17 avril, Mt 28, 8-15 : Le grand conseil achète le silence de mort sur le Ressuscité!

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Évangile :

Quand les femmes eurent entendu les paroles de l’Ange, vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui.

Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des hommes chargés de garder le tombeau allèrent en ville annoncer aux chefs des prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en leur disant : « Voilà ce que vous raconterez : < Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.> Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »

Les soldats prirent l’argent et suivirent la leçon. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à ce jour.

Commentaires :

Au temple, le grand conseil est réuni, l’inquiétude se lit sur les visages. Les gardes du tombeau ont rapporté ce qui s’est passé. Tous se regardent en silence. Le chuchotement monte, le grondement des voix, tout proche du grognement. Comment accepter un tel fait sans risquer de faire détruire le temple et la nation? La même raison de la condamnation de Jésus refait surface. Il fallait le tuer lorsqu’il était vivant, il faut le tuer dans les esprits après sa résurrection. Encore aujourd’hui, il fait l’objet de condamnation à mort persistance. Il est mis au rang des philosophes, des gourous, des prophètes, des charlatans, des idéologies, des menteurs, des rêves, des élixirs pour contrer les angoisses de la mort, des souvenirs… Jésus dérange toujours et pourtant quel mal fait-il en nous ouvrant le chemin de la vie éternelle sans rien demander que de le suivre pour y accéder, car il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Il est à l’origine de la vie nouvelle par sa mort et sa résurrection. Il est le premier-né d’entre les morts.

Qui peut avoir deux pères ou deux mères? « En effet, il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous les hommes. » (1 Tim 2, 5-6) Il ne peut y avoir deux ou plusieurs dieux, il n’y a qu’une origine à chaque chose, chaque individu. Nous le comprenons lorsque c’est une maladie comme le sida par exemple. Nous recherchons l’origine afin de pouvoir mieux la combattre et l’éliminer. Un virus se forme et il peut détruire l’humanité entière. Pour le bien, c’est la même chose. Un aliment qui est bon pour la santé à un endroit du globe est bon pour toute l’humanité et pour toujours.

Personne dans tous les dieux de ce monde n’a prétendu être la résurrection et la vie, personne n’a donné sa vie en rançon pour soigner toute l’humanité de la mort et du mal. Si le même médicament peut soigner d’un continent à l’autre ainsi le Christ pour nourrir dans la foi tous les esprits afin qu’ils demeurent dans l’amour de Dieu et de l’autre comme soi-même, comme le Christ nous a aimés. « Dieu est Esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité » (Jn 4,24)…

« Bien qu’il y ait en effet, au ciel et sur la terre, des êtres qu’on appelle des dieux — et il y a une quantité de “dieux” et de “seigneurs” — pour nous, en tout cas, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et vers qui nous allons; et il n’y a qu’un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous existons. » (1 Cor 8, 5-6)

 

Qui aurait cru, après avoir vu l’état dans lequel les autorités civiles et religieuses avaient mis Jésus qu’il reviendrait à la vie après trois jours? Il était méconnaissable sous les crachats et les coups de fouet, il l’est tout aussi méconnaissable avec son visage de ressuscité. Tous les coups sur son visage sont devenus des marques de gloire qui ajoutent à sa beauté et à la grandeur de sa divinité. Qu’il était grand et puissant, Jésus pouvait le montrer, mais qu’il nous aimât et qu’il fût aussi humble pour nous le prouver afin de nous attirer à la vie, cela était voilé. C’est pourquoi le père du mensonge a pu pousser Adam qui est à notre origine hors de la présence de Dieu. « Si vous mangez du fruit de l’arbre, vous serez comme des dieux, vous ne mourez pas. » Ainsi, Adam a douté de l’amour de Dieu, il a cru pouvoir devenir dieu sans Dieu et se faire son égal croyant que Dieu craignait cette relation égalitaire.  «  Par un seul homme, Adam, le péché est entré dans le monde, et par le péché est venue la mort; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché. » (Rom 5, 12)

Eh bien! en son Fils qui se livre en rançon pour nous, qui se donne en nourriture, en qui nous pouvons renaître, il nous fait fils de Dieu. Le mensonge de l’origine ne peut plus tenir devant tant d’amour.

Dieu est un Dieu tout-puissant d’amour et l’amour ne peut avoir deux sources, tout comme l’univers deux créateurs.

La mort et la résurrection de Jésus, c’est d’abord le voile déchiré du temple qui nous révèle que Dieu nous aime. Ce n’est pas une guerre de doctrines pour savoir qui a raison. Nous mourrons si nous faisons chemin seul sans Dieu, nous mourrons si nous n’observons pas les lois de notre nature humaine, nous le savons bien. Nous pouvons boire tant que nous voulons au risque de se détruire, tout comme manger ou tout autre excès. « C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. » (Jn 8, 24) Il n’y a rien d’une menace en ces propos, c’est la vérité et la vérité ne peut être multiple, elle est une comme notre origine : « Je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité. » (Jn18:37) La vérité c’est de connaître l’amour de Dieu pour nous, connaître cet amour, c’est s’y abandonner dans la foi sans crainte les puissances du mensonge.

« Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection. En effet, c’est en Adam que meurent tous les hommes; c’est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu’il reviendra. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C’est lui en effet qui doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort, car il a tout mis sous ses pieds. » (1 Cor 15, 21-27)

Tout est accompli au matin de la résurrection, mais tout n’est pas achevé. Au tour des témoins d’aimer comme il nous a aimés afin de construire son Église, « car c’est à l’amour que vous aurez entre vous que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples. »

Jésus est ressuscité, mais la mort est toujours là pour nous faire douter de l’amour de Dieu. Les disciples ont beau être dans la joie, la peur des autorités est toujours là, eux qui détiennent le pouvoir de faire mourir et vivre du moins pour ce temps.

Les femmes quittent le tombeau à la suite des paroles de l’ange, elles quittent tremblantes et joyeuses devant l’incroyable. Celui dont elles étaient certaines qu’il était mort puisqu’elles avaient été témoins de cette mort horrible, il est vivant. Ce n’est pas pour lui que Jésus est venu, c’est pour nous, pour entrer dans notre mort comme il est entré dans notre nature humaine afin de la libérer ce qui l’éloigne de l’amour.

Elles courent porter la nouvelle de l’incroyable aux disciples. Encore une fois, tout comme au jardin de l’origine, il y a un interdit. Les yeux ne peuvent voir l’arbre de vie que dans la foi, sans la foi l’arbre de la croix demeure une potence monstrueuse. Cette foi, Dieu la répand abondamment dans les cœurs, comme le semeur qui lance les semences. C’est à chacun de la faire grandir pour lever le voile sur l’arbre de vie et voir la gloire de Dieu. Dieu nous aime et ne nous abandonne jamais, même nos cheveux sont comptés, tous nos soupirs sont entendus, toutes nos souffrances portées. Qui peut croire être aimé à ce point? À notre tour d’aimer de cet amour en regardant celui qui nous a aimés jusqu’à mourir sur la croix pour nous.

Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’accrochent à lui comme pour ne plus le quitter. Jésus leur dit d’être sans crainte, d’annoncer la nouvelle.

Si les femmes tremblaient de joie, étaient ivres de joie, les gardes sont bouleversés de ce qui vient d’arriver et ils courent annoncer la nouvelle eux aussi. Ils courent vers le grand conseil au temple. Un peu d’argent comme dans les goussets de Judas, bâillonnera la bouche des gardes et en fera des esclaves du mensonge de ce monde… Dieu ne nous aime pas, profitez de la vie tant qu’elle passe.

« Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »Ses disciples se rappelèrent cette parole de l’Écriture : L’amour de ta maison fera mon tourment. Les Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais! » Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. » (Jn 2, 16-22)

NDC