15 nov , Lc 17, 11-19. L’étranger devenu enfant de Dieu.

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Évangile:
Jésus marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés. L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n’ont pas été purifiés? Et les neuf autres, où sont-ils? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu; il n’y a que cet étranger! » Jésus lui dit : « Relève-toi : ta foi ta foi t’a sauvé. »

Commentaires :
L’Envoyé du Père éternel, le Fils de Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, le Tout-Puissant, le Merveilleux, la Sagesse éternelle, traversait ce pays qui aujourd’hui fait gronder des rumeurs de guerre entre ses habitants. En ce temps-là encore, il était occupé par l’étranger, Israël le pays du peuple élu était perdant. Comment Dieu pouvait-il réserver un tel sort à son peuple? Ce Dieu marchait au milieu d’eux sans intervenir pour rendre justice et établir la paix. Il venait comme un simple ouvrier d’un petit village d’où rien de bon ne pouvait sortir. Plus encore: « il s’est dépouillé prenant la forme d’esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme » (Philippiens 2:7)
Lui, le Fils de Dieu entre dans un village. Des lépreux viennent à sa rencontre avant que Jésus passe la frontière du village où il leur est interdit de passer. Ils reconnaissent en lui quelqu’un qui les laissera s’approcher de lui et plus encore quelqu’un qui pourra les réintroduire dans la communauté.
Le lépreux est rejeté et considéré comme un pécheur qui rend impur, un sort terrible qui exclut radicalement de la communauté. Ils se tenaient à distance et crièrent, sachant que Jésus ne fera pas comme tous les autres, les repousser avec agressivité en faisant la sourde oreille.
Jésus est là pour rompre la distance entre l’homme et Dieu et ouvrir la frontière qui conduit vers Dieu en dressant un pont par sa croix.
Comment lui, l’Agneau de Dieu fermera-t-il l’oreille au cri des lépreux à son endroit, lui qui est venu d’auprès du Père pour répondre au cri de détresse de la multitude devant la mort et le mal? « Jésus, maître, prends pitié de nous ». Il n’y a rien d’un maître en Jésus, il est le Messie, Celui par qui tout subsiste, il était avant que le monde existe. À ce cri, il répondra en faisant appel à leur confiance. Il leur dit d’aller se montrer aux prêtres pour être des témoins que celui qui est attendu est là.
Que de courage cela demandait aux lépreux pour traverser la frontière et se rendre auprès des prêtres pour témoigner de leur guérison sans la voir. En cours de route, ils furent purifiés. L’étonnement est si grand que chacun part vers son intérêt premier. Nous ne pouvons savoir vers où ils iront, un seul d’entre eux entrera dans l’histoire de l’amour, car nous savons où il est allé. Il est revenu sur ses pas. Dans sa guérison, il a reconnu la puissance de Dieu. Ce qui fait sa joie n’est-ce pas d’avoir rencontré Celui qui vient au nom de Dieu rendre à chacun son intégrité et sa liberté. C’est pourquoi, il se jette aux pieds de Jésus la face contre terre, ce visage que personne ne voulait voir, il le cache encore pour adorer celui qui vient guérir une lèpre plus profonde encore. Il le sent bien dans son cœur où brille une lumière inconnue qui brûle comme un feu. Il voudrait demeurer là à ses pieds comme Marie-Madeleine. Il entend bien la voix de Jésus lui demander : « Est-ce que tous les dix n’ont pas été purifiés? Et les neuf autres, où sont-ils? Le miraculé ne répond pas, déjà son cœur souffre avec celui de Jésus de cette ingratitude qui rend aveugle à la lumière de vie qui vient dans le monde pour nous sauver. « Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.» ( Jn 1, 9-11) C’est un étranger qui le reconnaît comme le proclame Jésus. « Relève-toi : ta foi ta foi t’a sauvé. »
« Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu.» ( Jn 1, 12-13)
De lépreux, il est devenu enfants de Dieu et héritier du Royaume.
NDC