15 juin, Lc 5, 27-32, Jésus remarque un publicain.

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Évangile :
Jésus remarqua un publicain (un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis à son bureau de publicain. IL lui dit : « Suis-moi. » Abandonnant tout, l’homme se leva et se mit à le suivre.
Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison; il y avait une grande foule de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs? »
Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »
Commentaires :
Jésus remarque un publicain assis à son bureau de collecteur d’impôts. Qui ne le remarquait pas ce publicain à la solde des Romains? Il tirait son salaire de la somme exigée à ses concitoyens. Alors, nous pouvons imaginer que tous les abus étaient possibles de sa part. Un publicain qui voulait un gros train de vie devait assurément réclamer beaucoup plus que ce que lui demandaient les romains d’exiger au peuple.
Autour de la table du publicain, il y a, comme tous les jours ouvrables, de la haine qui flotte dans l’air, du mépris, de l’indignation, de la fourberie, de l’hypocrisie… enfin toutes ces attitudes qui permettent à chacun de négocier à son avantage. La bouche à cette table ne dit jamais ce qu’il y a dans le cœur. Ce qui parle, c’est l’argent. Le reste n’est que placotage pour en verser moins. Il n’y a pas de rencontres à cette table, tous ceux qui y passent voudraient être ailleurs. Aujourd’hui, les impôts se font avec des documents et chacun cherche tous les moyens pour en verser le moins possible.
Lévi est ce document sur la table, il n’existe pour personne comme personne. Lévi est légitimé de prendre l’argent des contribuables et personne ne peut contester cela au risque d’avoir à faire à la justice romaine.
Jésus pourtant remarque Lévi à sa table de publicain. Il voit une personne malade qui a besoin d’un médecin. Lévi souffre de n’être qu’une table et un document aux yeux des autres. Qui sourit à une table? Qui ne s’allonge pas avec effroi sur une table d’opération, à un siège de dentiste? À la table d’opération, nous attendons un mieux-être, mais à la table du collecteur d’impôt, c’est toujours avec un moins que la personne se relève.
Lorsque vous faites l’aumône, ne vous faites pas remarquer, donnez en secret, disait Jésus à ses disciples, de même pour la prière et le jeûne. Votre Père voit dans le secret.
Lévi est malade, il est épuisé d’être un objet pour les autres, de se sentir loin de Dieu. N’est-ce pas un Lévi, ce publicain au temple dans la parabole que Jésus raconte : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain. Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. (…) Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis!” Je vous le dis : ce dernier descendit chez lui justifié, l’autre non. Car tout homme qui s’élève sera abaissé, mais celui qui s’abaisse sera élevé. » (Lc 18:10 -14)
Jésus remarque ce publicain qui n’a de cesse de reconnaître sa faute et d’implorer la miséricorde de Dieu. Qui sait si Lévi ne réclamait pas moins que ce qu’il pouvait réclamer? Dieu voit dans le secret et il te le revaudra.
Suis-moi dit Jésus à Lévi. La table n’avait pas six pattes comme les gens le pensaient, elle n’en avait que quatre. Lévi se lève sur ses deux pattes pour se mettre à la suite de Jésus. Lévi n’est pas un objet, c’est une personne toute entière. Lévi n’est pas une fonction, c’est une personne qui veut aimer et être aimée.
Tout comme Zachée, Lévi voudrait rendre ce qu’il a réclamé pour les Romains. Un festin ne suffirait pas pour dire sa joie d’avoir été reconnu digne de suivre Jésus. Sa table de collecteur d’impôt se change en une table de festin où il invite une foule de publicains et autres gens pour festoyer. Jésus voit la table eucharistique qui se dressera bientôt pour nourrir le monde et rendre à chacun sa dignité.
Les pharisiens et les scribes, tout comme le pharisien de la parabole se croient bien supérieurs aux pécheurs de la table de Lévi : « Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain… » Il se croit tellement supérieur à ce misérable publicain qu’il ne sort en rien justifié du temple. Il se croit en si bonne santé qu’il ne voit pas la maladie de son âme.
Imbu de leur sentiment de supériorité, les pharisiens et les scribes osent dirent à Jésus : “Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs?”
Jésus remarque que ces hommes s’élèvent tellement aux yeux des autres qu’ils en deviennent imperméables à la grâce de Dieu et à l’amour qu’elle donne pour les autres. Celui qui s’élève sera abaissé! Celui qui ne reconnaît sa maladie sera abaissé! Il n’y a rien d’une menace dans ce qui s’avère une vérité. “Celui qui tue par l’épée périra par l’épée.” Le malade qui se fait soigner deviendra plus en santé que le malade qui ne veut pas reconnaître les symptômes de sa maladie et se faire soigner.
Jésus leur répondit : “Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs, pour qu’ils se convertissent.”
“Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se repente et qu’il vive” (Ez 18,23).
Qui était le plus malade entre les publicains et les pharisiens? Qui avait le plus besoin du médecin? Combien de fois Jésus aurait-il voulu dire “Suis-moi.” aux pharisiens et aux scribes : “Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble ses poussins sous ses ailes… et vous n’avez pas voulu!” (Mt 23:37)
Assis à ma table à vivre mon quotidien, suis-je disposé à me lever et à suivre Jésus sur le champ : “Voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification.” (1Th 4,3) Qu’importe l’état de ma santé, l’important est d’être conscient de notre besoin de se soigner. Jésus n’est pas un médecin ordinaire, il prend tout sur lui c’est pourquoi il peut tout soigner. Les malades n’inspirent aucune aversion à Jésus : “Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, je vous rendrais plus blanc que la neige” (Is 1,18).
Il faut abandonner tout pour s’en remettre entièrement aux soins de Jésus qui croyez-le, peut vous mener à la perfection de l’amour.
“Qu’aurais-je dû faire que je n’aie fait?” (Is 5,4) Jésus n’a-t-il pas donné son sang jusqu’à la dernière goutte? Qui peut douter qu’une seule larme de Jésus aurait suffi pour rendre saints tous les criminels de l’humanité depuis les origines du monde? Il n’y a de doute de la puissance de son amour rédempteur que chez ceux qui s’élèvent au-dessus des autres!
Vous pourriez dire que Jésus s’élève en prétendant à une telle puissance? Pourtant c’est “jusqu’à la mort de la croix que je me suis abaissé” (Ph 2,8).
NDC