18 août, Lc 12, 49-53 : Le feu et la division

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Évangile :
Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! Je dois recevoir un baptême comme il m’en coute d’attendre que ce soit accompli!
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »
Commentaires :
Qui mieux qu’un enfant voit la beauté du monde et des gens! f Il a en lui une lumière qui donne à ses yeux une perception transparente de ce qu’il voit. Son regard est le même devant l’itinérant ou la personne aux vêtements luxueux. Il aura le même enthousiasme à retrouver des amis dans une mansarde ou un château. L’image de Dieu en lui est intacte et cette beauté rayonne dans ce qu’il est. Il peut marcher en titubant, il demeure gracieux. De l’enfant rayonne une lumière intérieure qui en fait un maître de l’amour de Dieu et du prochain. Jésus fait l’éloge des enfants à ses disciples : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux? » Il appela à lui un petit enfant, le plaça au milieu d’eux et dit : « En vérité je vous le dis, si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. » (Mt 18, 1-4) « Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi; car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume des Cieux. » (Mt 19, 14) Les enfants rayonnent de la lumière de l’amour de Dieu pour eux, ils sont témoins de cette lumière. Toutefois, ils sont un matériau sans résistance dans les mains de ceux qui les forment et rapidement cette lumière s’atténue pour laisser apparaître les éclairages des adultes, surtout dans leurs exemples. Jésus voudrait les prendre tous dans ses bras et les bénir afin qu’ils gardent cette lumière et demeurent dans cet amour confiant envers les autres. Qui mieux que les enfants peuvent reconnaître qu’il est la lumière de Dieu venu dans le monde pour le sauver? L’enfant par excellence qui vient par son don nous faire enfants de Dieu à jamais! Fini, ces inquiétudes du manger et du boire, du prestige et de la gloire, de la fortune ou de la pauvreté, de la santé ou de la maladie! Le temps de s’en remettre au Père est venu, comme l’enfant qui joue sans s’inquiéter de ce qu’il mangera. Il attend l’appel de sa maman qui lui dira : « Le repas est prêt, viens à la table. »
Jésus brûle du désir de voir plein d’enfants autour du Père qui vivent dans la lumière de son amour et témoignent de cette vie avec le Père par la joie qui rayonne de leurs yeux. Peut-il y avoir un saint triste, un amoureux qui ne vit pas seulement d’amour, un enfant qui ne se nourrit pas de la volonté de son Père?
« Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues… » (Mt 10, 17) Méfiez-vous des hommes qui se prennent au sérieux et qui ne sont pas sérieux dans ce qu’ils vivent :
« Sur la chaire de Moïse se sont assis les scribes et les Pharisiens : faites donc et observez tout ce qu’ils pourront vous dire, mais ne vous réglez pas sur leurs actes : car ils disent et ne font pas. » (Mt 23, 2-3) « Ouvrez l’oeil et méfiez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens! » (Mt 16, 7) Ils ont belle apparence à l’extérieur et au-dedans ce n’est qu’ossements et pourriture. Ils sont sans feu, toutes leurs lumières sont à l’extérieur. Ils ne cherchent que le pouvoir sur les autres, les premières places, les salutations, enfin tout ce qui leur donne l’impression d’exister. Méfiez-vous de tous ces artifices qui nous dissimulent à nous-mêmes, qui nous sortent de notre identité pour nous faire adopter une identité à la mode, loin de notre être véritable. Méfiez-vous de devenir un objet parmi les objets convoités dans ce monde. Il n’y a rien de plus immobile et sans vie qu’un objet, rien de plus froid, plus stérile qu’un objet, rien de plus sans cœur.
« Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. » (Mt 10, 21-22) Le frère sans vie ne pourra supporter celui qui demeurera insensible à ses objets, le père sans vie ne pourra supporter que son enfant renonce à son héritage pour ne vivre que d’amour et de la volonté du Père du ciel.
Jésus brûle du désir de nous rendre notre identité d’enfant, de nous faire renaître comme enfant de Dieu par sa mort sur la croix et sa résurrection du tombeau. « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître? » Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. » (Jn 3, 3-6)
Jésus brûle d’allumer à jamais ce feu sur la terre qu’il est venu porter. Comme il voudrait qu’il soit déjà allumé pour que chacun retrouve ses yeux d’enfant, son regard d’amour sur le Père et sur ses frères et sœurs. Il lui en coûte d’attendre de recevoir ce baptême où il descendra dans la mort pour redonner place à la vie éternelle dans ce monde mortel. Il lui tarde que la vérité de l’amour reprenne son droit sur le mensonge de la haine, que la justice miséricordieuse du Père se substitue à la justice égoïsme des maîtres de ce monde.
Pensez-vous que l’amour du Père et des autres comme soi-même reprendra son droit sur l’amour de soi sans les autres, que la vérité dévoilera le mensonge sans susciter la rage de ceux qui agissent dans les ténèbres et ne veulent pas voir la lumière? Ceux qui préfèrent les ténèbres d’une réalité apparente avec ses artifices se diviseront de ceux qui choisissent le feu qui purifie de tout ce qui n’est pas amour.
Les œuvres de ceux qui agissent dans lumière dévoilent l’agir mauvais de ceux qui sont enlisés dans les ténèbres des apparences. Ils témoigneront par la douceur, la bonté, la patience, le pardon, l’annonce de la parole de vie et les amoureux de l’argent, du pouvoir, de la gloire ne pourront les supporter. Ils grinceront des dents seulement à entendre la parole de celui qui témoigne de l’amour de Dieu.
« Nuques raides, oreilles et coeurs incirconcis, toujours vous résistez à l’Esprit Saint! Tels furent vos pères, tels vous êtes! Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » À ces mots, leurs coeurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. « Ah! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. » (Act 7, 51-57) L’amour ne veut pas avoir raison, il est notre seule raison de vivre, qui que nous soyons. De l’entendre lorsque nous sommes enivrés de l’amour de soi sans tous les autres, cela est insupportable.
« Je vous le demande : est-il permis, le sabbat, de faire le bien plutôt que de faire le mal, de sauver une vie plutôt que de la perdre? » Promenant alors son regard sur eux tous, il lui dit : « Étends ta main. » L’autre le fit, et sa main fut remise en état. Mais eux furent remplis de rage, et ils se concertaient sur ce qu’ils pourraient bien faire à Jésus. » (Lc 6, 9-11)
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde? Non en ce monde de convoitises, d’artifices, mais oui, j’apporte la paix du cœur avec une joie que rien ne peut ravir à ceux qui seront baptisés dans ma mort et renaitront à ma vie, même s’ils sont vieux. « Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre coeur ne se trouble ni ne s’effraie. » (Jn 14, 27)
NDC