésus qui accomplissait l’Écriture en se livrant entre leurs mains pour être l’Agneau de la Pâque nouvelle. Jean Baptiste l’avait bien reconnu en le voyant : ‘Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. C’est de lui que j’ai dit : Derrière moi vient un homme qui est passé devant moi parce qu’avant moi il était.’ (Jn 1, 29-30)

Jean voit ce que les autorités refusent de voir en Jésus. Ils ont peur de se diminuer aux yeux des hommes et préfèrent se rendre aveugles à la volonté de Dieu. Jean ne craint pas de se diminuer pour laisser passer Jésus devant lui et ainsi reconnaître sa petitesse, malgré sa grandeur morale aux yeux des autres.

Jésus dira de Jean : ‘En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui.’ (Mt 11, 10)

Jean a tressailli dans le ventre de sa mère à la rencontre de Jésus dans le sein de Marie. Il était bien petit et c’est Dieu dans sa bonté qui lui a révélé, comme lorsqu’il était dans le sein du désert et qu’il a vu s’ouvrir le ciel et la colombe se poser sur la tête de Jésus qui était dans les eaux de la nouvelle création.

Tout est si grand dans la révélation de Dieu, si grand, si immensément grand que ce n’est que par lui que nous pouvons voir ce qu’il nous donne à voir pour nous attirer à lui et nous sauver, et pour cela, il faut être petits devant la croix pour être attiré par cette révélation : ‘et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi.’ (Jn 12, 32)

 

NDC