16 août, Mt 19, 13-15, Les enfants ont l’âme à fleur de peau!

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Évangile :
On présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur imposa les mains en priant. Mais les disciples les écartaient vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »
Il leur imposa les mains, puis il partit de là.
Commentaires :
On présenta à Jésus des enfants, ces êtres qui ont l’âme à fleur de peau. Ils bouillonnent de vie, leurs yeux sont sans arrière-pensée, ils brillent d’intégrité. Ils n’ont pas une âme au-dedans, ils sont une âme, un corps animé, tout d’une pièce.
Le dualisme grec a profondément marqué notre vision chrétienne, au point où nous en arrivons à penser que nous avons un corps et une âme bien distincts. L’anthropologie biblique nous enseigne que l’être humain est un « corps animé ». Le mot hébreu « néfesh » traduit par « âme » en français, concerne la personne entière et non seulement une partie au dedans de l’être humain comme nous le traduisons trop souvent. Il est ardu dans notre mentalité formée au dualisme et renforcée par la culture ambiante de se libérer de cette perception pour laisser s’enraciner en nous l’anthropologie biblique qui donne sens à la personne entière. L’âme, c’est l’unité de toute la personne. Séparer le dedans du dehors, le cœur des lèvres, c’est introduire une distance qui dénature toutes les relations avec les autres. L’autre devient un étranger, un objet dont on se sert, une chose, car la division en soi est séparation de l’autre. Comment aimer l’autre comme soi-même en cet état de division, comment aimer le souffle qui nous donne la vie et lui être fidèles pour nous garder unifiés en cet état de distance?
« Isaïe a bien prophétisé de vous, quand il a dit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur coeur est loin de moi. Vain est le culte qu’ils me rendent : les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains. » » (Mt 15-7-9) Le cœur s’éloigne du souffle de vie qui l’unifie en se donnant tout entier à sa quête extérieure pour y trouver la vie et son cœur se meurt sans l’oxygène divin.
« Au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d’ossements de morts et de toute pourriture; vous de même, au-dehors vous offrez aux yeux des hommes l’apparence de justes, mais au-dedans vous êtes pleins d’hypocrisie et d’iniquité. » (Mt 23, 27-28)
Les enfants ont l’âme à fleur de peau, ils ont les lèvres et le cœur bien unifiés, ils sont au-dehors ce qu’ils sont au-dedans. Leurs yeux disent ce qu’ils pensent, le souffle de Dieu est vraiment dans leur haleine. Ils répandent la joie autour d’eux. Il n’y a qu’à poser un bébé dans un berceau pour que tout autour les gens se rassemblent pour le voir, pour contempler sa singularité et s’en abreuver. Il n’a ni diplôme, ni notoriété, ni sagesse, ni parole et pourtant il rayonne par son unicité la dignité de l’être humain et répand autour de lui le gout de la vie. Il faudrait afficher des photos de visages de bébés pour faire diminuer le taux de suicide dans les grandes villes.
Jésus est dans la joie en voyant les enfants qu’on lui présente, il voit qu’ils le voient malgré toutes les faiblesses qui sont propres à l’état d’enfance. L’un peut bien faire une crise pour que sa maman le prenne dans ses bras, l’autre bousculer son voisin, l’autre refuser de s’approcher, ils n’en gardent pas moins leur unité et tous leurs gestes sont l’expression de leur cœur.
Les disciples voudraient les écarter pour éloigner ces bruits et ces cris et Jésus leur dira : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »
Il leur imposa les mains, tant à ceux qui se précipitaient sur lui avec un sourire qu’aux autres que les mamans poussaient vers lui ou encore à ceux qui tentaient d’éviter sa main.
Jésus est totalement là pour eux, il se donnait entièrement à ce moment, il savait que, dans ces cœurs grands ouverts par leurs yeux brillants, sa semence de vie se déposerait tout au fond, pour y grandir et les garder bien unifiés, pour entrer dans l’unité que Jésus vient établir afin de nous garder en vie éternellement
NDC