16 mai, Jn 14, 27-31a : La paix de l’Éternel dans le monde évanescent !

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Évangile :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.

“Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car le prince de ce monde va venir. Certes, il n’y a rien en moi qui puisse lui donner prise, mais il faut que le monde sache que j’aime mon Père, et que je fais tout ce que mon Père m’a commandé.”

Commentaires :

“Le Fils de l’homme, dit Jésus, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter.” Et il disait à tous : “Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.” (Lc 9, 22-23) L’atmosphère est lourde parmi les disciples. Ce que Jésus dit avoir à traverser va à l’encontre de la pensée qu’ils se faisaient de l’avenir avec lui. Pourquoi Jésus baisse-t-il les bras devant ceux qui lui veulent du mal? A-t-il oublié tout le pouvoir qu’il possède pour chasser les esprits mauvais, redonner vie aux morts, rendre la santé aux malades? Les scribes et anciens ne parviennent pas à le piéger tellement sa sagesse est grande.

Les disciples ne saisissent pas cette souffrance que Jésus dit devoir traverser, ils n’acceptent pas que celui qu’ils aiment puisse mourir. Il est si jeune, il est tellement plein de vie. Ils pressentaient la victoire à sa suite, ils se voyaient à des postes importants dans son royaume, ils attendaient la gloire des hommes et les cris d’acclamation. Ils sont déchirés et n’osent l’interroger. Pierre a bien tenté de le détourner de cette voie et de lui affirmer que Dieu ne pouvait permettre une telle horreur pour le Messie. “Pierre, le tirant à lui, se mit à le réprimander en disant : ‘Dieu t’en préserve, Seigneur! Non, cela ne t’arrivera point! ’ Mais lui, se retournant, dit à Pierre : ‘Passe derrière moi, Satan! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes! ’ (Mt 16, 22-23)

La pensée des disciples n’arrive pas à saisir que Dieu puisse permettre cette souffrance et cette douleur pour son Messie. Le prince de ce monde a beau jeu de répéter à l’esprit des disciples ce qu’il proposait à Jésus afin de prouver qu’il était le Fils de Dieu. ‘Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : ‘Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, afin qu’ils te gardent. Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront, de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre.’ (Lc 4, 9-11) Comment Dieu permettrait-il que son Fils puisse souffrir de la moindre douleur? Ce pinacle du Temple n’a rien de si haut en comparaison des cieux d’où le Fils de Dieu descend pour venir sauver le monde. Jésus ne descend pas d’en haut pour prouver sa puissance et assujettir le monde par des prodiges, il vient prouver son amour et c’est sur la croix qu’il montera et c’est de là qu’il ouvrira son cœur pour inonder le monde de son Esprit, de cet Esprit qui l’unit à son Père et de cet Esprit par qui son Père lui est uni : ‘Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi! ’ Selon le mot de l’Écriture : De son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui; car il n’y avait pas encore d’Esprit, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié.’ (Jn 7, 37-39)

Cet amour et cet Esprit qu’ils vont recevoir du sein de Jésus transpercé, les disciples ne peuvent s’en faire une idée tellement cet amour donne plus que toutes les pensées qu’ils pourraient s’en faire. Ils se doivent avec Abraham de s’en remettre à la foi qui est semée en eux : ‘Espérant contre toute espérance, il crut et devint ainsi père d’une multitude de peuples, selon qu’il fut dit : Telle sera ta descendance. C’est d’une foi sans défaillance qu’il considéra son corps déjà mort — il avait quelque cent ans — et le sein de Sara, mort également; appuyé sur la promesse de Dieu, sans hésitation ni incrédulité, mais avec une foi puissante, il rendit gloire à Dieu, certain que tout ce que Dieu a promis, il est assez puissant ensuite pour l’accomplir.’ (Ro 4, 18-21)

Ils doivent avancer dans ce chemin de douleur, dans cette mort que Jésus annonce, ils doivent y entrer avec foi. ‘Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment; mais moi j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères.’ (Lc 22, 31-32)

Garder la foi même lorsque tout ne se passe pas comme nous le voudrions en ce monde, garder la foi en l’amour de Dieu, en sa puissance pour accomplir tout ce qu’il a promis. ‘La preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous. Combien plus, maintenant justifiés dans son sang, serons-nous par lui sauvés de la colère? Si, étant ennemis, nous fûmes réconciliés à Dieu par la mort de son Fils, combien plus, une fois réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie, et pas seulement cela, mais nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ par qui dès à présent nous avons obtenu la réconciliation.’ (Ro 5, 8-11)

Les disciples sont bouleversés, leur cœur est troublé. Pourtant c’est Jésus qui parmi eux devrait être plus qu’eux en cet état et pourtant les disciples le voient rayonner de paix. Encore une fois, Jésus demeure pour eux une énigme tellement il est différent d’eux.

Voilà qu’il leur dit : ‘C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés.’ À quoi sert cette paix que tu nous donnes si tu laisses les puissants de ce monde te précipiter dans la mort? Que vaut cette paix qui ne peut vaincre le néant? Où sera-t-elle cette paix lorsque tu seras parmi les morts? Jésus leur dira qu’il ne part pas pour ne plus jamais revenir comme leurs pères qui sont morts. Il part pour revenir et les remplir de la vie trinitaire, de cette paix qu’ils ne comprennent pas encore, ‘cette paix qui vous établira en moi, immobiles et paisibles comme si déjà votre âme était dans l’Éternité.’ (Sainte Élisabeth de la Trinité) ‘Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.’

Les disciples sont désemparés. La tristesse reste mêlée à cette joie que Jésus leur demande d’avoir devant son départ. Ils s’accrochent à la foi qu’ils ont en Jésus pour tenir debout dans cette tempête de bouleversements intérieurs. Ils n’arrivent pas à trouver le calme et Jésus de leur dire : ‘Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.’ ‘Vous tous, vous allez succomber à cause de moi, cette nuit même. Il est écrit en effet : Je frapperai le pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées. Mais après ma résurrection je vous précéderai en Galilée.’ (Mt 26, 31-32) Les disciples sont bouleversés et effrayés en entendant Jésus. Le prince de ce monde tremble encore plus d’entendre de la bouche de Jésus que les disciples vont comprendre et croire encore plus à la suite de ce qui se passera selon sa parole. Il ne peut rien contre lui, car il entre dans ce chemin de souffrance sans résister, rempli de la paix que rien ne peut troubler, ni l’en faire sortir, car il est dans le Père et le Père est en lui dans l’unité de l’Esprit qui vient.

Le prince de ce monde reconnait celui sur qui il ne peut rien, celui qui dans sa défaite vient le vaincre et rendre la liberté à la multitude pour entrer dans son amour que rien ne peut troubler.

‘Il enverra alors le Christ qui vous a été destiné, Jésus, celui que le ciel doit garder jusqu’au temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes. Moïse, d’abord, a dit, Le Seigneur Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète semblable à moi; vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira.’ (Act 3, 20-22)

NDC