16 mai, Jn 13,16-20, Les pieds lavés… les pieds cloués.

 In Méditer les écritures


Évangile :
Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Amen, amen, je vous le dis : le serviteur n’est pas plus grand que son maitre, le messager n’est pas plus grand que celui qui l’envoie.
Si vous savez cela, heureux êtes-vous, pourvu que vous le mettiez en pratique.
Je ne parle pas pour vous tous. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse la parole de l’Écriture : Celui qui partageait mon pain a voulu me faire tomber.
Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS.
Amen, amen, je vous le dis : recevoir celui que j’envoie, c’est me recevoir moi-même ; et me recevoir, c’est recevoir celui qui m’envoie. »
Commentaires :

Après avoir lavé les pieds de ses disciples… Jésus a pris dans ses mains les pieds de chacun des disciples. Les pieds de ces marins pêcheurs pour la plupart. Un pied acclimaté à marcher dans les galets des rives de la mer de Galilée pour tirer les filets où monter dans les barques. Jésus les a lavés pour les purifier. Il veut que ce geste et cette fraicheur de l’eau reviennent à leur mémoire au moment où les bourreaux cloueront ses pieds à la  croix afin que dans cette immobilité de ses pieds, les pieds des disciples soient libérés de leurs peurs pour marcher à sa suite et annoncer la Bonne Nouvelle du salut dans la joie et la paix de l’Esprit. Comme Jésus descend dans la mort pour nous libérer de la mort, ainsi il se fait chemin sur la croix en se laissant clouer sur la croix pour que nous puissions avancer sur ce chemin et nous offrir avec lui qui s’offre pour nous au Père afin de nous transformer en vivant de sa vie. 

Heureux êtes-vous dit Jésus si vous devenez offrande avec moi, vous saurez à ce moment que je suis le Chemin qui conduit à celui qui EST, car parmi vous « JE SUIS », celui qui  vous garde dans l’immobilité de la paix, de la joie de l’amour éternel dont vous êtes aimés. 

Jésus lave les pieds de Judas, des pieds qui déjà courent dans ses mains pour aller le livrer. Judas refuse d’entrer dans l’immobilité de l’offrande de soi pour les autres avec Jésus. Jésus regarda bien Judas dans les yeux en essuyant ses pieds avec la serviette à sa ceinture. Judas demeurer insensible à ce regard tout autant qu’au geste de Jésus. 

Dans la fraicheur du soir, les pieds en feu, Judas entendra bien Jésus dire : « Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse la parole de l’Écriture : Celui qui partageait mon pain a voulu me faire tomber.» 

Son pied posé bien ferme sur le sol et prêt à courir pour vendre celui qui est son Maitre se fera d’argile lorsque dans ses mains la froideur des pièces viendra éveiller sa conscience. Il les jettera sur le sol et se précipitera vers un arbre pour s’y pendre afin de trouver soulagement. Les pieds de Judas ne pouvaient plus supporter son poids, le poids de sa liberté. Il ne voyait pas que dans ce geste qu’il avait posé, il accomplissait l’Écriture et qu’il pouvait revenir à Jésus immobile sur la croix qui s’offrait pour lui et son retour dans la communion. 

NDC