17 juillet, Mt 10,34-42.11, 1 : Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui.

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Évangile :
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.
Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère :
on aura pour ennemis les gens de sa propre maison.
Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
Qui veut garder sa vie pour soi la perdra; qui perdra sa vie à cause de moi la gardera.
Qui vous accueille m’accueille; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète; qui accueille un homme juste en sa qualité d’homme juste recevra une récompense d’homme juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraiche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : il ne perdra pas sa récompense. »
Jésus acheva ainsi de donner ses instructions aux douze disciples, puis il partit de là pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.
Commentaires :

« Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d’entre eux ne tombera au sol à l’insu de votre Père! Et vous donc! Vos cheveux mêmes sont tous comptés! » (Mt 10, 29-30) Pas un de vos cheveux ne tombera au sol à l’insu de votre Père…

Si le Père compte ainsi les cheveux, c’est que la valeur des têtes qui les portent et tout le corps qui les soutient pour lui d’une préciosité inestimable à son coeur. Il est beaucoup plus que celui qui recueille la poussière d’or pour ne rien en perdre, tellement chaque enfant est à son cœur un bien d’une beauté unique.

Le Père ne veut rien perdre de chacun, pas seulement les cheveux, mais aussi les soupirs et les désirs, les rêves et les moindres pensées. Le moindre regard a pour lui un prix, car des troupeaux entiers peuvent venir courir dans son esprit par un simple regard.

Le Père veut tout, il veut que tout soit amour, vie, joie, non pour lui qui est la source de tout et qui peut de rien toujours recommencer à faire plus. Il veut tout, lui qui donne tout, pour que rien de tout ce qu’il a fait par amour ne se perdre dans un chemin d’obscurité sans porter les fruits abondants que chacune de ses créatures doit donner.

Le Père veut que tous les yeux des enfants qui voient le jour conservent l’éclat de la vie et que l’iris et la pupille dansent dans la lumière de la vie. Il les veut pleins d’étoiles comme les yeux des amoureux, avec « une bouche pleine de rires et les lèvres de chansons. » (Ps 126[125] 2)

Le Père a vu pourtant les paupières se fermer pour ne plus s’ouvrir, les corps devenir blêmes et retourner à la poussière. Il a vu les esprits partir en troupeaux dans le royaume de la mort, avec le souvenir des champs de blé, de leurs amours, il a entendu leurs cris. Un mensonge a suffi pour revêtir chacun d’un linceul, un mensonge : « Dieu ne vous aime pas. » Il vous faudra vous faire son égal pour posséder la vie qui est la sienne. Un mensonge qui tel un glaive a rompu le lien avec le Père.

« Bouche méchante et bouche d’imposture s’ouvrent contre moi. On me parle une langue de mensonge, de paroles de haine on m’entoure, on m’attaque sans raison. Pour prix de mon amitié, on m’accuse, et je ne suis que prière; on amène sur moi le malheur pour prix du bienfait, la haine pour prix de mon amitié. » (Ps 109, 2-5)

À vouloir se faire l’égal de Dieu sans Dieu, à vouloir l’enterrer, le père du mensonge a fait advenir un monde de mensonges dans le monde de Dieu, un monde voué à tomber dans la fosse qu’il a creusée.

« Qui conçoit le mal et couve le crime enfantera le mensonge. Qui ouvre une fosse et la creuse tombera dans le trou qu’il a fait. » (Ps 7, 15-16)

Au glaive du mensonge, le Seigneur Dieu répondra par le glaive de la vérité, et la vérité c’est que Dieu est Amour, il n’est qu’Amour. Notre Dieu amour ne tombera pas dans le piège de la violence, de la vengeance, pour donner vie à la mort en répondant au mensonge comme s’il était une réalité. Dieu n’est qu’Amour et il n’y a jamais eu un cheveu de ce qui n’est pas amour dans tous ses desseins, pas une pensée qui ne soit amour.

À ce moment, en voyant les cheveux d’Adam tomber et vieillir, il les a comptés précieusement avec ceux d’Ève, la femme mise à son côté. Et déjà, il préparait le sein de la nouvelle Ève en cette chair pour engendrer son Fils par la puissance de l’Esprit. La Trinité est déjà en action de création pour renverser la mort et le mensonge. Toutes les générations en Adam et Ève ont fermé les paupières sur la lumière de la vie par le glaive du mensonge. Caïn lèvera la main sur son frère par jalousie, ce sentiment qui dans l’amour n’a pas de place. Et toutes les divisions se suivent, car à vouloir être dieu sans Dieu, nous ne pouvons être dieu avec tous les autres. Ce sera à qui sera le plus grand menteur pour s’emparer de trône, là où il n’y a pas d’amour.

Pourtant, malgré ce combat Dieu reste fidèle à son amour, il ne chute pas avec nous dans les fruits de la mort : « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles? Quand elle l’oublierait, Moi je ne t’oublierai point. » (Is 49:15) Le Père n’oublie pas qu’il n’est qu’amour et rien de ce qui ne l’est pas ne trouve chemin pour y entrer, il est amour parfait et il nous donnera le chemin pour retrouver cette perfection et faire mourir la mort en nous.

Pour nous prouver son amour et nous ramener dans la vérité de la vie, que fait ce Dieu amour : « Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, le Christ Jésus est mort pour nous. » (Ro 5:8)

Dès notre chute, Dieu entend les coups de fouet que son Fils unique recevra, ils sont dans sa mémoire avant même qu’ils soient.

Il appréhendait le jour de cette flagellation avec douleur pour son Fils et en même temps avec joie pour nous, car en son Fils, il nous prouvait son amour et payait rançon au mensonge où nous errions.

« Mais Il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur Lui, et c’est par Ses meurtrissures que nous sommes guéris. » (Is 53:5) « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » (Jean 3:16)

Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui. Comment ne pas ressentir en notre âme ce glaive de la parole de vérité qui vient nous donner la paix, cette paix qui prend sur lui tout ce qui peut nous enlever la certitude d’être aimés et que jamais nous ne serons abandonnés aux mains de la mort et de son cortège de haine, de violence, de tristesse?

« Garde-moi comme la prunelle de l’oeil; Protège-moi, à l’ombre de tes ailes. » (Ps 17:8) Il se met devant celui qui nous frappe pour nous protéger, il prend tout sur lui.

Le Père voyait bien à la main du soldat ce fouet avec ses billes brillantes au bout de lanières de cuir, il entendait bien l’ordre de Pilate de le faire flageller. Il voyait bien la horde de soldats venir à l’instant pour tirer Jésus comme une bête par la corde qui lui liait les mains. Et il comptait les sueurs des soldats tombant au sol et se mêlant au sang de son Fils pour les racheter. Qui peut comprendre un tel amour? « Car ton créateur est ton époux : L’Eternel des armées est son nom; Et ton rédempteur est le Saint d’Israël : Il se nomme Dieu de toute la terre; » (Is 54:5)

« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive ». Un glaive qui vient briser les liens du mensonge qui dit que Dieu ne nous aime pas. Un glaive que Jésus retourne contre lui pour mourir pour nous afin de que nous ressuscitions avec lui. Comment la mort pouvait-elle retenir celui qui n’a semé que la vie autour de lui, même dans sa mort?

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné, et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » (Jn 8, 28-29)

Comment ne pas aimer plus que tout et tous celui qui nous donne par son amour de retrouver tout et tous, et cela pour l’éternité dans l’amour? Comment refuser de perdre ce qui nous perd et ne pas tout quitter pour entrer avec lui dans cet amour qui est vie éternelle? Comment refuser cette paix que le glaive de son amour apporte?

« Vois! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi-même, une épée te transpercera l’âme! — afin que se révèlent les pensées intimes de bien des coeurs. » (Lc 2, 34-35)

Que Marie nous obtienne la grâce au nom des mérites de son Fils de courir avec joie vers tous les détachements et les renoncements afin d’entrer dans l’unité de l’amour de Dieu et ainsi reconnaître en chacun sa présence.

« Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn 17, 21)

NDC