15 mai, Jn 12, 44-50 : Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face.

 In Méditer les écritures


Évangile :

Jésus affirmait avec force : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé; et celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé. Moi, qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.

« Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le jugerai pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver. Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura un juge pour le condamner.

« La parole que j’ai prononcée, elle le condamnera au dernier jour. Car ce que j’ai dit ne vient pas de moi : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer; et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »

Commentaires :

Jésus affirmait avec force : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé; et celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé.»  

Les auditeurs de Jésus se demandent comment voir celui qui l’a envoyé à travers ce moi qui ne donne pas à voir autre chose qu’un homme semblable aux autres. « Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie…» (Mt 13, 55) Jésus ne donne à voir au regard de ceux qui l’écoutent qu’un homme comme les autres. Toutefois, en voyant ses œuvres, ils s’interrogent sur la provenance de cette sagesse et de ces miracles. «D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles?» (Mt 13, 54) 

En apparence, il est un homme comme les autres, mais dans son agir et ses paroles, même un maître comme Nicodème reconnaît que Dieu est avec lui : «Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui.» (Jn 3, 2) Nicodème voit la lumière de Dieu qui émane de lui, mais il craint d’en témoigner devant les siens qui en restent aux apparences : « Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était venu trouver Jésus précédemment, leur dit : «Notre Loi juge-t-elle un homme sans d’abord l’entendre et savoir ce qu’il fait!» Ils lui répondirent : «Es-tu de la Galilée, toi aussi? Étudie! Tu verras que ce n’est pas de la Galilée que surgit le prophète.» (Jn 7, 50-52) 

Ces détracteurs qui demeurent aveugles à Jésus ne voient-ils pas ses œuvres, n’entendent-ils pas sa sagesse : «Celui-là n’expulse les démons que par Béelzéboul, le prince des démons.» (Mt 12, 24) «Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les oeuvres que je fais au nom de mon Père témoignent de moi; mais vous ne croyez pas…» (Jn 10, 25-26) Jésus ne ménage pas les œuvres qui témoignent qu’il est envoyé par le Père et pourtant, certains se refusent de voir au-delà des apparences. Ils voudraient voir le divin se manifester à travers son apparence humaine pour le suivre. C’est bien ce que le peuple demande à Aaron, lassé d’attendre Moïse : «Allons, fais-nous un dieu qui aille devant nous, car ce Moïse, l’homme qui nous a fait monter du pays d’Égypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé.» (Ex 32, 1) Le peuple préfère voir un ruminant en or de leurs yeux de chair, plutôt que de voir en celui qui les a libérés de l’esclavage, l’envoyé de Dieu à suivre. Pourquoi cette libération ne mène-t-elle pas tout de suite vers la Terre Promise? Pourquoi ce désert, cette faim qui les tenaille? « Laisse-nous servir les Égyptiens, car mieux vaut pour nous servir les Égyptiens que de mourir dans le désert?» (Ex 14, 12) 

Malgré les œuvres accomplies par Dieu, le peuple se refuse à s’abandonner à cette lumière, il veut tout, tout de suite. 

Jésus a beau faire de grandes œuvres, les Romains sont toujours là à imposer des taxes, à menacer la nation et le temple. Il a beau avoir une grande sagesse, cela ne change rien au sort du peuple devant les autres peuples. C’est pourquoi plusieurs se refusent à voir la condition divine de Jésus sous les apparences de ce modeste fils de charpentier qui a son origine en Galilée. 

Mais pourquoi Jésus ne fait-il pas éclater sa lumière divine, pourquoi ne pas faire entendre sa voix créatrice, celle dont parle Jean dans l’apocalypse : « Et j’ai entendu une voix venant du ciel comme la voix des océans ou celle d’un grand coup de tonnerre» (Ap 14, 2) Pourquoi ce silence de sa toute-puissance? « Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix!» (Ph 2. 6-8) 

Pourquoi cet anéantissement qui cache cette lumière capable de chasser les ténèbres? Pourquoi cette voix douce qui n’éteint pas la mèche fumante plutôt que cette voix plus puissante que l’éclat du tonnerre, que le rugissement des flots pour nous sortir de notre surdité? Pourquoi cette naissance de la chair du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie, plutôt que de descendre avec ses armées pour rendre justice? Pourquoi le Père livre-t-il ainsi son Fils aux mains de ses bourreaux, pourquoi le Fils se fait-il obéissant à ce projet du Père de le conduire à la mort de la croix? 

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n’est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu.» (Jn 3, 16-18) 

C’est parce que Dieu nous aime qu’il agit ainsi, il nous aime tel que nous sommes, avec nos yeux, nos sourires, nos viscères, notre sang, nos mains, nos pieds, nos cheveux, nos sentiments, enfin comment exprimer cet amour entier de ce que nous sommes comme être de chair et de sang à son image, comment le dire sinon en affirmant qu’il s’est incarné dans cette chair pour la prendre dans ses bras sur la croix pour la faire renaître à sa condition divine. 

Qui me voit, dit Jésus, voit celui qui m’a envoyé pour vous sauver. Qui me voit, voit celui qui a pris votre nature pour descendre dans la mort afin d’être le premier-né d’entres les morts, semblable à vous, pour vous rendre semblables à lui. Premier engendré de Dieu dans la chair, premier engendré dans la mort afin que par lui, nous devenions enfants de Dieu. 

« Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. À présent, je connais d’une manière partielle; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité.» (1 Cor 13, 12-13)» Et cette charité, c’est l’amour dont nous sommes aimés de la part de Dieu et qui nous donne en l’aimant d’aimer comme il nous a aimés et nous aiment et que nous goûtions les délices de l’amour qui mène à la vie éternelle. 

« Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé; et celui qui me voit voit celui qui m’a envoyé.» 

 «Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit.» Jésus lui dit : «Voilà si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe? Qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : «Montre-nous le Père!»? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même : mais le Père demeurant en moi fait ses oeuvres. Croyez-m’en! je suis dans le Père et le Père est en moi.» (Jn 14, 8-11)

Et ce n’est que par amour pour nous qu’il est en ainsi ! Dieu nous aime et cet amour, il est éternel. Écoutez bien la voix de cet océan d’amour qui se manifeste à travers les siècles, chaque fois que nous entendons : « Or, tandis qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : «Prenez, mangez, ceci est mon corps.» Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : «Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés.» (Mt 26, 26-28) 

NDC