17 mai, Jn 15, 1-8 : La vigne et la croix

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Évangile :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il donne davantage. Mais vous, déjà, vous voici nets et purifiés grâce à la parole que je vous ai dite : < Demeurez en moi, comme moi en vous.> De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

“Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, il est comme un sarment qu’on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brulent.

‘Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.’

Commentaires :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il veut bien montrer à ses disciples qu’il est venu dans ce monde pour y demeurer et le faire renaitre à la vie éternelle. ‘Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.’ Moi, je suis le nouveau cépage que mon Père vigneron a semé en ce monde pour y donner un fruit de vie éternelle. ‘Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle.’ (Jn 3, 14-15) Moi, je suis la vraie vigne qui s’élève pour porter les fruits de la vie éternelle.

Le Père vigneron a par avance puisé dans les richesses de grâce de la vraie vigne pour préparer la matrice immaculée du Germe de vie éternelle qui venait grandir en ce monde de ténèbres, de sécheresses, de stérilité, pour y répandre la vie nouvelle.

Il a veillé sur sa vigne pour accomplir son dessein d’amour envers la multitude. Marie et Joseph étaient par leur humilité à l’écoute de l’Esprit pour veiller sur l’enfant, vigne du Seigneur. ‘Ils accomplissaient tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur (…) et l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui.’ (Lc 2, 39.40)

La vigne grandissait et s’enracinait en ce monde. ‘Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.’ (Jn 1, 4-5) La pleine lumière assure la santé de la vigne, elle l’absorbe par ses feuilles et elle promet ainsi de beaux fruits. Alors, comment ne pas avoir toutes les attentes des plus beaux fruits de cette vigne qui est la vie elle-même, qui est la lumière même et le soleil des soleils?

‘Je suis la vraie vigne, dit Jésus, et mon Père est le vigneron’. Quelle joie devrait monter de tous les coeurs sur cette terre à voir cette vigne s’élever et nous attirer pour nous y unir à elle afin de faire couler dans nos veines sa sève! ‘Telle est ma joie, dit Jean-Baptiste, et elle est complète. Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse. Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et son témoignage, nul ne l’accueille.’ (Jn 3, 29-32)

Cette sève est son sang qu’il vient verser pour nous afin de nous racheter de ce monde stérile où la vie s’écrase dans la mort, tel un avion dans l’océan. Ce sang très précieux qui nous purifie de ce qui nous sépare du vigneron et de la vigne et ainsi nous garde unis au vigneron et à sa vigne pour porter du fruit en abondance, ce sang a été versé sur la croix, l’arbre de vie.

‘Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné, et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît.’ (Jn 8, 28-29)

Ce sang qui coule de la croix est incompatible avec le sang de celui qui ne se donne pas avec lui pour les autres, avec celui qui ne pardonne pas comme il est pardonné, avec celui qui n’est pas assoiffé de justice, qui n’est pas artisan de paix, qui ne pleure pas avec ceux qui pleurent.

‘Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il donne davantage.’ Tout sarment qui demeure en lui peut accomplir par sa grâce ce que lui a fait pour nous et ainsi il demeure en lui pour porter plus de fruits. Il n’hésitera pas à tendre l’autre joue à celui qui vient de le frapper, à donner son manteau à celui qui prend sa chemise, à faire deux mille pas pour celui qui en demande mille, à se faire artisan de paix, à choisir la douceur. Qui nous séparera de la vigne du Christ, de l’amour du Christ… qui nous empêchera de laisser couler en nous ce sang de Jésus qui nous rend vivants et nous fait porter les fruits de l’amour véritable. La vraie vigne est l’amour véritable, l’amour qui se donne et qui est vie parce qu’elle est communion avec tous par le Fils de Dieu qui se donne à nous et en qui le Père est présent dans la puissance de l’Esprit.

La gloire de Dieu c’est que nous soyons des amoureux fous, des amoureux qui ne renoncent pas à aimer de l’amour dont ils sont aimés à chaque instant.

‘Qui nous séparera de l’amour du Christ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive? Selon le mot de l’Écriture : À cause de toi, l’on nous met à mort tout le long du jour; nous avons passé pour des brebis d’abattoir. Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur.’ (Ro 8, 35-39)

NDC