18 juin, Jn 6, 51-58, Le pain de vie et l’Agneau immolé

 In Méditer les écritures

Évangile :

Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »
Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

 

Commentaires :

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »

En entendant les paroles de Jésus, les autorités religieuses pensent avec conviction avoir trouvé la faille pour se débarrasser de ce faiseur de prodiges qui attire les foules. Il divise l’unité du peuple en l’éloignant de la tradition de Moïse. Il menace le temple, la survie de la nation. Les autorités se régalent de son affirmation tellement elle paraît insoutenable : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger? »

Si ces gens connaissaient mieux la tradition qu’ils prétendent défendre, ils comprendraient le sens des paroles de Jésus : « Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. » (6, 48-50) Nous pourrions retourner la question que ces hommes posent à Jésus en disant : Comment ces autorités religieuses peuvent-elles être aussi sourdes et aveugles à accueillir ce cadeau inestimable, ce pain de vie éternelle?

« Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l’Écriture : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son coeur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu’ils me rendent; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. » Il leur disait encore : « Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour observer votre tradition. » (Mc 7, 6-9)

Encore aujourd’hui, nous entendons mal ces mots de Jésus : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »  Incroyable présent offert par le Père en son Fils, que ce pain. Une immense clameur devrait monter au ciel pour acclamer Dieu pour ce merveilleux don :

« Et voici ce que j’ai vu encore : en face du Trône, en face des quatre Vivants et des Anciens, il y avait un Agneau; il se tenait debout, et il était comme immolé; (…)  Il s’avança et reçut le Livre, que lui donna de la main droite celui qui siégeait sur le Trône. Quand l’Agneau eut reçu le Livre, les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se prosternèrent devant lui… » Alors, dans ma vision, j’ai entendu la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens : ils étaient des millions, des centaines de millions. Ils criaient à pleine voix : « Lui, l’Agneau immolé, il est digne de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et bénédiction. » Et j’entendis l’acclamation de toutes les créatures au ciel, sur terre, sous terre et sur mer; tous les êtres qui s’y trouvent proclamaient : « A celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, bénédiction, honneur, gloire et domination pour les siècles des siècles. » Et les quatre Vivants disaient : « Amen! » et les Anciens se prosternèrent pour adorer. » (Ap 5, 6-8. 11-14)

Comment ne pas fondre devant tant d’amour? Le Tout-Puissant qui s’offre en nourriture comme un Agneau immolé. Il ne se présente pas avec une cuirasse d’acier, des avions, des chars, des bombes immenses, des limousines… il se présente en Agneau immolé. Comment la multitude pourrait-elle se retenir de crier : « A celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, bénédiction, honneur, gloire et domination pour les siècles des siècles. »

Le regard de ceux qui levaient le nez sur les propos de Jésus pour des raisons d’unité du peuple, de nation, de temple ne voyait pas la dimension de communion dans les propos de Jésus, la dimension sacrificielle, la fraction du pain, le repas communautaire, la présence réelle, le sacrifice. Ils ne voyaient que ce qu’ils voulaient voir pour maintenir une tradition faite de leurs mains. Encore aujourd’hui, il faut être prudent pour ne pas réduire le repas eucharistique à ce qui nous convient.

« Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux! » Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, arrête tes disciples! » Mais il leur répondit : « Je vous le dis : s’ils se taisent, les pierres crieront. » (Lc 19, 38-40)

Les pierres vivantes de l’Église d’aujourd’hui doivent crier cet amour qui vient du ciel pour nous nourrir du pain de vie éternelle.

« Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Le Christ se donne à manger pour que nous ne soyons pas dévorés par la mort. Le Christ donne sa chair à manger pour que notre chair ne soit pas mangée par la terre.

« Je vous le dis en vérité : La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous obéirait. (Lc 17, 6) Si nous avions la foi pour voir la réalité de l’amour eucharistique et la réalité de l’Église qui se forme par lui, “notre bouche serait pleine de rires et nos lèvres de chansons” comme dit le psaume, une joie d’action de grâce pour tant d’amour et rien ne pourrait nous séparer de cet amour de vie.

“Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.”
L’Agneau Immolé, il est dans ce pain eucharistique, il est ce pain et dans ce pain, il n’y a pas de miettes, car il est autant dans la plus petite partie que dans la plus grande tellement il est amour. Il est tellement amour qu’en chaque miette, il se donne totalement.

 

“Joie au ciel! Exulte la terre! Les masses de la mer mugissent, la campagne tout entière est en fête. Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur.” (Ps 95)

NDC