18 mai, Jn 15, 9-11 : La joie et la coupe!

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Évangile :
Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.

Commentaires :
Demeurez dans mon amour, dit Jésus, faites votre demeure dans mon amour, une demeure construite sur le roc, une demeure qu’aucune difficulté, épreuve, douleur, ne fera renoncer à demeurer dans l’amour. Jésus n’est-il pas demeurer dans l’amour du Père, malgré toutes les menaces de mort à son endroit. Dès sa naissance, Hérode le poursuit pour le tuer, les gens de son village veulent le précipiter en bas d’une falaise, les pharisiens et les scribes ne cachent pas leur intention de le faire mourir. N’a-t-il pas été flagellé, couronné d’épines, condamné à mort injustement, ridiculisé, souillé de crachats? Pourtant, il demande de demeurer dans l’amour du Père. Mais où est-il son Père pour le défendre contre ses ennemis, ses adversaires? Pourquoi Jésus ne prend-il pas en main sa propre défense et se rendre justice? « J’ai mangé une nourriture que vous ne connaissez pas, ma nourriture c’est de faire la volonté de mon Père. » ( Jn 4.32) Jésus se nourrit de la volonté du Père, il patiente, car il ne veut se séparer de lui-même. « Qui m’a vu, a vu le Père. Le Père est en moi et je suis dans le Père….» Ils ne font qu’un dans l’Esprit qui les unit. Le Verbe s’est fait chair, il a pris notre nature pour sauver notre nature et accepter les conditions de notre nature. Si Adam a désobéi, lui, il obéit afin de nous rétablir l’alliance avec le Père dans son offrande. La porte est étroite pour entrer dans le chemin de l’amour de Jésus, qui demeure dans l’amour du Père, dans l’unité de l’Esprit.

« Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite.» ( Lc 22, 42) Elle est étroite la porte, car nous ne pouvons la passer qu’en se délestant de tout notre attirail de défense contre les autres. Vous savez, tous ces moyens pour se protéger des autres, pour les éloigner, s’en servir. Elle est étroite la porte de l’amour dans lequel Jésus nous invite à demeurer. Lorsque Jésus annonce pour la première fois qu’il devait souffrir, être tué, ressuscité : « Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » ( Mt 16, 22) Pierre ne tardera pas d’apprendre que rien ne détournera Jésus de faire la volonté du Père. Jésus sait qu’il sera vainqueur, qu’importe les difficultés à traverser : « le troisième jour après ma mort, je ressusciterai.» Pierre n’entend que la douleur et ne voit pas la victoire de l’amour sur le mal et la mort. Il ne voit pas que l’amour du Père ne se laisse contaminer par le moindre mal, le moindre compromis avec la violence, la vengeance. Cette coupe que Jésus voit au jardin des oliviers, elle est remplie de toutes nos renoncements à l’amour, de nos colères, de nos haines. Jésus prend tout sur lui et rendre possible notre passage dans la porte étroite de l’amour.

« Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. » ( Lc 22, 31-32) Pierre encore une fois voudra tout faire par lui-même. Il refusera de s’en remettre à Jésus, malgré toute sa bonne volonté : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que, par trois fois, tu aies affirmé que tu ne me connais pas. » ( Lc 22, 33-34) Demeurez dans mon amour, faites votre demeure dans l’amour, en demeurant fidèles à mes commandements : « L’amour est patient, rempli de bonté et désintéressé. Il n’est jamais jaloux. L’amour n’est ni prétentieux ni orgueilleux. Il n’est jamais grossier ni égoïste. Il n’est pas colérique et n’est pas rancunier. L’amour ne se réjouit pas de tous les torts d’autrui mais trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout et endure tout. Voilà ce qu’est l’amour. » ( 1 Co 13)

Range ton glaive Pierre, range tes prétentions de venir à la mort pour moi sans moi, laisse ton désir de contrôler les événements pour arriver à tes fins. Ce n’est pas facile de remettre tous nos soucis à Jésus, de lui laisser notre fardeau. Nous voudrions tant l’aider, nous voudrions que tout le monde l’écoute et pour cela combien de glaives sont sortis inutilement à travers l’histoire, combien de condamnations, de jugements.

Suite à la résurrection de Jésus, Pierre est plus modeste dans ses prétentions d’aider Jésus dans l’établissement du royaume de Dieu. « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Pierre a traversé le repentir face à ses prétentions d’aider Jésus. Il a entendu le coq chanté trois fois et maintenant chaque matin lui rappelle de s’en remettre entièrement à celui qui s’est offert pour lui. Pierre m’aimes-tu? Comment ne pourrais-je t’aimer, toi qui n’est qu’amour? Oui, Seigneur, je t’aime, tu le sais.

C’est bien ce que nous devons dire à chaque jour, en lui remettant tous nos soucis, tous nos fardeaux. Nous voudrions bien l’aider à ouvrir notre tombe, nous voudrions bien l’aider à remettre le souffle dans notre esprit… Nous devons reconnaître que c’est lui qui porte tout pour nous, que c’est lui qui s’offre pour nous. Il n’y a d’autre façon de le remercier que demeurer dans son amour et pour cela, laisser notre épée au fourreau, déposer tous nos soucis dans son offrande pour nous.

«Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » ( Mt 11, 28-30)

Le fardeau de l’amour semble impossible à nos yeux, pourtant Jésus nous dit que le fardeau de nos inquiétudes, de nos violences, de nos convoitises est beaucoup plus lourd, tellement plus lourd qu’il mène à la mort à jamais.

Demeurez dans mon amour et vous connaîtrez la joie que nulle épreuve ne pourra vous ravir, nul plaisir en ce monde ne peut surpasser.

« Débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit, et d’abord du péché qui nous entrave si bien ; alors nous courrons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée,  les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l’humiliation de la croix, et, assis à la droite de Dieu, il règne avec lui.» ( Hé 12, 1-2)

Jésus a renoncé à la joie pour nous faire entrer dans sa joie, une joie qui comble le cœur pour l’éternité.

  1. D.C