16 sept, Lc 7, 31-35 : L’arche, la croix et l’Église.

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Évangile :

Jésus disait à la foule : « À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération? À qui ressemblent-ils? Ils ressemblent à des gamins assis sur la place qui s’interpellent : < Nous avons joué de la flute, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous n’avez pas pleuré.>

“Jean Baptiste est venu, en effet; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : < C’est un possédé! > Le Fils de l’homme est venu; il mange et il boit, et vous dites : < C’est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.> Mais la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants.”

Commentaires :

À qui donc comparer les hommes de la génération de Noé? À qui ressemblent-ils? Ils ressemblent à ces gamins assis sur la place qui s’interpellent. Noé construisait une arche de trois étages loin d’un plan d’eau pouvant porter un tel navire. Chaque coup de marteau invitait au repentir, exhortait à quitter une manière de vivre ignorant le Dieu invisible par qui tout subsiste et à participer avec lui à la construction de cette arche, seul vaisseau pouvant permettre de naviguer sur les eaux de tout ce qui tue à la relation à Dieu et à l’autre. Noé n’avait pour réponse que regards réprobateurs et que cris pour le traiter de fou.

“Entre dans l’arche, toi et toute ta famille, car je t’ai vu, seul juste à mes yeux parmi cette génération.” (Gn7, 1) Sur la place, les rires se faisaient entendre en voyant Noé et sa famille entrer dans ce vaisseau perdu au milieu des rochers et du sable.

“Par la foi, Noé, divinement averti de ce qui n’était pas encore visible, saisi d’une crainte religieuse, construisit une arche pour sauver sa famille. Par la foi, il condamna le monde et il devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi.” (Hé 11, 7)

“Or la foi est la garantie des biens que l’on espère, la preuve des réalités qu’on ne voit pas. C’est elle qui a valu aux anciens un bon témoignage. Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu, de sorte que ce que l’on voit provient de ce qui n’est pas apparent.” (Hé 11, 1-3)

C’est la foi qui donne d’entendre la voix de Jean Baptiste dans le désert qui prépare le chemin à l’Agneau de Dieu. C’est la foi qui donne d’entendre la musique de la source de vie qui coule du cœur transpercé de Jésus.

Pour celui qui trouve son intérêt dans ce monde qu’il croit insubmersible, il ne voit que folie à entrer dans l’arche, ce vaisseau au milieu d’un désert. La sagesse de Dieu est folie aux yeux des hommes, toutefois : “La sagesse de ce siècle est folie devant Dieu” (1 Co 3, 19)

La croix de Jésus est le seul navire pouvant naviguer sur les eaux de ce monde sans amour et nous mener à l’unité en construisant un vaisseau constitué de pierres vivantes, toutes unies par le Christ Jésus présent en chacun. Un vaisseau Église qu’aucune tempête ne peut faire sombrer et qui traverse les siècles pour rassembler ceux qui croient à celui qui meurt sur la croix pour donner la vie en donnant sa vie.

Entendez-vous ce chant de deuil de sa mort qui se mêle à la musique du chant de sa résurrection? Voyez-vous la tête de Jean Baptiste roulant dans la poussière et Jésus s’élevant sur la croix pour être la Tête de l’Église en sortant de la poussière du tombeau?

Toutes les générations sont rassemblées devant le spectacle de la croix et c’est à chacune de répondre dans la foi à l’invitation de la fête de la mort de la mort et du retour du triomphe de la vie par le Fils de Dieu.

“Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents je la rejetterai. Où est-il, le sage? Où est-il, l’homme cultivé? Où est-il, le raisonneur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde? Puisqu’en en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants.” (1 Co 1, 18-21)

“C’est pourquoi je fléchis les genoux en présence du Père de qui toute paternité, au ciel et sur la terre, tire son nom. Qu’Il daigne, selon la richesse de sa gloire, vous armer de puissance par son Esprit pour que se fortifie en vous l’homme intérieur, que le Christ habite en vos coeurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l’amour.” (Éph 3, 14-17)

NDC