16 juillet, Mt 11, 28-30 : Venez, je vous procurerai le repos comme si déjà vous étiez dans l’éternité.

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Évangile :

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Commentaires :

Jésus après avoir loué son Père d’avoir révélé aux tout-petits qu’il était celui qui venait du Père, s’adresse à eux en les invitant à venir à lui pour trouver le repos. 

Jésus qui est le plus grand en ce monde puisque, par lui, le monde fut et que tout subsiste en lui, se fait petit parmi nous. Il se fait le plus petit, non pour accentuer la difficulté à le reconnaître, non pour se faire rejeter. Jésus se fait petit pour que, du plus petit au plus grand, nous puissions venir à lui et recevoir de sa plénitude. Il vient en petit pour nous apprendre que notre grandeur ne réside point dans ce que nous avons, dans les honneurs, la gloire qui vient des hommes, les apparences, dans ce qui est extérieur. Notre grandeur est dans ce qui nous garde petits, car c’est à eux que se révèle celui qui vient au nom du Père afin de nous racheter. Nous pouvons bien savoir d’où il est et avoir la conviction de le connaître, mais cela ne résout en rien le problème de savoir comment lui vient sa sagesse et ses miracles. « Et qu’est-ce que cette sagesse qui lui a été donnée et ces grands miracles qui se font par ses mains? » (Mc 6, 2) « Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie… » (Mt 13, 55)

« Vous me connaissez et vous savez d’où je suis; et pourtant ce n’est pas de moi-même que je suis venu, mais il m’envoie vraiment, celui qui m’a envoyé. Vous, vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais, parce que je viens d’auprès de lui et c’est lui qui m’a envoyé. » (Jn 7, 28-29) « La parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé. » (Jn 14, 24) Il faut être tout-petit pour reconnaître le plus grand qui se fait petit pour redonner sa dignité à tous les petits comme aux grands qui se font petits.  

« Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s’est mis à l’écoute du Père et à son école vient à moi. Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d’auprès de Dieu : celui-là a vu le Père. » (Jn 6, 45-46)

Dieu engendre son Fils par l’opération du Saint-Esprit pour venir nous enseigner. Déjà, dans les bras de sa jeune mère, il nous enseigne sa douceur par sa fragilité, son abandon paisible à la volonté du Père et à cette jeune fille et son époux charpentier. Ce n’est pas dans un château qu’il vient se reposer, mais dans une mangeoire d’animaux. Il est dans la paix dans cette étable vulnérable, sans serrure, ouverte à tous les vents. Les anges courent les campagnes pour chanter sa gloire et inviter à venir adorer cet inqualifiable amour de celui qui est à l’origine de tout et en qui tout subsiste et qui se fait si petit, tout en étant plus grand par cette petitesse. Y a-t-il de plus grand dans l’univers que ce Dieu qui se fait petit enfant, comme tous les enfants de ce monde pour venir racheter tous les enfants de la mort et se livrer pour eux afin de leur donner pouvoir de devenir enfants de Dieu? Sa mère, si humble, s’extasie devant tant d’humilité de la part de Dieu en son Fils. Elle n’a de cesse de l’adorer et de le veiller comme la prunelle de ses yeux. Déjà dans son sein, elle portait celui qui est son Créateur, elle portait celui qui venait la sauver. Marie était d’un silence qui parlait plus fort que tous les chants du ciel à la naissance de son Fils. Elle rayonnait cette gloire de l’humilité de Dieu qui venait porter les péchés du monde pour nous faire entrer dans le Royaume de la vie éternelle, elle rayonnait comme un soleil de justice, comme une mère du Prince de la Paix. Marie avait attendu son Sauveur et voici qu’il est venu à elle pour venir à la multitude. Elle est déjà dans l’éternité, elle se repose dans l’amour de l’Éternel, elle est immobile et paisible dans son âme, son esprit exulte. Marie repose en Jésus et c’est Jésus qui est dans ses bras. Jésus s’endort et Marie repose. Où est-il le fardeau d’être refusé à l’hôtel pour accoucher? Où est-il le poids de ces odeurs de la crèche, de sa pauvreté? Jésus prend sur lui d’illuminer cette crèche et d’en faire un château par la joie qui y règne, par la paix qui se répand pour inviter les bergers, par la lumière. Même les étoiles nomment l’une d’entre elles pour inviter l’orient à venir l’adorer. 

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids de la pauvreté, et moi je vous procurerai le repos. Je ferai de vos tables des banquets où vous aurez tout en abondance, je vous ferai roi, prophète, prêtre. Qui peut entendre cette révélation sinon celui qui voit la crèche se faire château tout en demeurant un bercail d’animaux. “O Trinité Sainte” dit sainte Élisabeth de la Trinité, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, mais que chaque instant m’entraîne plus loin dans la profondeur de votre mystère. » Voilà le joug de Jésus, s’oublier pour s’établir en lui dans son humilité et sa douceur. Riche ou pauvre, dans une crèche ou un palais, la maladie ou la santé, ce sera la même joie, la même allégresse, le même amour de don pour les autres. 

Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger… Il est facile à porter l’oubli de soi, le renoncement à ce qui passe parce que c’est lui qui porte tout pour nous. « Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter » (Mc 8, 31) « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné, et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » (Jn 8, 28-29)

Ce qui plaît au Père, c’est de se livrer avec son Fils dans l’Esprit Saint pour sauver la multitude. 

Il se fait encore tout petit aujourd’hui, lui le plus grand. Il ne veut pas nous laisser seuls, il se fait petit dans le pain, il s’anéantit pour nous faire renaître en se faisant notre nourriture, il se fait petit pour nous porter et nous garder immobiles et paisibles comme si déjà nous étions dans l’éternité. 

NDC