18 juillet, Mt 11, 20-24 : Qui peut se faire l’ennemi de Dieu?

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Évangile :

Alors Jésus se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles, mais n’avaient pas fait pénitence. « Malheur à toi, Chorazeïn! Malheur à toi, Bethsaïde! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel? Jusqu’à l’Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd’hui. Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome i­­l y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. »
Commentaires :

Qui peut se faire l’ennemi de Dieu? Dieu aime ses ennemis et prie pour ceux qui le persécutent. N’est-ce pas ce qu’il nous dit par son Fils bien-aimé en qui il a mis tout son amour : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » (Mt 5, 44-45) Qui peut se faire l’ennemi de Dieu? Couvert d’injures, de crachat, frappé, crucifié, le Fils unique trouve encore le mot qui fait triompher l’amour : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23,33-34) Incroyable amour, un océan d’amour qu’aucune pierre lancée dans sa profondeur ne peut troubler. « À celui qui te frappe sur une joue, présente aussi l’autre; et si quelqu’un t’ôte ton manteau, ne l’empêche pas de prendre aussi ta tunique. » (Lc 6, 29)

Qui peut se faire l’ennemi du Père? Si rien dans le ciel et sur la terre ne peut le transformer en ennemi, il ne craint en rien pourtant celui qui se fait son ennemi, ni celui qui lève la main sur lui pour le tuer. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » (Mt 10, 28)

Si Dieu n’est l’ennemi de personne, celui qui se fait son ennemi doit pourtant craindre un tel amour! Rien qui n’est pas amour ne peut entrer en lui, rien, le moindre petit microbe de ce qui n’est pas amour ne peut s’unir à lui et entrer dans le Royaume. Il faut craindre cet amour qui transforme en amour tout le mal qui lui est fait. Cette lance qui transperce son cœur deviendra l’arme qui ouvre la source de vie éternelle; cette mort dans laquelle on le plonge deviendra la mort de la mort par la résurrection, la victoire de l’amour définitive sur la haine.

Il faut craindre celui qui peut faire périr l’âme, ce lieu de l’unité avec Dieu et tous les autres dans l’amour, il faut craindre cet isolement de tous dans la solitude au milieu d’une armée d’ennemis.

Alors Jésus, le doux et humble de coeur, le Fils unique du Père, alors Jésus se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles, mais n’avaient pas fait pénitence. « Malheur à toi, Chorazeïn! Malheur à toi, Bethsaïde! Heure du mal que tu te fais en refusant de t’ouvrir à tout le bien que tu reçois, viendra et elle vient. Mal-heure, malheureux êtes-vous de ne pas vous laisser attirer par tant d’amour! Qui n’a pas vu la maman retrouver son fils mort, l’aveugle retrouver la vue, le lépreux reprendre sa place, le pain se multiplier, l’eau se changer en vin, les esprits mauvais s’enfuir à sa parole? N’allons pas croire que ces invectives sont sans amour! Elles ne sont qu’amour! Il a la même tendresse pour Corazine, Bethsaïde, Capharnaüm sa propre ville que pour Jérusalem : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes… et vous n’avez pas voulu!” (Lc 13:34)

Corazine, Bethsaïde, Capharnaum, Jésus pleure devant ce refus d’entrer dans le dessein d’amour du Père, de faire pénitence de vos querelles, de vous repentir et renaître par le Christ. Les temps de l’ignorance ne peuvent durer à jamais, le temps de la division, de la mort, du mal ne peut écraser pour toujours la victime du meurtrier sous la terre.

Tyr et Sidon, les villes païennes se seraient repenties devant tant de miracles. Il y a un refus de l’amour dans cet endurcissement du cœur devant tant de miracles. Il y a une complaisance dans la domination des autres, dans la rivalité, la supériorité, la distance avec ceux qui sont différents. N’est-ce pas cela l’Hadès, le lieu de la solitude au milieu d’autres solitudes, le lieu du silence dans un bruit infernal, le lieu de la haine? “En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui perd sa vie la sauvera…” (Jn 12,24) Repentez-vous de cette vie sans amour de tous, perdez cette vie qui fait de l’autre un étranger.

“Car le Père ne juge personne; il a donné au Fils le jugement tout entier,” (Jn 5:22) “En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.” (Jn 5, 24)

“Car Dieu n’a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par son entremise.” (Jn 3:17) “Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, pour qu’il vous élève au bon moment; de toute votre inquiétude, déchargez-vous sur lui, car il a soin de vous.” (1 Pi 5:6 -7)

Humiliez-vous donc devant tant d’amour, car celui qui s’abaisse sera élevé. “Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu’au ciel?” À refuser de t’abaisser devant l’Agneau de Dieu comme il s’abaisse pour se livrer pour le salut de tous, tu descendras loin de la communion par lui dans l’Esprit Saint avec le Père.

Sodome, cette ville païenne, ne cherchait en rien à s’élever au ciel, elle se goinfrait des nourritures terrestres sans autre prétention. “Je vous le dis : les collecteurs d’impôts et les prostituées vous précéderont au royaume de Dieu” (Mt 21,31).

Malheur à toi de ne pas croire que tu es aimé de Dieu! Malheur à toi de croire que tu es fait pour le vide et le néant! Depuis la venue de Jésus, il y a tant de miracles d’amour dans le monde, comment demeurer insensible à tant d’amour?

NDC